Législatives 2017 : le dialogue s’impose ! (Par Cheikhou BALDE )

04 - Août - 2017

Les élections législatives sénégalaises du 30 juillet laissent un goût amer à notre nation. Ce scrutin remet en question la maturité démocratique du Sénégal, jette un discrédit sur nos institutions et met en mal la confiance longtemps accordée à notre pays.
Moralement, politiquement, scientifiquement ce scrutin reste une défaite collective cinglante. Le pouvoir, notamment, en assume l’entière responsabilité pour avoir soigneusement et insidieusement mit en situation ce fiasco.
Mais il est des moments graves où l’essentiel doit primer sur le reste. Personnellement, j’ai toujours été hostile à une boulimie « politico-médiatique » de dialogue pouvoir – opposition que certains appellent de leur vœux à chaque crise politique. Mais…
Dans une démocratie normale ce genre de demande n’existe pas car les choses sont telles que cela va de soi, la majorité gouverne et l’opposition s’oppose. Les responsables politiques sont adversaires, pas des ennemis. Par ailleurs les acteurs se respectent autant que faire se peut parce qu’au fond il y’a quelque chose qui les dépasse et les unit à la fois par-dessus tout : l’intérêt supérieur de la nation.
Mais là où le bât blesse chez nous et en Afrique de façon général, c’est l’inversion de la logique du pouvoir, qui consiste à se servir et à servir son clan et semer le chaos dès que surgit une résistance face à soi. Le pouvoir ne s’acquiert pas pour défendre les intérêts supérieurs de la nation mais pour s’accaparer des privilèges, des richesses et des forces pour assouvir une toute puissance dont le but est de régner. Plus clairement avoir un droit de vie et de mort sur ses concitoyens.
Le paradoxe, et c’est une singularité sénégalaise unique au monde, c’est que ce dialogue existe bel et bien sociologiquement, physiquement et même philosophiquement parce que ici tout le monde se connaît, chacun autour de soi est parenté à l’autre et mieux encore partage souvent la même confrérie et parfois même le même guide religieux. Alors où se situe le problème ? Simplement à notre rapport au pouvoir et à l’argent…
Comment ? Parce que tous les acteurs politiques ont à peu près la même lecture du pouvoir qui nous ramène à ce que j’évoquais tantôt c’est-à-dire l’accaparement des richesses et des privilèges, l’opulence.
Le peuple ? Les intérêts du pays ? La dignité ? L’exemplarité ? Ils s’en moquent éperdument. Ces gens sont incapables d’entreprendre, de créer, de s’épanouir autrement qu’en dehors du pouvoir. L’indélébile preuve est que dès qu’ils perdent le pouvoir ils transhument vers la nouvelle majorité. Ce sont des gens qui rappellent étrangement les potentats d’autres temps qui aidaient les négriers de l’époque à soustraire des bras valides pour l’occident en échanges de camelotes et autres.
Malgré tout cela, le dialogue s’impose plus que jamais, il est même indispensable. Montesquieu disait que le bien politique comme le bien moral se trouve toujours dans un juste milieu. Le président de la République doit prendre des initiatives fortes et non politiciennes pour engager les acteurs vers un comportement résilient parce que le Sénégal le vaut bien. Face à l’histoire MACKY SALL doit refuser de porter le glaive destructeur de notre patrie. Cependant, si rien n’est fait rapidement, 2019 sera le sacre de l’irréparable.
Vive le Sénégal, vive la République.

Cheikhou BALDE à paris
cherbalde@gmail.com

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