Les avocats du maire de Dakar ont décidé de porter la bataille pour la libération de leur client hors du palais de justice. Et ils ont choisi le palais de la République pour se faire entendre. Ils ont saisi le chef de l’Etat aux fins de retrait de la constitution de parte civile par l’Etat du Sénégal mais aussi pour mettre à ce qu'ils assimilent à des immixtions de membres de l’exécutif dans le dossier.
Dans une correspondance adressée à Macky Sall, en date du 13 avril, les avocats de Khalifa Sall vocifèrent : «La première hérésie dans ce dossier est la constitution de l’Etat comme partie civile alors que la charte fondamentale du pays consacre la libre administration des collectivités locales, notamment en son article 132.» Il s’y ajoute les sorties répétées des autorités gouvernementales pour se prononcer sur le dossier en cherchant, considèrent-ils, à enfoncer leur client. Cela, soulignent les avocats, en «violation flagrante de la présomption d’innocence de Khalifa Sall».
Autant de griefs qui poussent ces derniers à demander au chef de l’État l’annulation de la constitution partie civile de l’Etat. Ils écrivent : «Votre gouvernement, à travers l’agent judiciaire de l’Etat, s’est constitué partie civile pour le compte de l’Etat du Sénégal alors que l’article 102 de la constitution consacre la libre administration des collectivités locales. C’est la raison pour laquelle, en votre qualité de président de la République, gardien de la Constitution, nous adressons à votre excellence pour attirer votre attention sur les nombreuses violations commises par l’Etat du Sénégal et sollicitons de votre autorité le retrait, de la constitution de partie civile de l’Etat.»
En outre, la défense demande à Macky Sall de retenir la «meute d’aboyeurs» qui, à ses yeux, violent un droit fondamental de leur client : la présomption d’innocence.
Sud Quotidien

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