LES INFLUENCEURS “BADIENE” DES RESEAUX SOCIAUX
Des hommes qui se proclament “influenceurs” rééditent sans cesse leur virilité et justifient leur statut par des lives et des narrations qui brouillent les frontières entre vie privée et spectacle public. Certains prétendent maîtriser des informations personnelles pour asseoir leur autorité, tandis que d’autres, prétendument témoins des mœurs, confrontent des publics variés à des contenus sensibles qui touchent à la vie privée des Sénégalais, connus ou inconnus.
À bien y regarder, beaucoup d’influenceurs masculins, des ratés de l'immigration, élargissent leur champ d’action en commentant des faits privés sous toutes les facettes les plus choquantes, comme s’ils nourrissaient leurs réseaux de contenu sensationnaliste, au détriment du respect de la dignité et de la vie privée. Ils s’arrogent parfois le rôle de juge, de censeur ou de moraliste, diabolisant et exposant des individus à la vindicte publique pour quelques likes et vues.
Dans un monde numérique où l’éclat prime sur la retenue, les victimes de ces campagnes de dénigrement subissent des traumatismes : stress, perte d’emploi, isolement, et dans certains cas envisagent de quitter leur pays pour échapper au harcèlement.
Cette “badiénerie” masculine, présentée comme une vocation, dénature une part de notre sociabilité : elle transforme la critique en vexation publique et mine la confiance sociale. Face à cela, que faire ? Promouvoir des standards d’éthique, protéger la vie privée, et encourager un dialogue responsable sur la frontière entre vie privée et vie publique.
KMNGN