Libye: où est le «trésor» de Kadhafi?

21 - Octobre - 2016

Cinq ans après la mort de Mouammar Kadhafi, les zones d’ombres qui entourent sa chute restent nombreuses. Une question en particulier suscite tous les fantasmes : où est l’argent du Guide ? Le « trésor » se compterait en centaines de milliards de dollars.

Comme les trésors légendaires, la fortune de Mouammar Kadhafi est entourée d’une part de mystère. D’abord, personne n’en connaît le montant exact : entre 100 et 400 milliards de dollars selon les experts consultés. Des chiffres qui donnent le tournis, car dans la Jamahiriya Libyenne, les comptes de l’Etat étaient contrôlés par le Guide et son proche entourage.

En 42 ans de règne, le clan Kadhafi a accumulé une fortune considérable à partir des revenus de la manne pétrolière. La comptabilité était totalement opaque, avec une grande partie des fonds en liquide selon l’avocat et spécialiste de la Libye, Majid Bouden. L’ex-ministre du Pétrole Choukri Ghanem aurait pu donner les clefs de ce système. S’il n’avait pas été retrouvé noyé dans le Danube en 2012.

« Pour retrouver l’argent libyen, il faut suivre la piste des fonds d’investissement » conseille Majid Bouden. Sous le régime Kadhafi, l’argent du pétrole est réinvesti via des fonds souverains dont le plus important est la Libyan Investment Authority. A sa tête, on trouve un homme : Bachir Saleh. A la chute du régime, il gagne la Tunisie, puis la France. Recherché par Interpol, il trouve finalement refuge en Afrique du Sud où il résiderait encore aujourd’hui.

L'Afrique du Sud, «machine à laver» de l'argent sale libyen?

C’est également vers l’Afrique du Sud que pointent les recherches de Erik Goaied, un homme d’affaires tuniso-suédois qui s’est lancé dans la traque de ces fonds il y a plusieurs années. L’ANC au pouvoir depuis plus de 20 ans n’a jamais caché sa proximité avec la Jamahiriya qui l’a soutenue dans sa lutte contre l’apartheid.

L’Afrique du Sud est soupçonnée d’avoir été la « machine à laver » de l’argent sale libyen. Selon Goaied, des milliards en liquide se trouveraient dans les banques sud-africaines, ce que démentent les autorités. Mais il ne s’agit pas que d’argent liquide. En 2012, Abdullah Sanussi, l’ancien chef du renseignement, prétendait qu’une partie des réserves d’or du régime était enterrée dans le désert libyen.

Selon un rapport américain révélé par Wikileaks, les intérêts libyens en 2006 s’étendaient à des secteurs aussi divers que le gaz, le pétrole, les télécommunications, les infrastructures, les hôtels, les médias et la grande distribution. Sans compter des propriétés immobilières aux quatre coins du monde.

Un trésor disséminé sur toute la surface du globe

Une autre partie de ces fonds se trouve gelée dans les banques européennes, américaines et surtout suisses. Des institutions réticentes à débloquer l’argent de peur qu’il ne tombe entre de mauvaises mains vu l’instabilité chronique en Libye depuis 2011. La Suisse, par exemple, a gelé près de 15 millions d’euros. Une « goutte d’eau », selon Majid Bouden.

Car à la différence des trésors légendaires, celui de Kadhafi n’est pas caché à un seul endroit. C’est un trésor moderne, disséminé sur toute la surface du globe dans des centaines de comptes abrités par des paradis fiscaux.

Récemment, l’affaire des « Panama Papers » a levé un coin du voile, révélant un savant montage financier : plus d’une centaine de sociétés toutes reliées à Ali Dabaiba (un proche de Kadhafi) et protégées par des sociétés-écrans gérées par le cabinet panaméen Mossack Fonseca.

En définitive et malgré les différentes promesses de restitution, ceux qui auraient le plus besoin de ces fonds, à savoir les Libyens eux-mêmes, semblent bien loin d’en voir la couleur.

RFI

Commentaires
0 commentaire
Laisser un commentaire
Recopiez les lettres afficher ci-dessous : Image de Contrôle

Autres actualités

11 - Décembre - 2024

France: Le PS prévient que «l’accord de non-censure» ne vaut que pour un Premier ministre de gauche (et pas pour Bayrou)

Mardi 10 décembre à l’Elysée, les partis de gauche ont de nouveau proposé leur «accord de non-censure» afin de débloquer la situation politique...

11 - Décembre - 2024

Assemblée : Le remplaçant Abass Fall risque la radiation

Abass Fall, nommé ministre, son poste de député revenait à son suppléant Thierno Aly Sy, responsable de Pastef à Mermoz. Mais, informe Libération,...

11 - Décembre - 2024

BILAL DIATTA DENONCE LA «VICTIMISATION» DU MAIRE DE DAKAR

La sortie de Barthélémy Dias accusant le régime d’acharnement a suscité des réactions chez les membres de Pastef. Après Me Ngagne Demba...

11 - Décembre - 2024

GOUVERNEMENT :LE COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU MERCREDI 11 DECEMBRE 2024

Le Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE a présidé, ce mercredi 11 décembre 2024, la réunion hebdomadaire du Conseil des...

11 - Décembre - 2024

CONSEIL DES MINISTRES: VASTE MOUVEMENT DANS LA DIPLOMATIE

Au titre du Ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères • Monsieur Mame Baba CISSE, Conseiller principal des Affaires...