Licenciement « abusif » : Mohamed Gassama réclame près d’un milliard de FCFA à l’ambassade du Sénégal en France

09 - Novembre - 2016

Mohamed Gassama, l'ancien chef du bureau de presse de l'ambassade du Sénégal en France, va-t-il faire son entrée dans l’antichambre des milliardaires sénégalais ? Viré pour « motif économique» en mars dernier, le journaliste, qui estime que son licenciement est « abusif », a porté l’affaire devant le conseil des prud'hommes. Lors de l’audience de conciliation, mardi 8 novembre, son avocat, Me Abdoulaye Tine, a réclamé près d’un milliard de FCFA à l’ambassade du Sénégal en France, renseigne Afrique Connection (AC).
Au cours de cette audience, qui n’a duré qu’un quart d’heure, l’avocate de l'ambassade, Me Marie_Sophie Vincent, a accepté la procédure de conciliation « pour éviter de s'enliser dans une longue procédure. Mais peut être aussi parce qu'elle estime que l'État du Sénégal ne pourrait pas remporter la bataille, vu la solidité des arguments du plaignant », croit savoir mon confrère.
Cela dit, l'avocate a demandé à Me Tine et à son client de diminuer le montant des indemnités qu'ils réclament, d’après AC. Mais Mohamed Gassama et Me Tine « ont campé sur leur position: ils n'ont pas revu à la baisse leurs prétentions. Ce qui, conformément à la procédure, conduira les deux parties à solder leur contentieux devant le juge, renseigne AC. Le rendez-vous est fixé au 14 avril 2017, à 13h, pour le jugement. Mais si entre temps l'État du Sénégal accepte l'exigence de son ancien salarié, qui fut embauché en 2009 sur la base d'un contrat local à durée indéterminée, l'affaire serait alors close », explique mon confrère.
Interpellé par AC à la fin de l’audience, Me Abdoulaye Tine dira : « On a licencié mon client pour un motif fallacieux, qui n’existe pas : un motif économique. Or la loi ne prévoit pas l’éligibilité des personnes publiques pour ce type de procédure parce que le licenciement pour motif économique est strictement encadré par la loi en France. C’est une mesure qui fait l’objet d’un contrôle. Il faut que les entreprises avancent les critères d’ordre sur lesquelles elles envisagent de s’appuyer pour se séparer de leurs salariés. Il faudra montrer que c’est tel salarié et pas l’autre salarié. Après il faudra prouver par écrit qu’on a essayé de les faire faire des formations, de les reclasser même à des emplois à un niveau inférieur. Et ce n’est que lorsque toutes ces panoplies de mesures auront été épuisées que le licenciement peut intervenir. Or, dans ce cas, aucune de ces panoplies n’a été épuisée. C’est un licenciement à tout égard abusif, parce que la loi exige que le motif invoqué soit un motif réel et sérieux. Et quand on dit que le motif doit être réel, il ne doit pas l’être dans la tête de l’employeur, il faut qu’il soit matériellement vérifiable. Ce qui n’est pas le cas en l’espèce. »
Quant à l’avocate de l’ambassade du Sénégal en France, elle s’est refusée à tout commentaire, fait remarquer mon confrère.


Lamine SOW

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