Malaise au sein de la mouvance présidentielle : Mohamed MBOW, membre de la coalition « Diomaye-Président », révoqué au ministère de la Fonction publique pour des publications...

07 - Janvier - 2026

La tension reste vive au sein de la mouvance présidentielle. Malgré les démentis répétés du Président de la République et de son Premier ministre, la guerre froide semble se poursuivre. En cause, la décision du ministre Amadou Moustapha Dieck SARRÉ de démettre Mohamed MBOW de ses fonctions de Chef du Bureau de suivi du Secrétariat général et de Conseiller technique de département.

Dans une contribution rendue publique ce mardi, l’intéressé affirme avoir été sanctionné pour ses convictions politiques, sans qu’aucune faute professionnelle ne lui soit reprochée.

« J’informe l’opinion publique nationale que, par décision du Ministre Amadou Moustapha Dieck SARRÉ, j’ai été démis de mes fonctions de Chef du Bureau de suivi du Secrétariat général et de Conseiller technique de département », déclare Mohamed MBOW, psychologue conseiller, par ailleurs président de l’ADR et membre de la Conférence des leaders de la coalition Diomaye Président.

Selon lui, cette mesure administrative serait la conséquence directe de « deux publications exprimant mes opinions personnelles et mon engagement politique assumé au sein de la coalition Diomaye Président », un engagement qu’il qualifie de « connu, public et exercé en dehors de toute faute professionnelle ».

L’ancien responsable administratif insiste sur le caractère fondamental des droits en cause. « Je tiens à rappeler avec force que le droit syndical et le droit politique sont des principes fondamentaux, constitutionnellement garantis », affirme-t-il, estimant que « la différence de points de vue ou d’appartenance politique ne saurait, en aucun cas, constituer un motif de sanction administrative à l’encontre d’un fonctionnaire ».

Pour Mohamed MBOW, la décision ministérielle franchit une ligne rouge. « La mesure dont j’ai fait l’objet ne peut être qualifiée que comme un abus de pouvoir, en ce qu’elle vise à sanctionner des convictions politiques et à restreindre des libertés garanties par la loi », soutient-il, tout en précisant que la situation actuelle « n’a rien de comparable aux persécutions politiques connues par le passé sous d’autres régimes ».

Selon nos informations, cette décision serait motivée par deux publications sur les réseaux sociaux. La première saluait positivement Aminata Touré, dite Mimi Touré, à la suite d’un discours prononcé en anglais lors d’une rencontre internationale. La seconde apportait un élément de contradiction aux propos du Premier ministre Ousmane Sonko, qui avait déclaré qu’« un fonctionnaire qui distribue de l’argent est un voleur ». Or, ce dernier a lui-même remis, tout récemment, plusieurs millions de francs CFA à une localité à l’occasion de sa fête.

Au nom de la rupture prônée par les nouvelles autorités, Mohamed MBOW appelle à une vigilance accrue. « Justement, au nom de la rupture, de tels actes ne doivent plus se reproduire dans notre administration publique », avertit-il, rappelant que « le Sénégal nouveau que nous appelons de nos vœux ne peut se construire sur la peur, la stigmatisation ou la répression des opinions ».

Dans son plaidoyer, il insiste sur les fondements démocratiques de l’action publique. « Il doit reposer sur la tolérance démocratique, le respect des droits fondamentaux et la neutralité de l’administration », martèle-t-il, avant d’en appeler « à plus de retenue et de responsabilité de la part des acteurs politiques et institutionnels ».

Il termine en réaffirmant sa double posture de serviteur de l’État et de citoyen engagé. « Pour ma part, je demeure un agent de l’État, fidèle à mes obligations professionnelles, et un citoyen libre, fidèle à ses convictions. Je continuerai à assumer les deux, dans la dignité, la légalité et la constance », affirme-t-il.

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