Matériel agricole subventionné : la Cour des comptes révèle des milliards non justifiés et des irrégularités à la LBA

15 - Mai - 2026

La gestion du matériel agricole subventionné est au cœur d’un rapport sévère de la Cour des comptes. Les magistrats financiers dénoncent des « avantages injustifiés » accordés à La Banque Agricole (LBA), l’absence de suivi des remboursements et des irrégularités financières portant sur plusieurs milliards de francs CFA.

Selon le rapport, le mécanisme de financement entre l’État et la LBA permet à la banque de percevoir intérêts, frais de dossier et pénalités de retard sans prendre de risque réel. Les prêts et apports personnels des bénéficiaires sont logés dans des comptes séquestres ouverts à la LBA elle-même. En cas d’impayés, ces fonds servent directement à couvrir les créances, tandis que la banque continue de facturer intérêts et frais aux producteurs. Plus grave, des pénalités de retard sont appliquées alors qu’elles ne figurent pas dans la convention signée avec l’État.

Le document pointe aussi une opacité totale dans le suivi des remboursements. Malgré les conventions de 2018 et 2024, la LBA n’aurait jamais transmis au ministère la situation des dossiers financés. La Direction de l’Administration générale et de l’Équipement (DAGE), chargée du suivi du programme, ne disposerait ni de registre des prêts ni de système de suivi des recouvrements.

La Cour révèle qu’au 1er septembre 2025, plus de 1,656 milliard FCFA issus des remboursements des producteurs dormaient dans un compte-relais ouvert à la LBA. Entre octobre 2021 et cette date, une seule opération de retrait de 750 200 FCFA a été enregistrée. Le ministère accuse la banque d’imposer des restrictions sur l’utilisation de ces fonds, ce que la LBA dément. Pour la Cour, ces ressources échappent au circuit du Trésor public et n’ont jamais été intégrées correctement dans les lois de finances.

Le rapport relève enfin des dépenses de plus de 2,169 milliards FCFA effectuées entre 2022 et 2025 sans justification, malgré les demandes des magistrats. La Cellule de passation des marchés du ministère affirme n’avoir jamais été saisie pour plusieurs commandes exécutées. Seuls quelques achats de matériel informatique, de consommables et de supports imprimés ont pu être documentés.

Face à ces manquements, la Cour des comptes recommande une révision immédiate de la convention avec La Banque Agricole, le transfert des ressources vers le Trésor public et un renforcement du contrôle et de la transparence dans la gestion des programmes de matériel agricole subventionné.

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