Modifications du Code électoral : Ahmet Tidiane Youm alerte sur les risques d’inconstitutionnalité

28 - Avril - 2026

Le député non inscrit Cheikh Ahmet Tidiane Youm du Parti de l’unité et du rassemblement (PUR) a exprimé de vives réserves sur la proposition de loi de modification du Code électoral débattue ce mardi en plénière de l’Assemblée nationale, évoquant des risques d’inconstitutionnalité.

“Le rôle du législateur est de voter des lois conformes à l’intérêt général, à la volonté populaire et aux principes constitutionnels, afin d’éviter toute censure par le Conseil constitutionnel”, a-t-il déclaré lors de son intervention.

S’il a reconnu que certains objectifs du texte peuvent contribuer au renforcement de la démocratie, notamment en matière d’encadrement du processus électoral, il a toutefois estimé que la proposition soulève “des préoccupations juridiques majeures”.

Le député a particulièrement insisté sur les implications de la réforme en matière pénale, soulignant qu’une condamnation définitive implique non seulement une peine principale, mais aussi des conséquences juridiques telles que la déchéance de droits civiques et d’éligibilité.

Cette proposition de loi modifiant la loi n° 2021-35 du 23 juillet 2021 portant Code électoral modifiée est portée par les députés Mohamed Ayib Selim Daffé, président du groupe PASTEF-Les Patriotes, Saye Cissé, Fatou Ba, Saliou Ndione et Ismaïla Abdoul Wone, tous de la majorité.

Elle cible la révision des articles L.29 et L.30, visant à limiter la déchéance du droit de vote et d’éligibilité liée à des condamnations pénales antérieures.

Selon lui, la modification envisagée tend à neutraliser rétroactivement les effets de décisions de justice déjà rendues, ce qui constitue “une atteinte grave à l’autorité de la chose jugée”.

Il a également mis en garde contre une violation du principe de séparation des pouvoirs, estimant que le législateur ne peut se substituer au juge en remettant en cause les effets d’une décision judiciaire définitive.

“Une telle démarche est constitutionnellement prohibée”, a-t-il affirmé, rappelant la jurisprudence du Conseil constitutionnel sur la nécessité de préserver l’équilibre entre les pouvoirs.

Le parlementaire a par ailleurs évoqué les limites du principe de rétroactivité en droit, notamment en matière pénale, ainsi que la spécificité des dispositions du Code électoral, qui relèvent du droit électoral et doivent être modifiées dans le respect des règles en vigueur.

Au regard de ces éléments, il a appelé à une révision du texte afin de garantir sa conformité à la Constitution et aux principes de l’État de droit.

Commentaires
0 commentaire
Laisser un commentaire
Recopiez les lettres afficher ci-dessous : Image de Contrôle

Autres actualités

25 - Août - 2026

Guinée : Michel Lamah, figure du coup d’État de 2021, radié de l’armée par décret

Le pouvoir guinéen a annoncé, ce lundi 24 août 2026, la radiation de Michel Lamah des effectifs de l’armée. La décision a été...

25 - Août - 2026

AES : le Parlement confédéral installé à Niamey

La première session inaugurale du Parlement de la Confédération des États du Sahel (AES) s’est ouverte lundi 24 août 2026 à Niamey, au Niger. Les...

25 - Août - 2026

Proposition de loi de Guy Marius Sagna sur les fonds spéciaux : Le conseil constitutionnel tranche ce mardi

Au Sénégal, le Premier ministre Mohamed Al Aminou Lô a saisi, mardi 18 août, le Conseil constitutionnel d’un recours pour déclarer irrecevable la proposition...

24 - Août - 2026

ZIARA PRÉ-GAMOU À TIVAOUANE : Ousmane Sonko recadre le débat sur la transparence

Après avoir effectué des étapes à Keur Mame Elhadji et Ndiassane, le président de l'Assemblée nationale et leader de PASTEF, Ousmane Sonko, a...

24 - Août - 2026

Transhumance politique : Diop Sy le maire de Tivaouane rejoint Kiray avec armes et bagages

Nouveau mouvement dans le paysage politique territorial. Le maire de Tivaouane, Demba Diop dit « Diop Sy », a officialisé ce lundi à Rfm Matin sa décision de...