Nafi Amar : "J'éprouve un sentiment de désolation"
A quelques jours (probablement vendredi 9 juin) de la publication très attendue des listes pour les élections législatives du 30 juillet, nous avons tâté le pouls de quelques candidats à l’investiture de Benno Bokk Yakaar dans le département Europe du Nord, du Centre et de l’Ouest.
J'éprouve un sentiment mitigé, de désolation à l'égard de l'instance dirigeante du parti en France dont les manigances des responsables, à force d'être démasquées, ont fini de lasser plus d'un, et de desservir le chef de file de la coalition Benoo bokk yakar qui n'a de cesse de prôner la cohésion et la mobilisation.
Je suis par ailleurs de nature animée par le fair-play et la lucidité mais aujourd'hui je suis pessimiste quant la représentativité de la diaspora à l'hémicycle. Mais pas défaitiste, face à l'éventualité de ne pas être investie, n'étant pas dupe au regard des règles du jeu opaques, torpillées par une commission à la solde des intérêts d'un clan et non de ceux du parti et des Sénégalais en général. L'isoloir me portera conseil.
En cas de non investiture, mon attitude devrait être de se mobiliser derrière ceux et celles qui le sont si je m'en réfère au mot d'ordre du chef de coalition pour lui assurer la victoire. Cette future victoire est à mon avis plus que compromise eut égard aux nombreuses frustrations qui habitent les militants et sclérosent les instances du parti. Je suis certes prête à défendre le bilan, continuer à être force de propositions. Mais je me battrai avec les moyens dont je dispose pour faire entendre raison au Président, quant aux risques que lui font courir ses sbires qui le prennent en otage et effritent l'engagement militant, entraînant la radicalisation et la démission. Je milite en faveur d'un Senegal "melting pot" et non neddé ko bandum. Il y a des valeurs qui m'ont fait entrer en politique, fille d'un politique émérite et je continuerai à être présente au service de mon pays aux côtés de mes compatriotes.