Opinion : L’administrateur de la DSE APR France, extrêmement consterné par la recrudescence de la violence au Sénégal, pays qui a toujours été considéré comme un îlot de tolérance et de paix (Son excellence Monsieur Cheickh Sadibou Diallo)
29 - Novembre - 2016
La Délégation des Sénégalais de l’Extérieur APR France dévastée, s’incline devant le factum de Mme Fatouma Mactar Ndiaye, Vice-Présidente du Conseil Economique, Social et Environnemental, une militante combative de premier ordre, impitoyablement extraite à notre profond attachement. Enthousiaste, attentionnée, prévenante, zélée, appliquée, courageuse et très dévouée, elle n’a, inlassablement, ménagé aucun effort pour les succès consécutifs et la notoriété du parti, dans un Sénégal émergent de sécurité et de paix, sous l’égide du Président de l’Alliance Pour la République.
La Structure de l’APR France implore le Tout-Puissant de l’accueillir dans son paradis éternel, pour le repos de son âme et présente ses condoléances très attristées à sa famille éplorée, au Président du parti, à la Présidente du CESE ainsi qu’à l’ensemble de ses collègues. Le Peuple sénégalais, plongé dans l’ébranlement, non seulement à la suite de cet assassinat épouvantable, mais a aussi éprouvé un choc maléfique du meurtre du chauffeur Ibrahima Samb, froidement abattu d’une balle dans la tête et d’autres monstruosités qui nous en disent long. «Ce sont des situations conflictuelles qui ne nécessitent pas de meurtre, mais le meurtre est là», déplore intensément Mme Aïda Sow Diawara, députée-maire socialiste qui fut, elle aussi, victime d’une attaque criminelle à Johannesburg, le 28 juillet 2016. Préoccupée par la recrudescence de la violence au Sénégal, l’honorable députée recommande lors de la visite qu’elle a effectuée chez la famille de la défunte victime que, désormais, «tout sénégalais doit être inquiet et être sur ses gardes. Puisque la violence est partout, nous devons revoir nos mœurs et, immanquablement, effectuer des séances d’animations dans les quartiers au niveau des jeunes».
L’émotion vive a gagné l’opinion publique, par le fait établi de la position sociale de la victime et de l’horreur de l’acte exécuté par une personne qui lui était assez familier et qui lui serait, à plus d’un titre, redevable. L’assassinat revêt ainsi, quelque part, des apparences de parricide. Il s’y ajoute que, comme gage à une règle non écrite des enchaînements de meurtres, plusieurs autres assassinats ont été consignés durant le même intervalle. L’évènement malheureux a pu semer la panique, émouvoir de nombreux concitoyens qui, il faut l’avouer, ne sont pas toujours familiarisés à une telle incursion de violence. Profondément affecté par l’assassinat d’une grande figure dans son parti, une fervente militante qui lui était extrêmement fidèle et loyale, le Président Macky Sall a, dans ses mesures fortes contre l’insécurité, préconisé le durcissement des peines applicables aux infractions criminelles comme le meurtre ou l’assassinat et, par la même circonstance, affirmé que la situation grave appelle à une introspection collective, aussi bien des Sénégalais que de l’Etat, afin de mettre fin à ces pratiques d’un autre âge, indignes de nos valeurs essentielles qui gouvernent notre belle nation.
Poursuivant ma réflexion et abondant entièrement dans le sens de l’analyse édifiante de mon distingué compatriote journaliste Mamadou Ibra Kane, à travers son éditorial politique du 25 novembre, il m’est, à ce titre, bien agréable, pour la beauté du texte, de transcrire sa singulière contribution, afin d’en faire mieux profiter au plus grand nombre.
«Samba Sow, l’assassin de Mme Fatoumata Makhtar ndiaye, assassin, selon ses aveux, nous a tous tués et par son crime, il s’est aussi donné la mort, une mort sociale… Que faut-il faire de lui ? Que faut-il surtout faire de nous-mêmes, après cet acte inqualifiable ? Il y a désormais au Sénégal, un avant Samba Sow, un pendant Samba Sow et un après Samba Sow : le bourreau présumé, n’a pas seulement tué sa victime, il l’a égorgée. Que faire donc ? Jamais notre société n’a été si profondément divisée sur un drame aussi horrible. Chacun y va de sa solution : peine de mort ou pas peine de mort ! La faiblesse peut-être coupable, comme la cruauté peut-être inutile. Léopold Sédar Senghor, premier Président de la République du Sénégal, n’était pas qu’un poète, il était un enseignant, donc un éducateur. En bon pédagogue, il savait que la politique de la carotte ne pouvait prospérer que si elle coexistait avec celle du bâton. Par deux fois, sous Senghor, la peine de mort a été appliquée. Les droits de l’hormis de l’époque, pas aussi nombreux et bruyants qu’aujourd’hui, avaient dû crier au scandale : «On ne répare pas la mort par la mort». La peine de mort est alors abolie en 2004 par l’avocat Abdoulaye Wade, le Sénégal se trouve ainsi héritier d’un passé de pratique de la peine capitale et d’un présent d’abolition. Pour autant, cela ne veut pas dire que l’un soit un sanguinaire ou que l’autre soit plus humaniste. Tout est question de contexte.
Abdou Diouf a hérité de Senghor la peine de mort, sans jamais l’appliquer, sans jamais l’abolir non plus. Macky Sall hérite de Wade son abolition et n’est pas prêt à la rétablir. Normal ! Chaque Président, chaque peuple est de son temps. Erreur que de croire que la peine de mort fut d’application récente, sous le contrôle des historiens ; nos ancêtres l’ont pratiquée. Elle a existé dans tous nos royaumes et empires dont nos Républiques sont héritières. Punitions mortelles et autres bannissements y avaient cours. Le bannissement consistait à condamner l’auteur d’un crime à un exil définitif qui signifiait pour lui, ni plus ni moins, une mort sociale. Une autre équivoque mérite d’être levée. Elle est entretenue sciemment ou imprudemment aussi bien par certains abolitionnistes que par certains partisans du retour à la peine capitale. La peine de mort n’est pas une exclusivité de la charia, elle est encore pratiquée dans des pays qui ne peuvent pas être soupçonnés d’islamisme, et du temps de son application, le Sénégal de Senghor n’était pas une République islamique. Notre République est toujours laïque.
A la question significative que lui a posée son collègue journaliste : «Mamadou Ibra Kane, le temps est-il à l’introspection ou plutôt à l’action ? », notre sémillant éditorialiste lui a répondu ipso facto, en ces termes : «Babacar, on peut toujours faire un «ndeump» ou une introspection, si cela nous tente. Mais ce dont notre société a besoin est simple comme bonjour : l’application, dans toute leur rigueur, de nos propres lois. L’Etat, notre recours, notre secours à tous, ne doit pas faiblir : les abus notés dans les libérations conditionnelles, remises de peine, graciés et autres amnisties, en faveur de certains délinquants et criminels, ont installé le sentiment, d’un côté, d’une justice pour les riches, et de l’autre, d’une justice pour les pauvres. Il est urgent de rectifier le tir, avant que ne s’installe la justice populaire, déjà que beaucoup de citoyens s’arment comme ils peuvent.
Samba Sow n’est pas né assassin, il l’est devenu, à force de pression sociale. Il est même un autre de nous-mêmes, si on veut philosopher sur son crime. Cependant une chose mérite d’être retenue, c’est d’éviter en ce moment de trouble psychique partagé, de transformer le bourreau en victime, en oubliant la souffrance avant sa mort, de la vraie victime et la douleur de ses proches qui, impuissants face au drame, n’ont que leurs yeux pour pleurer.
Pour enfin clore ma réverbération, si l’on se réfère à la contenance de notre très regrettée feue Fatoumata Matar Ndiaye, militante de la première heure qui, par son sens aigu d’engagement, a œuvré avec une intime conviction et livré un combat à perfection, jusqu’à l’accession du Président Macky Sall à la Magistrature suprême, ainsi qu’aux témoignages poignants perpétrés à son endroit, par sa bonté, sa générosité, son sens du partage et du social, on pourra alors se rendre compte de l’affliction et de l’inhumanité d’une telle tragique disparition.
Son Excellence Monsieur Cheickh Sadibou DIALLO
Conseiller Spécial du Président de l’APR
Administrateur de la DSE APR France
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