ORGANISER LES ETATS GENERAUX DE LA CONSTITUTION (BIRAHIM CAMARA)

04 - Novembre - 2022

1 Les œuvres de Maurice Duverger, de Guy Carcassonne, de Dominique Rousseau, de Alexis de Toqueville et de Carl Smidtt d'une part et de Michelet, Braudel, Jaurès, Hugo, Aron d'autres parts continuent à nourrir les travaux des rédacteurs de nos constitutions de 1963, 2001 et 2016.
2 La constitution du 04 octobre 1958 écrite pour la France par les Français, principale référence de nos constitutionnalistes, sans aucun lien avec notre identité, notre histoire et nos valeurs culturelles est devenue mère de l'instabilité pour notre pays.
Elle ne peut donc pas convenir à la forme de notre état, de notre république et de notre démocratie. La constituante, la convention, le tiers-état, la Bastille, 1789, 1793, 1848 ne forment pas notre histoire.
La Vendée n'est pas le Ferlo, les montagnards ne sont pas les descendants de Koly Tenguela ni les guelewars et la Marseillaise n'est pas le Niani bañ na.
Aussi longtemps que nous ne corrigeons pas cette tare, nos institutions importées, imposées, recopiées, calquées et appliquées mécaniquement, notre pays ne sera point à l'abri des secousses politiques et sociales incompatibles avec tout développement sécuritaire, économique et social.
Diantre que faire pour éviter à notre état, à notre république et à notre démocratie des lendemains malheureux ?
La réponse est une et unique : organiser les états généraux de la constitution au cours desquels nos philosophes, nos historiens, nos sociologues et nos juristes oseront dépoussiérer les œuvres de Souleymane Baal du Fouta , de Khadimoul Rassoul du Baol, de Malick Sy du Kadior, de Maba Diakhou Ba de Nioro et du Rip , de Moussa Molo du Fouladou , de Mamadou Lamine Drame de Gabou , les douze pencs des lébous et de Thierno Moussa Kamara de GanguelSoulé .
Nos contes, devinettes, traditions, croyances, us et coutumes sont des sources intarissables de droits humains, politiques, économiques et sociaux pouvant servir de base à nos spécialistes en matière d'organisation et de fonctionnement de notre état où plus de 70% des citoyens ne maîtrisent pas la langue officielle et d’éducation.
Ils y trouveront très certainement de la matière pour produire une autre constitution conforme à notre histoire, à notre identité et à nos valeurs que la France, nostalgique des onze "accords" coloniaux, continue à nier, à réfuter.
Les gardiens de notre mémoire collective détiennent les codes organisationnels des royaumes classées dans le domaine de tribus et considérées comme absentes de l'histoire de l'humanité et de la " civilisation universelle «.
Le Walo, le Sine- Saloum, le Gadiaga , le Diolof et les terres de Aline Sinthoe Diatta etc... pratiquaient déjà la séparation des pouvoirs , l'aménagement du territoire, la déconcentration et la décentralisation , les assemblées deliberatives et consultatives avant la pénétration coloniale au Sénégal .
Les motivations de la France n'ont pas varié soixante-deux ans après notre indépendance : elle nous impose son modèle étatique, institutionnel et démocratique pour contrôler notre destin selon ses intérêts.
Le cacophonique débat sur le second quinquennat ou la troisième candidature ou le troisième mandat n'est que le résultat de la rédaction floue et imprécise d'une part et d'une interprétation tendancieuse de la loi constitutionnelle de 2016 d'autres parts.
Les uns hissent l'esprit et les autres brandissent la lettre des dispositions constitutionnelles.
A ce rythme, les praticiens de la politique devenus de piètres chroniqueurs de l'actualité, continueront à inutilement polluer l'atmosphère publique avec des discours aux relents séditieux.
EQUITE et DÉMOCRATIE, depuis 2020, alerte sur la dangerosité des critères inégalitaires et discriminatoires fixés par la constitution qui désarticulent la fonction présidentielle : l’âge, la nationalité, la langue, la durée et le nombre de mandats sont encadrés pour le seul président de la république.
Tous les autres élus (conseillers municipaux, départementaux, membres du HCCT et députés) échappent à ces contraintes.
Le Sénégal doit, par conséquent, opter pour sa propre constitution pensée, écrite et appliquée par les sénégalais.

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