Ousmane Sonko, Premier ministre : une responsabilité à assumer pleinement (Par Ibrahima Thiam)

13 - Février - 2026

Je constate qu’Ousmane Sonko installe, jour après jour, une pratique du pouvoir qui remet en question le fonctionnement même de l’exécutif. Il incarne un chef de gouvernement qui, face aux difficultés, s’écarte systématiquement de la responsabilité collective. Dès qu’une controverse administrative éclate, qu’une réforme tarde à se concrétiser ou qu’une tension sectorielle surgit, sa réaction semble toujours la même : désigner un ministre, pointer une défaillance individuelle, évoquer une insuffisance technique. Cette habitude de la désignation publique n’est pas neutre. Elle brise un principe fondamental de tout régime gouvernemental digne de ce nom : la solidarité.

Dans notre système institutionnel, le Premier ministre n’est ni un simple observateur ni un commentateur de l’action publique. Je rappelle qu’il a pour mission de définir les priorités, d’arbitrer les divergences, de valider les orientations stratégiques et de coordonner l’action de ses ministres. Autrement dit, il porte la responsabilité politique de l’ensemble. Lorsqu’il obtient des résultats positifs, il est légitime qu’il revendique la cohérence de sa ligne. Mais lorsqu’il y a des dysfonctionnements, il ne peut se placer au-dessus de la mêlée, comme si ces décisions avaient été prises en dehors de son autorité.

En multipliant les désaveux publics, Sonko affaiblit deux piliers essentiels. D’abord, l’autorité de ses ministres : comment peuvent-ils incarner la continuité de l’État s’ils savent qu’ils risquent d’être publiquement exposés au moindre faux pas ? Ensuite, la crédibilité du pilotage gouvernemental. Si les erreurs sont répétées et toujours attribuées à des individus, cela signifie soit que le chef ne maîtrise pas son équipe, soit qu’il refuse d’assumer les conséquences des choix collectifs. Dans les deux cas, c’est la solidité de l’exécutif qui est remise en cause.

Cette posture révèle une vision personnalisée du pouvoir : la réussite serait le fruit d’un leadership central, tandis que les échecs seraient imputables aux exécutants. Pourtant, gouverner ne consiste pas à préserver une image en distribuant les blâmes. Je considère que cela implique d’assumer une vision, de corriger en interne, d’arbitrer avec fermeté et, si nécessaire, de procéder à des remaniements clairs plutôt que d’instaurer un climat permanent de suspicion.

Au-delà des individus, c’est la méthode qui pose problème. Un gouvernement fragilisé de l’intérieur perd en cohérence, en efficacité et en autorité. Les administrations hésitent, les initiatives ralentissent, et la décision se dilue dans la crainte du désaveu. La solidarité gouvernementale n’est pas un réflexe corporatiste ; elle est le fondement de la stabilité institutionnelle.

Le pays n’a pas besoin d’un Premier ministre qui commente l’action de ses ministres comme s’il en était détaché. Il a besoin d’un chef qui assume pleinement son bilan. Car en démocratie, la responsabilité n’est pas divisible : elle est indivisible et remonte toujours au sommet.

Ibrahima Thiam, président du parti ACT

Commentaires
0 commentaire
Laisser un commentaire
Recopiez les lettres afficher ci-dessous : Image de Contrôle

Autres actualités

25 - Juillet - 2026

LA CANDIDATURE DU PRESIDENT MACKY SALL AU POSTE DE SECRETAIRE GENERAL DE L'ONU VISIBILISE LE LEADERSHIP DIPLOMATIQUE CONTINENTAL

Il est essentiel de rejeter toutes formes de complotisme ou de manipulations malsaines, souvent entretenues par une poignée d’acteurs non africains, contre celui qui a...

24 - Juillet - 2026

New York : l'équipe diplomatique de Macky Sall se dévoile

Ce 23 juillet 2026, tous les regards étaient tournés vers New York, où se tenait, dans la salle de l'Assemblée générale des Nations unies, le « UN...

24 - Juillet - 2026

ONU : Macky Sall promet une institution plus agile, plus efficace et plus proche des peuples

Invité à se prêter au jeu du Grand Oral des candidats au poste de Secrétaire général des Nations Unies, l'ancien président de la République...

24 - Juillet - 2026

Mouvements au sein de l’APR : Thérèse Faye et Pape Mahawa Diouf reçoivent un avertissement

Responsables de l’APR, Thérèse Faye et Pape Mahawa Diouf ont créé leurs mouvements politiques. La première a lancé And Dekkal Yaakar et le second,...

24 - Juillet - 2026

ONU: Macky Sall fait basculer les sondages après le débat des candidats

L’ancien président sénégalais Macky Sall a marqué les esprits lors du débat des candidats au poste de Secrétaire général des Nations...