PARIS : 150 EUROS POUR DECROCHER UN RENDEZ-VOUS AU CONSULAT DU SENEGAL, LE RACKET DENONCE !
C’est un doux euphémisme que de le dire : obtenir un rendez-vous au consulat général du Sénégal à Paris pour déposer une demande de passeport relève du parcours du combattant. Le délai d’attente peut atteindre six mois. Dans ce contexte, certains employés du consulat auraient mis en place un système de racket, en réclamant de l’argent aux usagers pressés d’obtenir un passeport pour renouveler leur titre de séjour ou pour se rendre au Sénégal.
« Je trouve anormal de demander 150 euros à une personne pour lui trouver un rendez-vous. C’est du racket et cela ternit l’image du consulat », fulmine l’une de nos sources, qui a requis l’anonymat.
Selon nos interlocuteurs, cette pratique présumée ne date pas de l’arrivée de la nouvelle équipe dirigeante. « C’est une pratique que l’on a remarquée depuis plusieurs années. Mais l’ancien consul, Amadou Diallo, n’a manifestement pas réussi à éradiquer le fléau », affirme l’une de nos sources.
Depuis sa prise de fonction, le consul général, Adama Fall, tenterait, tant bien que mal, de mettre fin aux agissements présumés de certains de ses collaborateurs, selon nos informateurs.
Pour y parvenir, les responsables du consulat envisageraient de renforcer le contrôle des accès en installant un lecteur de codes QR à l’entrée. « Les usagers qui disposent d’un code pourront entrer ; ceux qui n’en ont pas ne seront pas autorisés à accéder aux locaux. Il faut aussi que les gendarmes jouent le jeu », confie une autre source.
Elle précise toutefois que des solutions seraient prévues pour les personnes confrontées à des situations urgentes : « Les usagers qui ont un rendez-vous à la préfecture ou qui doivent voyager en urgence auront toujours la possibilité d’obtenir un rendez-vous sans bourse délier. Il leur suffira de se présenter au consulat, de remplir un formulaire et de fournir des justificatifs. »
La quasi-totalité de nos interlocuteurs estiment que la persistance de la corruption au sein du consulat relève d’une responsabilité partagée. « S’il y a un corrompu, c’est parce qu’il y a aussi un corrupteur », martèlent-ils.
Nos informateurs n’ont toutefois pas précisé si des sanctions disciplinaires avaient été prises à l’encontre d’un employé soupçonné de se livrer à ces pratiques délictueuses.
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