PRÉSIDENTIELLE : GOUDIABY SE JETTE À L'EAU

07 - Juin - 2018

Pourquoi et comment il va changer la donne - Atepa président, il ne fera qu'un seul mandat de transition de 5 ans et limitera les partis politiques à 5 - L’anglais sera la deuxième langue officielle du Sénégal.

Pierre Goudiaby Atépa serait sur le point d’annoncer sa candidature à l’élection présidentielle de 2019 si l’on se réfère à l’effervescence observée aussi bien à son cabinet qu’à son domicile. En effet, depuis plusieurs semaines, le bureau et la résidence de l’architecte et homme d’affaires ne désemplissent pas. Un ballet incessant de personnalités politiques et de la société civile, du monde de la culture et des arts ainsi que du patronat s’y déploie à un rythme effréné.

Chacun déroule son projet, son agenda. Mais le mantra est le même : Pierre Goudiaby serait le seul à même de porter l’étendard du renouveau que les Sénégalais appellent de leurs vœux.

Un parcours social et professionnel qui fait rêver

Après avoir in extremis renoncé à briguer la mairie de Dakar, celle de Ziguinchor et la dernière présidentielle, le magnat sénégalais semble cette fois-ci déterminé à dire oui au clin d’œil du destin.

L’homme des défis, dont le parcours social et professionnel fait rêver, peut-il craindre une confrontation électorale alors qu’il dispose de tant d’atouts sociaux, économiques, éthiques et professionnels ?

Selon toute vraisemblance, Atepa, comme on l’appelle affectueusement, n’a pu résister à l’amicale pression d’un nombre de plus en plus grandissant de ses compatriotes prêts à faire une moisson non pas des 65 000 signatures réclamées par le code électoral, mais de 100 000 de signatures. L’homme ne fait pas dans la dentelle !

Selon des indiscrétions, la machine électorale d’Atépa se prépare à se mettre en branle. Des locaux qui abriteront son QG de campagne sont en train d’être aménagés au quartier du Plateau. Quelques noms circulent pour la direction de campagne, mais l’entourage de l’architecte reste peu disert : « Ne soyez pas pressé, vous saurez tout le jour J. Il fera une déclaration officielle d’ici peu ! », cherche-t-on à nous rassurer au service de communication du groupe Atépa, en plein déménagement pour le siège de campagne.

L’homme d’affaires ne dispose pas d’appareil politique pour relayer ses idées et mobiliser les masses. Ce handicap aurait pu paraître insurmontable, s’il ne jouissait d’une notoriété suffisante pour rallier à sa cause des segments entiers de la société sénégalaise, aussi bien dans les grandes villes que dans les zones les plus reculées.

Le véritable atout de Pierre Goudiaby Atepa, c’est son coefficient personnel bâti autour d’une générosité discrète, d’un esprit d’entraide, d’un ancrage traditionnel, d’une proximité avec les couches les plus précaires et d’une capacité à transcender les contingences sociologiques.

La valeur d’une candidature

Qu’est-ce qui motive donc ce milliardaire, à l’abri du besoin et des contingences quotidiennes, à vouloir défier sur le terrain électoral le président Macky Sall de qui il est pourtant si proche, et les acteurs politiques de l’opposition parmi lesquels il compte de nombreux amis ? Pourquoi cet homme si calme, si affable, en dépit d’un militantisme offensif pour la défense et la réappropriation du littoral, cherche-t-il à jouer les bulldozers, pour bousculer l’ordre établi des candidats du landerneau ? Quelles solutions dont on ne trouverait pas trace ailleurs va-t-il proposer à ses compatriotes désabusés et désenchantés ?

C’est là tout le sens et la valeur de la candidature de Pierre Goudiaby Atepa.

En dépit de l’effet de tamis que pourrait exercer la loi sur le parrainage dans la sélection des partants au premier tour, de nouveaux profils se dégagent des intentions. Ils viennent s’ajouter aux prétendants naturels, issus de la classe politique, portés par les partis politiques classiques, habitués des compétitions électorales.

Le fait que le parrainage ait mis les candidats indépendants et les formations politiques dans les mêmes conditions de compétition semble avoir paradoxalement suscité et dopé des initiatives issues de divers secteurs : société civile, haute administration, foyers religieux, milieux professionnels, armée, magistrature et probablement organisations internationales.
L’irruption sur la scène électorale de ces nouveaux profils relève d’une même appréciation de la situation politique et sociale : l’incapacité de la classe politique dirigeante à trouver des solutions aux nombreux problèmes auxquels sont quotidiennement confrontés les Sénégalais.

Face à un climat sociopolitique délétère, les promesses de redressement et de relance jusqu’ici proposées semblent n’être que des vœux pieux. Les recettes appliquées semblent relever davantage d’une logique distributive destinée soit à entretenir une clientèle politique précaire, soit à aguicher des électeurs en mal d’espérance.

Il manque à cette kyrielle de promesses mirifiques des solutions structurelles fondées sur des principes économiques rationnels et durables. La double notion de profitabilité économique et d’inclusion sociale fait cruellement défaut.

Le discours politicien se circonscrit à une sorte d’orgie de propos sans prise avec la réalité des marchés dans un contexte de mondialisation teinté de protectionnisme, d’isolationnisme et de repli identitaire. Les recettes surannées et éculées des prétendants peu inspirés et peu instruits par les leçons du passé récent angoissent les Sénégalais. Les solutions qui fusent des discours et sorties médiatiques paraissent bien hors-sol au regard de l’ampleur des difficultés économiques et des tensions sociales.

Un ambitieux projet de socié

Et pourtant, il y a six ans, dans son livre de référence « Oser, douze propositions pour un Sénégal émergent »(l’Harmattan, 2012), Pierre Goudiaby Atepa, précurseur de la théorie de l’émergence, traçait les voies pour une croissance inclusive. L’hebdomadaire panafricain Jeune Afrique en publiera de très larges extraits repris en boucle dans les réseaux sociaux et la grande presse.

Cet ambitieux projet de société, fondé sur l’innovation et un partage équitable des richesses nationales, va trouver son prolongement dans un nouvel ouvrage à paraître bientôt, sous le titre évocateur de "Senegal-Rek, Ensemble pour la refondation".

Les propositions décrivent les clés et leviers qui doivent structurer l’émergence, selon Atepa. Qu’est-ce qui justifie ce second ouvrage alors que les échos du premier sont encore perceptibles dans les cercles d’intellectuels, les chercheurs et les étudiants ?

En vérité, Pierre Goudiaby Atepa fourmille incessamment d’idées nouvelles. Les nombreuses limites à la mise en œuvre du Plan Sénégal Emergent (PSE) et l’apparition de nouveaux enjeux multiples, notamment dans l’économie numérique, les défis de la dématérialisation des supports et des outils de la croissance, apportent des basculements d’horizon en cascade.

Le second ouvrage se présente donc comme une réactualisation de sa réflexion stratégique à partir de l’apparition de nouveaux paradigmes. Les propositions sont aussi audacieuses comme faire de l’anglais la deuxième langue officielle du Sénégal, ou ramener le nombre despartis politiques à cinq, contre… plus de 250 aujourd’hui.

Il ne compte pas rester plus de cinq ans au pouvoir, car son mandat, dit-il, sera celui d’une « transition » afin de doter le Sénégal d’institutions véritablement fortes, d’une économie compétitive et génératrice de richesses et donc d’emplois.

Ami de nombreux chefs d’Etat en Afrique et dans le monde, adulé par les khalifes généraux et autres chefferies, apprécié par de nombreux jeunes, Pierre Goudiaby est la tête de gondole du patronat africain qui lui a confié depuis 2012 la présidence du conseil d’administration de la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA).

"Biberonné" par le Président Senghor, adopté par Abdou Diouf, homme de confiance d’Abdoulaye Wade, ami du Président Macky Sall, Pierre Goudiaby Atepa est un ardent patriote Sénégalais. Ancré dans ses valeurs et ouvert sur l’extérieur, il incarne aussi le citoyen sans frontières dans un monde globalisé.

Toutes ces qualités font-elles de lui ce candidat naturel que les Sénégalais espèrent voir franchir les marches du Palais ?

A 71 ans le bâtisseur a bon pied bon œil. Il a de l’intelligence et de l’énergie à revendre. Et telle une puissante lame de fond, rien ne semble plus pouvoir l’arrêter.

Sene plus

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