Prisons sénégalaises : 13 685 détenus pour 9 768 places, une surpopulation alarmante de 140 %

26 - Février - 2026

Le système pénitentiaire sénégalais fait face à une pression persistante. C’est ce que révèle le Rapport 2024 sur la Situation économique et sociale du Sénégal publié par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), qui dresse un état des lieux préoccupant des établissements carcéraux du pays.

Le Sénégal compte actuellement 37 structures pénitentiaires réparties en quatre catégories : Maisons d’arrêt et de correction (MAC), maisons d’arrêt, maisons de correction et camps pénaux. Dakar concentre à elle seule plus de 21 % de ces infrastructures, tandis que certaines régions comme Matam ou Sédhiou ne disposent que d’un unique établissement.

Mais c’est surtout le taux d’occupation qui interpelle. En 2024, les prisons sénégalaises ont accueilli 13 685 détenus pour une capacité réelle de 9 768 places. Soit un taux d’occupation moyen de 140 %, équivalant à 140 détenus pour 100 places disponibles. Cette surpopulation carcérale touche la majorité des régions, avec des pics particulièrement élevés à Kédougou (195 %), Saint-Louis (178 %), Dakar (166 %), Kaffrine (160 %), Diourbel (159 %) et Thiès (157 %).

À l’inverse, seules trois régions présentent un taux inférieur à 100 % : Sédhiou (93 %), Fatick (91 %) et Ziguinchor (56 %). Des disparités territoriales qui n’atténuent toutefois pas le constat global d’un système pénitentiaire sous forte tension.

Le déficit ne concerne pas uniquement les infrastructures. Les effectifs du personnel pénitentiaire apparaissent également en deçà des besoins. En 2024, 2 244 agents sont recensés, dont 1 883 hommes (83,9 %) et 361 femmes (16,1 %). Les surveillants constituent l’essentiel des effectifs (plus de 86,5 %), suivis des agents administratifs (8,5 %) et des contrôleurs (2,7 %). Les femmes restent minoritaires dans toutes les catégories.

Le ratio actuel est d’un surveillant pour 11 détenus, un niveau largement inférieur aux standards recommandés par les Nations unies, qui préconisent un agent pour deux détenus. Ce déséquilibre accentue les difficultés de gestion et souligne l’écart entre les capacités théoriques des établissements et la réalité de la population carcérale.

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