PROCESSUS ELECTORAL : LA MAJORITE LÂCHE DU LEST

09 - Février - 2018

Le principal point de blocage des concertations nationales autour du processus électoral a été finalement levé au dernier round de négociations entre acteurs du dialogue politique. Le parrainage des candidats à la présidentielle cède, par consensus, la place à …la rationalisation des candidatures et des partis politiques.  Une manière certainement pour la majorité présidentielle de lâcher du lest pour mieux rebondir. Etant entendu que les diverses propositions des pôles seront transmises au chef de l’Etat pour… arbitrage.

Principale pomme de discorde dans le dialogue politique en cours sur le processus électoral, entre le pôle de la mouvance présidentielle et ceux des non-alignés et de l’opposition, la proposition de parrainage des candidats à la présidentielle est en passe d’être enjambée par les acteurs du dialogue politique national. Et pour cause, cette proposition de la majorité postulant que le parrainage soit élargi à toutes les formations politiques ou coalitions de partis qui souhaiteraient présenter un candidat à l’élection présidentielle de 2019, et qui a longtemps bloqué les concertations au point d’être reléguée au dernier acte des concertations, ne fait plus l’objet de cristallisation. De manière consensuelle, les différents pôles (à l’exclusion des membres de l’opposition dite significative avec le Pds, Rewmi, etc.) qui se partagent le Cadre de concertation sur le processus électoral ont décidé de faire droit à…la rationalisation des candidatures et des partis politiques. Et de là à postuler que la majorité a reculé dans sa proposition, il n’y a qu’un pas que certains esprits avertis de l’actualité politique auront tôt fait de franchir.

Seulement, interpellé hier, jeudi 8 février 2018, sur cette nouvelle donne, le ministre Benoit Sambou, chargé des élections à l’Apr (parti au pouvoir) et plénipotentiaire de Bennoo Bokk Yaakaar au niveau du dialogue politique national, réfute toute allégation attestant que l’idée du parrainage des candidats à la présidentielle est abandonnée par  la majorité présidentielle. Aussi, dira-t-il, « Ce qui est vrai, c’est que tous les pôles se sont entendus sur la rationalisation des candidatures. C’est ça la réalité. Maintenant, chacun a émis une proposition en l’état. Nous, nous l’appelons parrainage mais de manière consensuelle on l’appelle rationalisation des candidatures ».

Dans la foulée, Benoit Sambou précisera : « Nous, nous parlons de parrainage par des électeurs inscrits sur le fichier électoral. La société civile parle de parrainage par des élus, d’autres ont proposé autre chose ».  Et d’arguer : «Mais globalement, on s’est entendus sur le principe, compte tenu du fait que les dispositions de la loi électorale étaient violées, que des partis louent à des indépendants leur récépissé pour participer à la présidentielle. Il était donc essentiel que les candidatures puissent être rationalisées. Maintenant, chacun a fait une proposition. Nous en sommes au nombre de quatre (Pôle de la majorité, pôle des non-alignés, pôle de l’opposition, société civile-Ndlr) ». Ces diverses propositions, a fait savoir le « Monsieur Elections » de l’Apr seront soumises au président de la République. « Nous sommes en train de finaliser le rapport qui sera remis au ministre de l’Intérieur qui le déposera auprès du Président ». Benoit Sambou finira par dire sa « grande satisfaction » des concertations sur le processus électoral non sans relever qu’ « il n’y a pas eu de point de friction majeure, à part cette question du parrainage ou il y a eu beaucoup d’incompréhensions au départ ».

Pour rappel, le système du parrainage des candidats à la présidentielle, porté par le pôle de la majorité au dialogue politique afin de réduire la pléthore des candidatures, avait fini par plomber  les concertations sur le processus électoral. Le pôle des non-alignés comme celui de l’opposition regroupée autour du Cadre de l’opposition pour la régularité, la clarté et la transparence des élections (Corecte) avaient rejeté la proposition de la majorité, en arguant soit que ce système ramait à contre-courant de la Constitution et de la loi électorale, soit que c’était un stratagème du pouvoir pour écarter certains adversaires politiques de la présidentielle.

Sud quotidien 

 
 
 
 
 
 
 
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