PROFESSEUR NOUHA CISSÉ: ''L’IMPLICATION DES JEUNES EST TRÈS LIMITÉE DANS LA RECHERCHE DE LA PAIX EN CASAMANCE''
L’implication des jeunes est très limitée dans la gestion du conflit casamançais, le professeur Nouha Cissé, médiateur à l’Université Assane Seck de Ziguinchor. Il a fait cette déclaration à l’occasion d’un atelier organisé par le Mouvement citoyen sénégalais portant sur le thème ‘’le dialogue intergénérationnel à l’épreuve de la recherche de la paix en Casamance’’.
De l’avis de l'ancien proviseur du lycée Djignabo, en Casamance, les sociétés sont des espaces où le dialogue est limité à quelques personnes particulièrement aux vieux. Ce qui limite considérablement la participation des jeunes quand il s’agit de parler du conflit qui prévaut dans la région depuis des décennies.
‘’Nos sociétés ont, le plus souvent, été fermées. Ces sociétés n’ont pas souvent donné la parole de manière inclusive. Dans le cadre d’un conflit comme celui qui prévaut ici, l’implication des jeunes est fortement limitée parce que les sphères de dialogue, de partage sur les grandes questions telle que la question de la paix est pratiquement monopolisée. Il y a que quelques petites percées que l’on observe au niveau des jeunes dans le cadre des associations sportives et culturelles (ASC), mais en terme de mobilisation globale qui inclut tout le monde, pour la bataille pour la paix, il y a encore beaucoup à faire. Or, le monde actuel est un monde d’échanges, de partage du savoir-faire et du savoir être. Dans une région en conflit, toutes les parties prenantes doivent pouvoir parler, il faut libérer l’opinion. Je crois qu’un séminaire comme celui-ci peut permettre d’aider, d’accompagner le processus d’inclusivité par une ouverture de nos sociétés à un dialogue, un partage entre les différentes composantes’’, confie t-il, soulignant qu’aujourd’hui le rôle de la société civile et de tout le monde, c’est de faire en sorte que le cloisonnement qui a longtemps existé puisse être progressivement brisé au profit d’une participation de tous dans les affaires des communautés. Selon lui, l’impact que cela va avoir c’est que les populations jouent leur rôle dans la recherche de la paix en s’exprimant leur aspiration à une paix définitive.
‘’Pour que cela se fasse, il faut que l’écho soit amplifié, il faut que le portage de ce plaidoyer soit amplifié. Et quand c’est amplifié, moi je reste persuadé que les protagonistes qui s’affrontent sont obligés de nous suivre parce que personne ne se bat pour soi-même, chacun dit se battre pour les populations. Si la voix des populations est entendue et qu’elle est la voie la plus inclusive possible, je reste persuadé que cela va influer sur l’attitude et le rapport des protagonistes au conflit qui existe'', mention’’ t-il.
Mais ce dialogue intergénérationnel ne doit pas être un dialogue de confrontation entre jeunes et anciens, relève le professeur Nouha Cissé qui souligne que ce dialogue doit être plutôt un échange entre les différentes composantes de la population dans un cadre de libération de la parole, de partage, d’écoute et interactif.
‘’Dans ce cadre précis, il sera possible d’éviter le choc. Car il est loin de nous l’idée d’un choc, de stigmatisation, il est plutôt question d’une ouverture qui obéisse véritablement aux temps modernes et au développement de nos sociétés’’, précise t-il.
Mamadou Alpha Diallo (infos15.com)
J'ai été le professeur d'histoire de Nouha en classe de 5e au lycée Djignabo. .Il a suivi mon exemple en devenant à son tour, professeur et proviseur du lycée. J'ai apprécié la chaleur de nos retrouvailles en 2012 dans ce même lycée. Digne fils de la Casamance, il oeuvre sans relâche pour la servir. J'aimerais lui adresser mes compliments directement s'il veut bien me communiquer son adresse mail. Qu'il sache que malgré le temps, je ne l'oublie pas et suis ses efforts.
C. Roche