PROPOS DE MERCREDI : OBSTACLES IMPREVUS POUR MACKYAVEL

21 - Novembre - 2018

Raidissement. Tel est le réflexe du pouvoir marron devant les obstacles imprévus qui se dressent sur le chemin de la confiscation du pouvoir prévue en février 2019.
Premier obstacle : le Comité des droits de l’homme de l’Onu demande la révision du procès de Karim Wade. Ces experts, peut-être sans le savoir, ont abattu un échafaudage construit pierre par pierre, depuis 2012, pour empêcher toute candidature gagnante de l’opposition en 2019. Après le coup de pied donné par la Cour de justice de la Cedeao sur le dossier Khalifa Sall.
Devant l’effondrement de ce mackyllage judiciaire, le clan des prédateurs bande les muscles. L’Onu ? Un machin. Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques ? Du papier toilette. Les engagements internationaux du Sénégal ? Laissez-moi rire.
Deuxième obstacle : Karim Wade a annoncé sa décision de rentrer, malgré la menace d’arrestation brandie par Mackyavel sur l’écran de Tv5, et la promesse d’une amnistie. Ce retour programmé déconstruit toute la stratégie visant à faire avaliser par l’opposition et l’opinion l’exclusion des candidats jugés dangereux, au nom du “réalisme politique”. Quand le plan A est là, les plans B ou D sont tout simplement escamotés. Un contenu concret est aussi donné au droit à la candidature, qui demeure le point nodal du combat pour une présidentielle honnête et pacifique en février 2019. Mackyavel n’a plus alors d’autre choix que l’affichage de son plan de braquage électoral dans toute sa nudité.
Troisième obstacle : un acteur imprévu est entré en scène, perturbant fortement le scénario primitif d’un face-à-face entre le pouvoir et l’opposition. Les Ong et la société civile ont mis en place des programmes de sensibilisation et de médiation en vue de contribuer à la transparence de la présidentielle. L’attaque brutale contre Enda et OSIWA vise à interdire la mise en œuvre de ces programmes. Car, sans peut-être le vouloir, ils menacent directement la fraude programmée, dont les composantes sont, entre autres, la manipulation de la carte électorale des bureaux de vote et la falsification du processus de centralisation des résultats. Il faudrait en effet faire taire au préalable ces voix indépendantes pour qu’Aly Ngouille Ndiaye puisse, au soir du 24 février, déclarer, comme prévu, une “victoire au premier tour à 53,7%” ?
Un dernier obstacle, en attendant les suivants : l’accès de l’opposition au fichier électoral et sa publication sur internet, après plusieurs mois de pressions exercées par les démocrates. Le refus de cette publication, paradoxalement défendu becs et ongles par Doudou Ndir, président illégal de la Cena, était une composante essentielle du plan de fraude. D’ailleurs, les premiers cafards ont déjà commencé à sortir, avec ces nombreux électeurs inscrits au fichier et déclarés non-inscrits sur leurs cartes d’identité.
Il y a une leçon à tirer de ce dernier obstacle : sous la pression des forces démocratiques, le pouvoir est contraint de faire des concessions significatives. Seule la résistance opiniâtre est payante.

21/11/2018
Mamadou Bamba NDIAYE
Ancien député
Secrétaire général du Mps/Selal

Commentaires
0 commentaire
Laisser un commentaire
Recopiez les lettres afficher ci-dessous : Image de Contrôle

Autres actualités

13 - Mars - 2024

SENEGAL, LES ELECTIONS D’UNE REPUBLIQUE A REBATIR (PAR OSWALD SARR)

Enfin, on entre dans le tunnel pour espérer voir son bout : que les Sénégalais puissent voter le 24 mars 2024. Mais les rumeurs les plus folles courent pourvu qu’elles...

12 - Mars - 2024

Macky Sall lâche Amadou Ba pour Boune Abdallah Dione, selon les Echos

Exit Amadou Ba ? Les Échos du jour fait part de «tractations intenses» au sein de Benno Bokk Yakaar (coalition au pouvoir) pour changer de candidat à quelques jours de la...

12 - Mars - 2024

Makhtar Cissé sur la Présidentielle : "Tout n'est pas encore prét "

Makhtar Cissé, le nouveau ministre de l'Intérieur, a été officiellement installé ce lundi. L’homme qui va organiser la présidentielle, s’est...

12 - Mars - 2024

Présidentielle 2024 : le scrutin de toutes les premières !

Processus électoral en mille bris, calendrier républicain chahuté, risque de suppléance à la tête de l’Etat, temps de campagne écourté,...

12 - Mars - 2024

Campagne électorale : » Le DGPN va mettre à la disposition de chaque candidat deux éléments de la BIP « , selon Sidiki Kaba

Des actes de violence sont de plus en plus fréquents dans la campagne électorale. En vue de calmer les ardeurs, le nouveau Premier ministre, Me Sidiki Kaba a annoncé ce lundi...