PUR: «LE PARRAINAGE RISQUE DE METTRE LE PAYS À FEU ET À SANG»

28 - Mars - 2018

Le système de parrainage que veut imposer le régime révulse les membres du Parti de l’unité et du Rassemblement (Pur). Le député Issa Sall et ses camarades tirent la sonnette d’alarme et avertissent des dangers de ce système. S’il est adopté, aprévenule coordonnateur du Pur, la parrainage risque de mettre le pays à feu et à sang. Selon le député Issa Sall, les sept sages chargés de valider les candidatures ne disposent d’aucun moyen pour le faire d’autant qu’il est impossible de vérifier la signature des électeurs qui ne savent pas signer.

Si les plénipotentiaires du Parti de l’unité et du rassemblement (Pur) ont quitté la table des discussions sur le processus électoral, c’est à cause du parrainage. Aujourd’hui encore, le Pr Issa Sall et ses camarades sont plus que jamais déterminés à combattre cette proposition du camp de la majorité. En conférence de presse hier, le coordonnateur du Pur a affiché son opposition contre le parrainage. Pour justifier sa position, il rappelle : «Quand on va aux élections, en principe pour les partis politiques, il n’y a pas de parrainage.

Pour les candidats indépendants, dix mille signatures avaient été exigées». Même avec cette ancienne formule, explique El Hadj Issa Sall, il était difficile de vérifier les signatures des électeurs. «Ceux qui ont proposé le parrainage ont copié les lois qui se font ailleurs. Si on prend le cas de la France, les signatures sont demandées à des élus et il est plus facile de vérifier la signature d’un élu que de vérifier la signature d’un électeur. Imaginez un électeur qui ne sait pas signer à qui on demande de parrainer un candidat ? Il y a une impossibilité de vérifier les signatures des électeurs. Je ne sais pas quelle hérésie a piqué ceux qui ont proposé ce parrainage», peste le patron du Pur.

Se basant sur son expérience personnelle en 2000 lorsqu’il a été chargé par le Conseil constitutionnel de vérifier le parrainage de certains candidats, il trouve impossible la vérification des signatures des électeurs. A l’époque, il avait proposé de vérifier l’existence des électeurs dans le fichier. Une proposition qui avait été acceptée par les cinq sages pour valider ou pas les candidatures.

Par conséquent, prévient-il, «ce parrainage risque de mettre ce pays à feu et à sang parce que ceux qui seront chargés de valider les candidatures ne disposent d’aucun moyen pour le faire», dit-il en rappelant les mésaventures de Youssou Ndour, de Kéba Keinde et de Abdourahmane Sall qui, après avoir récolté 12.000 signatures, ne s’étaient retrouvés qu’avec 8000 signatures valides. «C’est le même scénario qui risque de se reproduire avec ce parrainage lors de la prochaine présidentielle», indique le leader du Pur qui accuse le régime de vouloir écarter les potentiels candidats de la course pour le fauteuil présidentiel. «Pour empêcher quelqu’un d’aller aux élections, le pouvoir l’emprisonne ou le fait exiler. A défaut de preuve contre d’autres, il essaie d’instaurer le parrainage. Mais, cela ne passera pas», tonne-t-il avant de prévenir ses collègues députés de la majorité. «S’ils votent la loi, la résistance va continuer», avertit-il.

Par ailleurs, le leader du Pur a fait le procès du régime de Macky Sall qui, selon lui, est coupable d’avoir violé tous les préceptes de la démocratie à cause de son obsession pour un second mandat. «La dictature n’est plus rampante au Sénégal, mais elle est debout et même bien en marche. Elle est l’œuvre d’un lion qui prétendait dormir, mais qui, en réalité, mijotait comment faire endormir les Sénégalais au quotidien par des promesses fallacieuses faites avant et après son accession à la magistrature suprême, manifestant outrageusement son manque de respect à toutes les composantes du pays», s’indigne le député Aboubacar Thiaw.

Pour lui, «il est légitime, nécessaire et surtout urgent, pout tout citoyen soucieux de l’avenir de notre pays, de se préparer à la résistance nationale», clame le camarade de Issa Sall qui indique que le combat pour le respect des acquis démocratiques a démarré. Le Pur exige entre autres l’arrêt immédiat de toute tentative de nature à tripatouiller la Constitution et le Code électoral ; la dissolution des institutions budgétivores comme le Haut conseil des collectivités territoriales (Hcct); la traduction en justice de tous les délinquants financiers épinglés par les corps de contrôle de l’Etat ; la délivrance des cartes d’électeur confisqués et le renforcement des commissions ; la prise de mesures pertinentes pour le renforcement de la sécurité des citoyens et la protection des couches vulnérables notamment les enfants.

L'AS

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