RÉGULARISATION DES TRAVAILLEURS SANS PAPIERS : SORTIR DES SLOGANS

22 - Septembre - 2026

La proposition défendue par Olivier Faure, en faveur de la régularisation de travailleurs sans papiers mérite un véritable débat national.

Le chiffre d’environ 400 000 personnes évoqué dans le débat public demeure une estimation, et non un décompte administratif officiel. Il doit donc être présenté avec prudence.

Mais la question de fond reste entière : que faisons-nous des femmes et des hommes qui travaillent réellement en France, parfois depuis plusieurs années, tout en demeurant enfermés dans une profonde précarité administrative et sociale ?

Le débat ne peut pas se résumer à être « pour » ou « contre » la régularisation.

Il faut poser des questions concrètes :

Qui pourrait être régularisé ?

Selon quels critères objectifs et vérifiables ?

Avec quels contrôles ?

Quelles exigences réalistes en matière d’intégration ?

Et quelles sanctions contre les employeurs qui exploitent sciemment cette vulnérabilité ?

À SOS Casamance, nous défendons une position équilibrée : la dignité humaine et l’État de droit ne sont pas contradictoires.

Défendre les droits d’un travailleur étranger ne signifie pas régulariser indistinctement toutes les personnes en situation irrégulière. Cela signifie refuser que l’absence de titre de séjour devienne un instrument permanent d’exploitation.

Une politique responsable doit reposer sur des critères transparents, des procédures compréhensibles, un examen sérieux des situations individuelles, une protection effective des travailleurs et une responsabilisation des employeurs.

Elle suppose également une administration capable de rendre ses décisions dans des délais raisonnables.

La solidarité n’est pas l’absence d’exigence.

L’exigence n’est pas l’absence d’humanité.

Une République forte fait respecter ses règles, mais elle veille aussi à ce que celles-ci soient justes, compréhensibles et appliquées avec humanité.

Amadou SYLLA
Délégué général de SOS Casamance

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