Rentrée solennelle des Cours et Tribunaux : Bassirou Diomaye Faye trace la voie d’une justice numérique et souveraine

23 - Janvier - 2026

Le Chef de l’État a présidé, ce jeudi 22 janvier 2026, la rentrée solennelle des Cours et Tribunaux. Sous le thème « Le juge face aux défis du numérique », le Président Bassirou Diomaye Faye a exposé sa vision d’une justice réconciliée avec son époque. «Un service public plus rapide et transparent, mais résolument ancré dans ses valeurs éthiques ».

Pour le Chef de l’État, le système judiciaire sénégalais doit impérativement « embrasser l’ère du temps » afin de répondre aux attentes légitimes des citoyens. La dématérialisation des procédures, la gestion électronique des dossiers et l’archivage numérique ne sont plus de simples options de confort, mais des nécessités structurelles. « Le numérique constitue un levier majeur pour réduire les délais de traitement et renforcer la transparence », a affirmé le Président, soulignant que cette mutation est le gage d’un service public efficace et accessible à tous.

Le discernement humain, « âme » de la justice

Toutefois, Bassirou Diomaye Faye a tenu à poser des balises strictes. Si l'outil technologique est un allié, il ne saurait en aucun cas remplacer l'âme de la justice. Le Président a fermement rappelé que l'acte de juger demeure, par essence, « une œuvre de conscience et d'impartialité ».

Mettant en garde contre les dérives potentielles de l’intelligence artificielle (IA) et d’une automatisation excessive, il a insisté sur la primauté de l’humain, «la technologie doit rester un instrument au service du magistrat, et non l’inverse. L'enjeu est d'éviter toute influence indue sur les décisions de justice afin de garantir l’égalité absolue des justiciables devant la loi ».

Cybercriminalité et souveraineté

Dans un contexte mondial marqué par la recrudescence des cyberattaques, la sécurité des données a occupé une place centrale dans le discours présidentiel. Pour protéger l'institution, le Chef de l'État a tracé deux lignes rouges fondamentales.

D'abord, l'intégrité de la preuve. A l'heure où le papier cède la place au binaire, le risque de manipulation est réel. Le système doit donc intégrer des mécanismes de certification, tels que la « signature électronique et l'horodatage, pour garantir l'inviolabilité des pièces versées au dossier ». Ensuite, la souveraineté numérique. Le Président a appelé à la création d'une infrastructure de stockage sécurisée, un « cloud judiciaire » national, protégeant les délibérés et les informations sensibles contre toute ingérence extérieure ou fuite malveillante.

La formation continue des magistrats

Le Président a souligné l'impératif de la formation continue, estimant que le magistrat moderne ne peut plus se contenter d'une expertise purement textuelle. Les acteurs de la chaîne pénale doivent désormais « maîtriser les mécanismes de la cybercriminalité, fraude bancaire, usurpation d'identité ou cyberharcèlement », pour mieux les sanctionner.

Concernant l'intelligence artificielle, les juges sont appelés à développer une « vigilance critique ». L'objectif est d'utiliser ces outils comme une aide à la recherche juridique, sans jamais leur déléguer le pouvoir de décision finale. En parallèle, l'État s'engage à fournir des équipements de pointe pour moderniser les juridictions, permettant ainsi aux magistrats d'exercer avec célérité et sans « attentisme ».

Un contrat social pour la transparence

En conclusion, Bassirou Diomaye Faye a rappelé que cette mutation répond avant tout à une « exigence morale, institutionnelle et démocratique ». En renforçant la transparence et l'accès à l'information, la justice entend renouer avec la société et consolider le contrat commun qui la lie aux citoyens.

C’est donc une justice « au nom du peuple et pour le peuple », augmentée par la technologie mais protégée par l’éthique, que le Chef de l’État appelle de ses vœux pour cette nouvelle année judiciaire.

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