RES PUBLICA SUPRA OMNIA
En décidant que notre pays allait soutenir la candidature du Président Macky Sall au poste de SG/ONU, Le Président Bassirou Diomaye pose un acte qui mérite une exégèse lucide afin de comprendre « la complexité du réel ».
Par la Constitution, Président de la République incarne l’unité nationale. Il est le gardien de la Constitution et le garant du fonctionnement régulier des institutions, de l'indépendance et de l'intégrité du territoire.
Il détermine la politique de la Nation, nomme le Premier Ministre, met fin à ses fonctions et préside le Conseil des ministres. Sur proposition de ce dernier, il nomme les ministres, fixe leurs attributions et met fin à leurs fonctions.
L'élégance républicaine au Sénégal désigne le respect des règles démocratiques, la courtoisie institutionnelle et la passation pacifique du pouvoir entre adversaires politiques.
Les rencontres et la transition entre le président Bassirou Diomaye Faye et son prédécesseur Macky Sall illustrent cet attachement aux traditions républicaines du pays après une période de flottement et surtout de tension sciemment entretenue par l’ancien Premier ministre limogé le 22 mai dernier.
Et cette élégance ne saurait être fragmentée par les aléas du débat politique. La République, en effet, ne se divise pas. Elle ne s’hérite pas et ne s’accapare pas. Elle se vit, se défend et se célèbre ensemble. L’Etat ne connaît ni majorité ni opposition. Ni partisan ni exclusif, il est national, et donc inclusif par essence.
Le patriotisme véritable commence là, dans cette capacité à s’élever au-dessus des joutes et des clivages, pour reconnaître ce que nous avons en partage. Le drapeau, l’hymne, la Constitution, le nom SÉNÉGAL, sont les symboles de cette appartenance irréductible qui fait de chacun de nous un maillon de la chaîne nationale.
C’est sous ce rapport que le Chef de l’Etat a rappelé « qu’il est de notre devoir de le soutenir en tant que Sénégalais, de le soutenir parce que nous pensons aujourd’hui que la place qui doit être celle de l’Afrique au sein de l’ONU ne peut être mieux défendue que par un Africain ». Il a également martelé « qu’au -delà de la réforme, l’Organisation a aussi besoin d’un leadership expérimenté pour conduire son action en ces temps de crises et d’incertitudes. Elle a besoin d’un secrétaire général capable de parler à tous, d’écouter et de bâtir des ponts entre les États membres. C’est la vision que porte Monsieur Macky SALL, ancien président de la République du Sénégal. C’est l’occasion pour moi de renouveler mon appui à sa candidature et de réitérer la demande de soutien du Sénégal auprès des États membres ».
L’élégance républicaine a été mise à rude mais a été respectée. Elle a pris le dessus sur les chapelles politiques surtout que la candidature du Président Macky Sall garde encore toutes ses chances de succès. Après la désignation du SG/ONU, la politique reprendra sa place dans l’espace public car des échéances électorales se profilent à l’horizon et le Président Bassirou Diomaye Faye l’a évoqué lors de son passage sur Rfi / France 24. En attendant celles-ci, seul le refrain de notre hymne national est de rigueur :
Fibres de mon cœur vert.
Épaule contre épaule, mes plus que frères,
O Sénégalais, debout ! Unissons la mer et les sources, unissons la steppe et la forêt !
Salut Afrique mère, salut Afrique mère.
Ben Yahya SY
Analyste politique, Expert en Diplomatie économique