Retraites, chômage, 35 heures... Macron détaille son programme

02 - Mars - 2017

Dans un entretien au Parisien-Aujourd'hui en France ce jeudi matin, le candidat d'En Marche ! lève un peu plus le voile sur son programme présidentiel et notamment économique. Le Figaro fait le point.

Retraites, assurance-chômage, réforme du marché du travail, dialogue social, coup de pouce pour le pouvoir d'achat...Le candidat d'En Marche!, Emmanuel Macron, précise un peu plus son programme présidentiel dans un entretien ce jeudi 2 mars au Parisien-Aujourd'hui en France.

• Pour les retraites, «les règles seront les mêmes pour tous»

Emmanuel Macron veut créer «un vrai système universel de retraite» et mettre fin dans ce domaine aux inégalités entre fonctionnaires et salariés du privé. «Les règles seront les mêmes pour tous les régimes. Ce sera la vraie fin des inégalités entre fonctionnaires et salariés du privé», explique l'ex-ministre de l'Économie. S'il est élu en mai, Emmanuel Macron souhaite «engager dès le début, avec les partenaires sociaux, les négociations» sur ce sujet. «Un euro versé pour cotisation ouvrira droit aux mêmes droits, quels que soient votre secteur, votre catégorie ou votre statut. Pour celles et ceux qui sont à au moins cinq ans de la retraite, rien ne changera», assure-t-il. Il promet de ne pas modifier l'âge de départ à la retraite et de ne pas baisser le niveau des pensions «durant le quinquennat». Enfin, le système sera plus juste car l'actualisation sera calculée, à terme, en fonction de l'espérance de vie, qui n'est pas la même pour un ouvrier et un cadre supérieur», précise le candidat d'En Marche!

• Macron veut «assouplir» les 35 heures

Le candidat veut «réformer en profondeur le marché du travail et la formation professionnelle». Il propose «déconcentrer l'organisation de la vie économique et sociale au niveau de la branche et de l'entreprise». Pour cela, il veut assouplir les 35 heures par des «accords négociés majoritaires». «Les 35 heures, ça marche très bien dans certains secteurs mais il y a des secteurs où elles posent un vrai problème de compétitivité ou d'organisation» estime-t-il. Il promet de ne pas toucher au SMIC mais veut alléger «significativement» les cotisations salariales et patronales» sans préciser comment. Concernant les contrats de travail, il veut instaurer un bonus-malus pour les entreprises abusant des CDD courts. «Je veux inciter le recours au CDI» et «responsabiliser les entreprises».

• Réformer l'«assurance-chômage»

C'est «le deuxième moteur de la lutte contre le chômage». Comme pour les retraites, Emmanuel Macron propose de créer «un système universel d'assurance-chômage» ouvert aux entrepreneurs, aux agriculteurs, aux indépendants, aux professions libérales, ainsi qu'aux salariés qui démissionnent, dans la limite d'une fois tous les cinq ans, détaille-t-il. Alors que l'assurance-chômage est aujourd'hui financée par les cotisations salariales et patronales, il propose de financer l'indemnisation chômage «par l'impôt», «pilotée par l'État, en lien avec les partenaires sociaux». Dans le détail, il propose de supprimer la part salariale des cotisations en plus de la cotisation maladie. «Ce sera un gain de pouvoir d'achat» défend-il. À l'inverse, il redresse d'1,7 point la CSG, un impôt sur les revenus. Mais pour ne pas pénaliser les travailleurs les plus modestes, il réhausse la prime d'activité de 50%. «Pour un salarié au smic, cela représente 100euros net de plus par mois» défend-il. Ce dispositif a été lancé début 2016 en remplacement du RSA activité et la Prime pour l'emploi (PPE) et concernait mi-novembre plus de 3,7 millions de foyers.

• La «flexisécurité» pour les demandeurs d'emploi

Emmanuel Macron veut durcir les conditions d'attribution de l'allocation chômage. Pour cela, il propose de suspendre le versement des allocations chômage après le refus de plus de deux offres d'emploi «décent», pour un salaire qui «n'est pas inférieur de plus de 20-25%» à l'ancien poste. «Ce sera la révolution de la flexisécurité.» «S'il n'y a pas d'offres d'emploi décentes dans votre région, il y aura des aides à la mobilité et à l'installation» ajoute-t-il. Parrallèlement, il propose de développer la formation professionnelle pour les chômeurs et les jeunes sans qualification dont il fait «une priorité». Il propose d'y consacrer 15 milliards d'euros. Une enveloppe prise sur son «plan d'investissement» de 50 milliards d'euros.

• Coups de pouce au pouvoir d'achat

Le leader du mouvement En Marche! propose une exonération en trois ans de la taxe d'habitation qui devrait bénéficier à 80% des foyers. Coût global chiffré à 10 milliards d'euros. En plus il propose de revaloriser de 100 euros par mois l'allocation adulte handicapé et le minimum vieillesse.

• Coups de pouce aux entreprises

L'objectif affiché est de lutter contre les délocalisations. Pour y parvenir, Emmanuel Macron propose de pérenniser le Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi sous forme d'allégement de charges pérenne. Créé en 2012, le CICE est un avantage fiscal qui concerne les entreprises employant des salariés et qui équivaut à une baisse de leurs cotisations sociales. «Les employeurs économiseront 2.200 euros par an pour un salarié payé 3.000 euros brut par mois» estime Macron. En outre, il propose une baisse de l'impôt sur les sociétés de 33,3 à 25% pour rejoindre la moyenne européenne.

• Une prime de 1000 euros pour l'achat d'un véhicule moins polluant

Pour l'environnement, Emmanuel Macron propose de consacrer «15 milliards d'euros du plan d'investissement» à la «transition écologique». Il propose de créer une prime de 1000 euros pour l'achat d'un véhicule moins polluant, neuf ou d'occasion pour réduire de moitié le nombre de jours de pic de pollution atmosphérique. Il propose de rénover un million de logements mal isolés, «en priorité ceux des propriétaires précarisés». D'ici 2022, 50% des aliments des cantines scolaires ou d'entreprises devront être bios, écologiques ou issus des circuits courts» ajoute-t-il. Enfin, il s'engage à poursuivre la transition écologique vers les énergies nouvelles. Sans préciser quand, il veut «réduire de 50% la part du nucléaire» dans la production d'énergie.

Le Figaro avec AFP

Commentaires
0 commentaire
Laisser un commentaire
Recopiez les lettres afficher ci-dessous : Image de Contrôle

Autres actualités

02 - Janvier - 2024

Adieux de Macky SALL: Alioune Tine fait un plaidoyer Tine sauver ce qui reste de la démocratie

Grand bâtisseur, mais un PR qui n’hésitera pas à user sans modération et sans limite du pouvoir présidentiel exacerbé et de sa majorité pour...

02 - Janvier - 2024

Contrôle des dossiers de candidature au conseil constitutionnel: Seuls trois candidats ont validé leurs parrainages pour le moment

La commission chargée de contrôler les parrainages pour l’élection présidentielle a débuté ses travaux ce samedi. À l’issue de ce...

02 - Janvier - 2024

Présidentielle de février 2024 : Ousmane Sonko investi sans tambour ni trompette

Les militants de l’ex-parti Pastef, ont finalement investi leur candidat, Ousmane Sonko, à l’élection présidentielle du 25 février prochain le dimanche 31...

02 - Janvier - 2024

Conseil constitutionnel :Le parrainage de Alioune Sarr invalidé

Le dossier du candidat Alioune Sarr de l'Afp est invalidé par la Commission de contrôle des parrainages. Il n’aurait validé que 17 000 parrains. Son mandataire qui est...

02 - Janvier - 2024

FONDATION DEDIEE A LA PAIX : LA LEGITIMITE DE MACKY SALL EN QUESTIONS

Que d’émotions le 31 décembre dernier, lors du discours d’adieu du président Macky Sall. Si les cœurs ont été littéralement...