Sénégal, défis de l’après CAN

10 - Février - 2022

Tout d’abord, nous félicitons les « Lions de la terrangua » d’avoir, enfin, réussi à gagner la Coupe d’Afrique des Nations (CAN).
Nous tenons également à remercier la Confédération Africaine de Football (CAF) d’avoir mobilisé les ressources nécessaires à l’organisation de cet évènement sportif majeur dont la 33ème édition s’est tenue du 9 janvier au 6 février au Cameroun. Cette magnifique et rude compétition s’est soldée, bien évidemment, par la victoire du football africain et en particulier par celle des lions de la terrangua du Sénégal.
Il faut rappeler que la victoire du Sénégal était attendue depuis plusieurs années parce qu’il s’agit d’un pays qui, toute idéologie mise à part possède, depuis plusieurs années, l’une des meilleures équipes du continent africain. En effet, les lions ont été 3 fois finalistes. Ils ont également marqué l’histoire du football africain en étant quart de finaliste de la coupe du monde de 2002 après avoir fortement contribué à l’élimination de son amie la France vainqueure sortante de 2018.
Tout compte fait, le Sénégal est et restera une grande nation de football. Les « Nawétanes » manifestations sportives des vacances d’été et de la saison des pluies renforcent très bien nos propos.
Jamais un sport n’a mobilisé autant de monde tout âge, sexe et catégorie socioprofessionnelle confondus. Ce zèle de la population nous a même amenés à nous demander si le football n’est-il pas devenu « l’opium du Peuple » pour reprendre les propos de Karl Marx.
Opium des Sénégalais ou pas, nous recommandons à l’Etat et à tous les Sénégalais de saisir cette opportunité pour mettre en place une véritable politique sportive. Celle-ci manque profondément.
Il s’agit de bien vendre l’image de marque du Sénégal devenu un produit de marque très convoité par de potentiels investisseurs. Le football doit devenir un levier de l’émergence. Sa contribution au PIB du pays doit être relevée. Celle-ci passera par la mise en place d’infrastructures sportives dignes dont des complexes sportifs de haut niveau (stades, centres de formation…). De telles infrastructures devront permettre de renforcer les compétitions locales et à tout un chacun de pouvoir accéder aux activités sportives de son choix et en fonction de ses moyens. Le sport entretient la santé.
Il s’agit également de mettre en place, par exemple, des fabriques de produits sportifs dont les chaussures, les vêtements, les accessoires. De telles industries pourraient se mettre en place, progressivement, grâce à des partenariats gagnant/gagnants permettant un transfert de compétences et de technologies.
Des pays dit émergents comme la Turquie ont réalisé de tels projets.
Il y a encore beaucoup de propositions à formuler mais nous terminons par demander de corréler toutes ces infrastructures à l’éducation.
En effet, on parle aujourd’hui « d’éducation sportive ». Il s’agit d’intégrer dans l’éducation des filières de formation aux métiers du sport. Ces filières pourraient s’articuler autour de la couture, de la fabrication des produits sportifs et de leur commercialisation. La formation aux métiers de l’accueil est aussi nécessaire. L’accueil s’apprend de même que l’entretien des infrastructures sportives. Il s’agit de formation qualifiantes niveau baccalauréat professionnel voire niveau BTS gage de compétence et d’insertion professionnelle.
En tous les cas le sport constitue un secteur qui regorgent d’importantes niches d’emplois et de création de richesse. Si de telles infrastructures parviendront à voir le jour, nous dirons que la victoire du Sénégal a été à la hauteur du zèle de sa population.

Momar Sokhna DIOP professeur d’économie gestion, écrivain

 

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