Sénégal – Justice sélective, mémoire mutilée : les oubliés de la crise en Casamance (Par SOS Casamance)

28 - Octobre - 2025

Au Sénégal, la demande de justice pour les victimes des violences politiques récentes, survenues durant le régime de Macky Sall, occupe aujourd’hui une place centrale dans le débat public. Les appels à la vérité et à la réparation se multiplient — et à juste titre.
Mais une question dérangeante s’impose : pourquoi le même élan de justice ne s’étend-il pas aux victimes civiles et militaires de la longue crise en Casamance ?

Des victimes oubliées

Depuis plus de quarante ans, la Casamance, région du sud du pays, endure les conséquences d’un conflit qui a profondément marqué le tissu social, économique et humain. Des milliers de morts, des villages détruits, des familles déplacées, des mutilés et des orphelins — et pourtant, un silence quasi total des institutions nationales.
Ces victimes, souvent anonymes, n’ont jamais bénéficié ni de reconnaissance officielle, ni de réparation symbolique ou matérielle.

Pendant que les discours politiques se concentrent sur les affrontements récents entre le pouvoir et l’opposition, les blessures du Sud restent béantes, ignorées par une mémoire nationale sélective.

Un silence politique révélateur

Ce silence n’est pas anodin. Il traduit une forme d’injustice structurelle et une hiérarchie de la souffrance au sein de la République.
Les différents régimes — d’Abdoulaye Wade à Macky Sall, jusqu’à l’actuel duo Sonko–Diomaye — ont tous puisé, à un moment ou à un autre, dans les frustrations et les inégalités issues de la crise casamançaise pour nourrir leur discours de changement ou d’alternance.
Mais une fois arrivés au pouvoir, la Casamance redevient un sujet marginal, une plaie que l’on préfère recouvrir de silence plutôt que de soigner.

Pour une justice égale et une mémoire partagée

La véritable réconciliation nationale passe par la reconnaissance de toutes les victimes, sans distinction d’origine, de contexte ou de période.
La paix ne peut se construire sur l’oubli ou la condescendance politique.
Il est temps que l’État sénégalais, les partis politiques et la société civile affrontent ce déni collectif et reconnaissent le prix humain de la crise en Casamance.

La mémoire mutilée d’un peuple ne guérit que lorsque la vérité et la dignité sont restaurées.

La dignité n’a pas de frontière.

Commentaires
0 commentaire
Laisser un commentaire
Recopiez les lettres afficher ci-dessous : Image de Contrôle

Autres actualités

03 - Mars - 2026

Bases américaines, camp kurde et port omanais : l’Iran intensifie ses frappes dans le Golfe

Les Gardiens de la révolution ont annoncé, mardi matin, avoir mené une « une attaque à grande échelle » à l'aide de drones et de missiles...

03 - Mars - 2026

Stabilité sociale : le gouvernement valide ses engagements un an après le Pacte du 1er mai

Le Pacte national de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable (PNSS-CID) entre dans une phase de concrétisation majeure. Près d'un an après sa...

03 - Mars - 2026

"Extradition partielle" de Madiambal est une demi-victoire, selon son avocat qui annonce un pourvoi en cassation

La Cour de Versailles de Paris s’est dit favorable, ce mardi 03 mars, à l’«extradition partielle» au Sénégal du journaliste et homme d’affaires...

03 - Mars - 2026

Guinée : Mamadi Doumbouya introuvable depuis la mi-février

En Guinée, le gouvernement fait taire la rumeur. Absent du pays depuis deux semaines et demie, le « président Mamadi Doumbouya se porte bien », indique dans la...

03 - Mars - 2026

EXTRADITION : LE SORT DE MADIAMBAL DIAGNE ENTRE LES MAINS DU PM FRANÇAIS

Pour l'instant, le sort de Madiambal Diagne est entre les mains des autorités françaises, le Premier ministre notamment. En effet, c'est lui, sur recommandation du ministre de la...