Sénégal : la centrale de la discorde

10 - Avril - 2017

Les habitants de Bargny voient l'implantation de la centrale de Sendou d'un mauvais œil. Trop proche des habitations, trop polluante... une partie d'entre eux s'est battue pour qu'elle n'existe pas, mais en vain. Leur argument : l'inscription récente dans la Constitution sénégalaise du droit à un environnement sain. Dans cette affaire, les habitants considèrent l’Etat comme «un grand délinquant» d’autant qu’il a pris des engagements au niveau des Nations Unies pour le respect des objectifs de développement durable (ODD) et les fouler au pied par la suite, rappelle Sud quotidien.
Ce projet tant décrié n’a pas que des conséquences environnementales. Il a aussi fait des dégâts sociaux, constate mon confrère. « Des familles dont les concessions sont emportées par les vagues et bénéficiaires de délibérations pour leur relocation se sont vues dessaisir de leur bien. Une mère de famille, dans une vidéo institutionnelle que nous avons visionnée, interroge les autorités sur le sort réservé aux délibérations qui leur avaient donné la propriété de 1500 parcelles loties sur le site de Minam où est érigé la centrale financée à hauteur de plus de 196 millions d’euros (soit 128,5 milliards FCFA) par les banques multilatérales de développement comme la Banque africaine de développement (BAD, 37%) et la Banque mondiale (BM), mais aussi la BOAD (25%), la FMO (23%) et la CBAO (15%). ‘Nous voulons qu’on nous dise ce qui se passe ‘, dit-elle face au silence des autorités », souligne Sud quotidien.
Qui ajoute, sur la base des investigations menées et des témoignages recueillis sur place, qu’il y a plus de 1000 femmes qui ont perdu leur emploi à cause du projet de la centrale qui a empiété sur leur site de transformation de poissons. En effet, «les sécheuses de poissons qui exportaient leurs produits vers le Burkina Faso faisaient annuellement un chiffre d’affaires d’environ 2 milliards FCFA», déplorait Aly Sagne, président de LSD, rapporte mon confrère.
La Banque Africaine de Développement qui a participé au financement du projet de 200 millions d'euros s'est assurée que les normes environnementales seraient respectées, tempère TV5. Qui rappelle que la centrale de Sendou est l'une des six prévues par le plan "Sénégal émergent" pour rendre le pays autonome en énergie.

La centrale d’une puissance de 125 mégawatts devrait produire de l'électricité dès la fin de l'année.
Lamine Sow

Commentaires
0 commentaire
Laisser un commentaire
Recopiez les lettres afficher ci-dessous : Image de Contrôle

Autres actualités

06 - Août - 2025

Elle s’en prend aux guides religieux sur TikTok : le parquet requiert deux ans ferme Mercredi 6 Août 2025

Un TikTok de trop. N. N. Dione, étudiante de 28 ans à l’Université Gaston Berger, s’est retrouvée devant le tribunal de Pikine-Guédiawaye...

06 - Août - 2025

Fraude à grande échelle sur l’électricité : le patron de « Fotall Services Sarl » écroué

Selon les révélations du journal Libération, Mamadou SARR, propriétaire de la société « Fotall Services Sarl » spécialisée dans...

05 - Août - 2025

Rebondissement dans l’affaire du meurtre d’Omar Lamine Badji : sa famille réclame l’arrestation de l'abbé Alain A. Diédhiou, rentré de France

Lâchement assassiné le 30 décembre 2006, à la veille de la fête de l’Aïd-el-Kebir, El Hadj Omar Lamine Badji, ancien président du Conseil...

05 - Août - 2025

Devant le Doyen des juges, El Hadji Babacar Dioum nie être « Kocc Barma »

La confrontation tant attendue a eu lieu hier, lundi. El Hadji Babacar Dioum, connu sous le nom de "Kocc Barma", a été soumis à un feu roulant de questions devant le doyen des...

05 - Août - 2025

Parcelles Assainies : O. Sow abusait de sa fille et de sa propre soeur

Dans l’intimité toxique d’une chambre familiale des Parcelles Assainies, un cauchemar a duré huit ans. O. Sow, 47 ans, agent de sécurité, a...