Sonko avertit : « On ne peut pas faire du Pastef sans Pastef » :

26 - Mai - 2026

Élu ce mardi 26 mai 2026 à la présidence de l’Assemblée nationale avec 132 voix sur 133 votants, Ousmane Sonko a immédiatement donné le ton de son magistère au perchoir. Entre félicitations protocolaires, mise au point politique et appel à une refondation institutionnelle, le leader de Pastef a livré un discours offensif qui dessine d’ores et déjà les contours d’un nouveau rapport de force avec le pouvoir exécutif.

Dans un hémicycle largement acquis à sa cause suite au boycott massif de plusieurs groupes parlementaires de l’opposition, le désormais président de l’institution législative a d’abord salué la nomination du tout nouveau Premier ministre, Ahmadou Alhaminou Mohamed Lo. Il a notamment rappelé les liens professionnels étroits qui les unissent depuis son propre passage à la Primature : « C’est moi qui l’avais nommé secrétaire général du gouvernement », a souligné Ousmane Sonko, vantant au passage les qualités de « travailleur acharné » du nouveau chef du gouvernement ainsi que leur collaboration active dans l’élaboration des référentiels stratégiques de l'Agenda national de transformation « Sénégal 2050 ». Mais très vite, le ton s'est durci.

Face aux députés, Ousmane Sonko a publiquement regretté que son parti n’ait pas été formellement associé aux consultations ayant conduit à la mise en place du nouvel attelage ministériel. Une manière subtile mais directe de dénoncer ce qu’il considère comme une marginalisation de Pastef dans certaines décisions politiques majeures de l'État. « On ne peut pas faire du Pastef sans le Pastef », a-t-il lancé dans une formule percutante qui a immédiatement résonné dans l’hémicycle.

Pour le nouveau président de l’Assemblée nationale, la simple référence incantatoire au « socle Pastef » dans les discours officiels ne saurait suffire à garantir la légitimité politique du parti majoritaire. Tout en actant l’existence d’un « faux départ », il a néanmoins tendu la main à l’exécutif en appelant à une « discussion responsable » pour assurer une gouvernance apaisée.

Selon lui, les futurs arbitrages devront porter non pas sur des querelles de personnes, mais exclusivement sur les orientations politiques majeures, les engagements économiques, la justice, la revalorisation du pouvoir d’achat des Sénégalais et les réformes structurelles. Dans un autre passage particulièrement remarqué, Ousmane Sonko a plaidé pour une profonde reconfiguration du fonctionnement institutionnel du pays. « On ne peut plus être dans un système d’hyperprésidentialisme au Sénégal aujourd’hui. La configuration actuelle en a décidé ainsi », a-t-il martelé, signifiant là l'un des messages politiques les plus puissants de cette journée

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