Tribune: Présidence du groupe parlementaire les « libéraux démocrates », Modou Diagne Fada sauve Aïda Mbodji du cynisme du Parti Démocratique Sénégalais (PDS) (Par Sadio Cissé, Coordonnateur de la Fédération LDR/YEESAL de Paris)

24 - Octobre - 2016

Le 14 octobre 2016, Madame Aïssatou Mbodji dite Aïda a été désignée par le groupe parlementaire des « libéraux démocrates » présidente dudit groupe et installée comme telle par l’Assemblée nationale. Cette désignation a été possible grâce à un leader : l’honorable député Modou Diagne Fada, président sortant du groupe qui n’a pas jugé nécessaire de se représenter. Me Abdoulaye Wade, Secrétaire général national du PDS avait tenté un forcing l’année dernière pour écarter Fada et installer Aïda Mbodji. Fada fut le parrain d’Aïda Mbodji au début de celle-ci au PDS elle avait un instant suivi son mentor Fada lors du Mémorandum du 01 juin 2015. En homme politique avisé, Me Wade, connaissant la boulimie d’Aïda Mbodji pour les postes de prestige, lui avait promis le poste de président du groupe parlementaire pour l’isoler de son mentor. Toute honte bue, Aïda Mbodji accepta cette trahison sans coup férir. Me Wade la seule constante du PDS pensait qu’il lui suffisait toujours de vouloir pour que cela soit. C’est ainsi qu’il n’a pas cru nécessaire de s’encombrer des règles de courtoisie, de respect et de démocratie à l’égard de son fils idéologique Fada. Mais, le père avait certainement oublié que son fils Fada avait beaucoup appris, avait grandi et que pour son honneur bafoué, pour ses convictions, pour les principes démocratiques et républicains, il était prêt et surtout capable de croiser le fer avec un père indélicat et des ex frères et sœurs aux comportements grégaires.
Comme dans « la cigale et la fourmi » des fables de Jean de la Fontaine, pendant que les députés Conservateurs antiréformistes du PDS étaient occupés à crier l’exclusion des Réformateurs avec à leur tête le président Fada, celui-ci était lui préoccupé par son travail de parlementaire c'est-à-dire voter et surtout étudier les textes et lois de l’Assemblée nationale. Lorsque le combat du contrôle de la présidence du groupe parlementaire les « libéraux démocrates » survint, les députés conservateurs du PDS furent fort dépourvus : pas la moindre connaissance des textes de l’Assemblée nationale. Ils allèrent crier secours auprès de Moustapha Niasse, président de la haute chambre des députés à qui ils demandèrent de faire fi des lois républicaines et d’exécuter la volonté exprimée du Secrétaire général national du PDS en injectant Fada de la présidence du groupe parlementaire. Mais le président Niasse, en bon commis de l’Etat, n’est pas du genre anarchiste mais légaliste c’est là sa principale qualité. Que faisiez-vous lorsqu’on votait les lois de l’Assemblée nationale dit-il à ses indigents. Nous criions et chantions à tue-tête l’exclusion des Réformateurs du PDS ne vous en déplaise. Vous criiez et chantiez ? J’en suis fort aise. Eh bien pleurez maintenant car Fada est dans la légalité et rien ni personne ne pourra y changer quelque chose. C’est ainsi que Fada qui n’est pas du genre à se laisser surprendre remporta la bataille du contrôle du groupe parlementaire dans la légalité. Dépourvu de tout recours, les Conservateurs crièrent urbi et orbi au complot, à l’intervention d’une main invisible, celle du président de la République Macky Sall en faveur du président Fada. Rien n’y fit, Modou Diagne Fada continua allégrement sa fonction de président du groupe parlementaire jusqu’à son terme.
A la rentrée parlementaire de cette année tous les observateurs politiques attendaient le match retour du combat des gladiateurs entre les fils réformateurs affranchis de Me Wade et leurs ex frères conservateurs. Mais la guerre des héritiers de Me Wade, bien que planifiée par celui-ci sous une autre forme, n’eut pas lieu grâce à la clairvoyance du président Fada.
Des sources proches de la haute hiérarchie des libéraux du PDS informent que pour succéder à Fada, le choix du maître ne se portait plus sur la néolibérale Aïda Mbodji mais sur Mamadou Diop De Croix le trotskiste en chef d’AJ/PADS. En fait, Aïda Mbodji n’avait été choisie que pour la mettre en mal avec son mentor Fada pour l’écarter ainsi de celui-ci. En sourdine, on lui en veut toujours de n’avoir pas déclaré publiquement que Karim Wade est son candidat à l’élection présidentielle de 2019, on lui reproche aussi d’être trop rebelle et pouvoiriste donc peu fiable. Après l’avoir utilisée, le PDS a voulu l’écarter pour installer De Croix. Ce scénario avait été prévu depuis la session parlementaire de l’an dernier. Pour rappel, une rumeur parue dans la presse informait que Fada avait dit qu’il était prêt à démissionner de la présidence du groupe parlementaire à condition que quelqu’un d’autre qu’Aïda Mbodji le remplace. Il n’en était rien, c’était une information sciemment distillée par de hauts responsables du PDS pour faire accepter l’éviction d’Aïda Mbodji. Quelques mois avant la fin de son mandat à la tête du groupe parlementaire, Fada annonça qu’il ne se représentera pas à sa propre succession. La hiérarchie du PDS s’apprêtait alors à proposer Mamadou Diop De croix comme futur remplaçant de Fada car il serait le candidat le plus consensuel. Clairvoyant qu’il est, promonitoirement ou parce qu’il était informé, quelques jours avant l’ouverture de la nouvelle session parlementaire, Fada indique qu’il n’est pas opposé au choix d’Aïda Mbodji pour lui succéder. Cette déclaration attribuée à Fada, déjoua ainsi tout le complot contre Aïda Mbodji. Dés l’instant que le prétexte qui devait servir à évincer Aïda Mbodji ne tient plus, le PDS n’avait d’autre choix que de faire profil bas, faire contre mauvaise fortune bon cœur en maintenant Aïda Mbodji comme successeur de Fada à la présidence du groupe parlementaire les « libéraux démocrates ». C’est ainsi que le président Modou Diagne Fada sauva Aïda Mbodji du cynisme de PDS.

 

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