Un militant de la Diaspora de Pastef Italie récuse le prix de la carte de membre fixé à 20 euros en Europe

11 - Mars - 2026

La décision de fixer le prix de la carte de membre de Pastef Les Patriotes à 1000 FCFA au Sénégal et à 20 euros pour les militants établis en Europe continue de susciter des interrogations au sein de la formation politique. Plusieurs voix issues de la diaspora appellent à une réflexion plus approfondie sur les implications d’une telle mesure, notamment en matière d’égalité entre militants.

Militant de Pastef en Italie, Koccbarma Ndiaye estime que cette différence tarifaire soulève une question de fond qui mérite d’être examinée avec lucidité. Selon lui, « la décision fixant le prix de la carte de membre à 1000 FCFA au Sénégal et 20 euros en Europe pose une question de fond qui mérite d’être examinée avec lucidité et responsabilité ». Il rappelle que « 20 euros représentent environ douze fois le prix de la carte au Sénégal », une différence qu’il juge difficile à considérer comme anodine « dans une organisation politique qui se veut populaire, égalitaire et fondée sur l’engagement militant ».

Pour le militant, la question centrale reste celle de l’égalité entre les membres du parti, indépendamment de leur lieu de résidence. « La première interrogation qui se pose est simple : le militant de la diaspora possède-t-il un statut différent ou supérieur à celui du militant vivant au Sénégal ? », s’interroge-t-il. À ses yeux, si la réponse est négative, « il est légitime de se demander ce qui justifie une telle disproportion ». Il ajoute que « l’engagement politique ne devrait pas être évalué à l’aune de la capacité financière des militants, mais à partir de leur conviction, de leur contribution intellectuelle, organisationnelle et citoyenne ».

Au-delà du simple aspect financier, Koccbarma Ndiaye attire l’attention sur le risque de réduire la diaspora à un rôle exclusivement économique dans la vie du parti. « Au-delà de la question du prix, cette décision révèle un risque plus profond : celui de réduire la diaspora à un simple rôle de financement du parti », affirme-t-il. Il rappelle que « la diaspora sénégalaise ne représente pas uniquement une source de ressources financières », mais constitue également « un capital humain considérable » composé de compétences techniques, d’expériences professionnelles et de réseaux internationaux pouvant contribuer à la transformation du pays.

Dans son analyse, la manière dont les adhésions sont gérées soulève également une interrogation politique. « Lorsque le processus d’adhésion est centralisé et que la validation des cartes dépend d’une commission nationale, une question essentielle se pose : qui contrôle réellement le processus d’adhésion et dans quel objectif politique futur ? », souligne-t-il. Pour lui, dans toute organisation politique moderne, « la gestion des adhésions est un enjeu majeur », puisqu’elle détermine à la fois la base militante, les équilibres internes et les rapports de force lors des restructurations futures.

Le militant appelle ainsi à une approche constructive et transparente afin de préserver la cohésion interne du parti. « La transparence sur les critères d’adhésion, l’équité dans le traitement des militants et la reconnaissance pleine et entière du rôle stratégique de la diaspora sont des éléments essentiels pour préserver la cohésion interne du parti et renforcer la confiance des militants », soutient-il.

Koccbarma Ndiaye insiste également sur la nécessité de reconnaître pleinement la contribution des Sénégalais de l’extérieur dans la construction politique nationale. « Une organisation politique forte ne peut se construire durablement que sur l’égalité des militants, la valorisation des compétences et la transparence dans ses mécanismes internes », affirme-t-il, estimant que « la diaspora ne doit pas être perçue comme une simple “vache laitière”, mais comme une composante stratégique du projet national ».

Au final, termine t-il, « la vraie question n’est pas seulement celle du prix d’une carte de membre ». Selon lui, « la vraie question est celle de la place que l’on souhaite accorder à la diaspora dans la construction politique et dans l’avenir du pays ». Une clarification sur ce point permettrait, à ses yeux, « d’éviter les incompréhensions et de transformer l’engagement des Sénégalais de l’extérieur en véritable force pour le Sénégal ».

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