UNE RÉUNION ANTI-KHALIFA À LA PRÉSIDENCE ?

20 - Juillet - 2018

La foire d’empoigne continue au procès en appel du maire de Dakar, M. Khalifa Sall, déjà condamné en première instance pour escroquerie portant sur des deniers publics, à une peine de cinq ans de prison en sus d’une amende cinq millions francs Cfa. A la salle 4 du tribunal de Dakar, où se tient le procès, si ce ne sont pas les mots qui volent très bas, ce sont plutôt de graves révélations qui meublent les débats. Sans trop faire place à des arguments juridiques qui devraient être le leitmotiv de ce procès où le maire de Dakar risque la survie de sa carrière politique.

Bien que toutes ses exceptions aient été jusqu’ici toutesrejetées,la défense de Khalifa Sall attaque et cogne. Contre «cettemain invisible» qui veut liquider politiquement son client. Sans mettre de gants, la défense, à travers la voix de Me amadou Sall, ancien ministre de la Justice et garde des sceaux, a directement pointé du doigt le président de la République Macky Sall. « Une réunion secrète au sommet de l’État a été tenue autour du président de la République, en présence de l’agent judiciaire et des avocats de l’etat pour parler du procès de Khalifa Sall. C’est d’ailleursce qui justifie la présence de l’État dansce procès», a révélé Me Amadou Sall, avocat de Khalifa Sall, dans sa plaidorie sur l’exclusion de l’Etat du dossier dit de la caisse d’avance de la mairie de Dakar.

Un maire de Dakar va devoir croupir encore quatre ans de prison en plus de payer une amende de cinq millions francs Cfa. Pour le moment, son procès en appel suit son cours mais sa demande de mise en liberté a été rejetée avant-hier, par le président de la Cour d’appel Demba Kandji. Ce malgré l’arrêt de la Cour de justice de la Cedeao qui a condamné l’etat pour la violation des droits à la défense de M. Khalifa Sall. Ce qui irrite l’ ancien ministre de la Justice qui a insisté dans sa plaidorie sur la réunion secrète tenue au palais autour du président de la République Macky Sall avec pour ordre du jour : le dossier KhalifaSall. «Il y a neuf mois, la presse a rapporté qu’une réunion secrète a été tenue autour du président de la Républiquepourparlerde l’affaire Khalifa Sall. Et, personne n’a démenti une telle information. Sauf récemment où le Conseil Constitutionnel a sorti un communiqué pour dire qu’aucun de ses membres n’a pris part à une telle rencontre. Cependant, je persiste et je signe que la présence illégale et illégitime de l’agent judiciaire dans ce dossier, a été discutée lors de cette réunion secrète»,soutient Me Sall.

D’où son accusation sans équivoque portée contre le président de la République. « Derrière le dossier Khalifa Sall, il y a une main invisible du président de la République», affirme-t-il, sans prendre de gants en se défoulant sur le parquet général representé par Lassana Diaby, à défaut de pouvoir s’en prendre au chef de l’Etat. «Monsieur le procureur général, je suis désolé, mais vous allez souffrir que je le dise. Il y a bien un manipulateur derrière toute la procédure», accuse Me Amadou Sall.«C’est pour cette raison que toutes nos demandes de mise en liberté provisoire ont été rejetées. Même nos requêtes de liberté provisoire sous caution. Et si vous demandez à Khalifa Sall, il vous dira que le président (Macky Sall) l’avait prévenu qu’il allait finir sa carrière en prison lorsqu’il a décliné son offre politique », a expliqué Me Amadou Sall.

Le Temoin

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