Justice : Assane Diouf est libre, mais a été "tué civilement et politiquement", dénonce son avocat
Assane Diouf, surnommé «l’insulteur public numéro 1», a été libéré ce mardi 8 janvier 2019 par le tribunal correctionnel de Dakar. Il était poursuivi pour injures à travers un système informatique, diffamation, trouble à l’ordre public, outrage à un ministre du culte. Lors de son procès, le procureur de la République avait requis 5 ans de prison.
Toutefois, après délibération, le juge a retenu les dispositions de l’article 50 du Code pénal qui note qu’ «il n’y a ni crime ni délit lorsque le prévenu était en état de démence au temps de l’action, ou lorsqu’il a été contraint par une force à laquelle il n’a pu résister».
Assane Diouf est libre, mais son avocat n'est pas content. Car pour Me lédor Ly , « le juge est allé trop loin. Il a infligé des peines de nature politique. La privation des droits civils et la privation des droits politiques. Il est muselé c’est-à-dire qu’il n’a plus le droit de s’exprimer dans des rassemblements. Il n’a plus le droit de s’exprimer à travers des ondes d’une radio. Il n’a plus le droit de s’exprimer ou d’avoir des opinions qu’il diffuse à travers la télévision. Il n’a plus le droit d’être un citoyen normal. Il a été dépouillé de l’ensemble de ses droits ».
Or, "le juge ne pouvait le faire que si la loi sur laquelle il s’est fondé pour le condamner aux peines pénales le lui permettait. Mais, cette loi n’existe pas. La deuxième chose c’est qu’on ne peut priver une personne sans une limitation de durée. Or n’ayant pas fixé de durée c’est advita-eternam. Donc, c’est une mort civile et politique" .
Pour l'avoat, l'objetif est de tuer « civilement et politiquement Assane Diouf et le museler et c’est à travers la justice. Nous avons assisté depuis un certain temps que la justice est entre les mains des pouvoirs publics, que la justice ne dispense que des peines de nature politique et cela contre des personnes qui expriment des opinions ou bien contre des adversaires politiques".
Cheikh Ndoye