Affaire Petro-Tim : Aliou Sall parle

16 - Octobre - 2016

Le frère cadet du président Macky Sall, qui indique ne plus s'être occupé d'hydrocarbures au Sénégal depuis le 1er janvier 2015, explique à Jeune Afrique les raisons de sa démission.

Dans un contexte empoisonné où sa relation professionnelle avec l’homme d’affaires australo-roumain Frank Timis met en émoi l’opposition et la société civile sénégalaise, Aliou Sall a annoncé le 14 octobre sur sa page Facebook qu’il démissionnait de la branche sénégalaise du groupe Timis Corporation.
De juillet 2012 à décembre 2014, le frère cadet du président sénégalais est le gérant (salarié) de PetroTim Sénégal, une filiale de PetroTim Limited créée par le Chinois Eddie Wong dans le cadre du contrat de recherche et de partage de production signé avec l’Etat du Sénégal et Petrosen en vue de la prospection et de l’exploration des blocs Cayar offshore profond et Saint-Louis offshore profond. En 2014, Timis Corp. acquiert la participation de PetroTim Limited (90%) dans ces gisements de gaz. Aliou Sall passe alors sous la bannière de Frank Timis à travers un double contrat : le premier, en tant que salarié de Timis Corp. Sénégal, une succursale créée pour les besoins du contrat d’exploration ; le second, en tant que consultant, avec Timis Corporation, afin de contribuer aux activités du groupe en Afrique de l’Ouest.
Négociations
“Depuis le 1er janvier 2015, je ne me suis plus occupé de la moindre activité relative aux hydrocarbures au Sénégal, confie Aliou Sall à JA. Je suis intervenu pour le groupe en Gambie, au Burkina Faso ou en Côte d’Ivoire mais je n’ai effectué aucune démarche relative aux blocs de Cayar et Saint-Louis, ni auprès de Petrosen, ni auprès du ministère de l’Energie.” Un engagement qu’il qualifie de “contractuel”, Kosmos Energy étant devenu le principal opérateur des deux gisements, en reprenant en 2014 60% des parts des blocs Cayar offshore profond et Saint-Louis offshore profond.


Quand on l’interroge sur les activités qu’il assumait à Timis Corp. Sénégal, Aliou Sall préfère ne pas s’étendre : “Je coordonnais les activités dans ces pays, essentiellement en menant des négociations avec les ministères et administrations concernées, plus ponctuellement avec des privés.” Selon lui, Timis Corp Sénégal fait office de plateforme dans la sous-région. C’est de cette structure qu’il vient de démissionner officiellement, malgré les réticences de Franck Timis, ce qui ne signifie pas qu’il a mis un terme à sa collaboration avec l’homme d’affaires.
Iota
“Si ça n’avait dépendu que de moi, je n’aurais pas bougé d’un iota car les accusations portées contre moi sont sans fondement, ajoute Aliou Sall. Je l’ai fait pour faire taire ceux qui, dans ma propre famille politique [l’Alliance pour la République, le parti présidentiel], considèrent que mes activités au Sénégal sont préjudiciables au président de la République.”
Le frère de Macky Sall compte toutefois poursuivre son activité avec le groupe de Franck Timis dans le cadre d’une collaboration encore en négociation. “Il est question d’élargir ce travail aux activités continentales du groupe, et plus seulement à l’Afrique occidentale, en apportant ma contribution, notamment, à l’identification de nouveaux projets.”

Jeune Afrique

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