Amadou Ciré Sall se lâche : « Les gens aiment Macky Sall car…Le PUDC est impressionnant…Mme Mbacké doit mettre de l’eau dans son vin… Il ne faut pas que Demba Sow et Mme Mbacké mettent Macky Sall dans une position difficile »

22 - Mars - 2017

C’est dans son bureau dakarois que le Conseiller spécial du Premier ministre, Amadou Ciré Sall, nous a reçu. Au menu de cet entretien : la récente tournée économique de Macky Sall dans le Fouta, l’affaire Khalifa Sall, la guerre "nucléaire" qui ravage la DSE APR France, l’état de santé de son association dénommée Mouvement des Sénégalais de la Diaspora (MSD)
Infos15 : Vous êtes conseiller spécial auprès du Premier ministre et vous avez pris part à la récente visite économique que le président de la République a  effectuée dans le Fouta. Quel bilan vous en tirez?
Amadou Ciré Sall : Le président Macky Sall a reçu un accueil chaleureux dans le Fouta, partout où il est passé lors de sa tournée économique. Je retiens également qu’il y était allé avec de grands projets qui vont améliorer de façon considérable, les conditions de vie des populations. Personnellement, je me félicite du lancement du projet de construction de la nationale deux qui part de Ndioum à Bakel. A mon avis, c’est le projet le plus important. Car la réhabilitation cet axe va booster le développement de la zone. Il y a aussi les ponts à construire dans le département de Kanel.
Je crois que cette tournée a permis aux populations de comprendre que le président de la République nourrit de grandes ambitions pour le Fouta. L’accueil chaleureux qu’il a reçu peut être compris comme un retour d’ascenseur des populations qui veulent lui manifester leur reconnaissance.
Certains responsables de l’opposition ont dénoncé une campagne électorale déguisée…
Je m’inscris en faux contre la position de l’opposition. C’est une tournée économique pas autre chose. Vous avez vu que partout où il est passé, Macky Sall a inauguré des réalisions ; il était aussi allé avec des bailleurs. Ces derniers ont pris la parole devant les populations pour dire qu’ils étaient venus pour réaliser des projets.
L’accueil qui a été réservé à Macky Sall vous a-t-il rassuré à quelques mois des élections législatives ?
Ma conviction est que si ces populations sont bien encadrées par les responsables politiques du Fouta, la liste de la majorité remportera les législatives. Je voudrais aussi souligner une chose : les Sénégalais, qu’ils soient de l’intérieur ou de l’extérieur, sont attachés à Macky Sall. Les gens vous disent qu’ils sont à l’Apr pour Macky Sall. Ce n’est pas une question d’idéologie, c’est un lien affectif. Les gens aiment Macky Sall car ils vous disent qu’il est poli, respectueux et proche des Sénégalais. C’est justement de cette proximité avec les populations qu’est né le PUDC (Programme d’Urgence de Développement Communautaire, Ndlr).
Alors parlons du PUDC, concrètement qu’est-ce qu’il a apporté aux populations ?
Le PUDC est impressionnant ! C‘est une innovation politique en matière de développement ! Regardez le nombre de forages réalisés dans le monde rural. C’est impressionnant. Ce résultat s’explique par la proximité que Macky Sall a avec les Sénégalais surtout ceux du monde rural. Il connaît bien les difficultés auxquelles ils sont confrontés. Comme je vous l’avais dit plus haut, c’est parce qu’il connaît le monde rural qu’il a eu l’idée de concevoir ce programme. Aujourd’hui donc, avec le PUDC, les ruraux ont accès à l’eau potable, à l’électricité. On leur construit des pistes de production. Il y a aussi des activités génératrices de revenus comme le maraîchage.
Je voudrais profiter de cette occasion pour rendre hommage au Premier ministre, au Secrétaire d’Etat, Souleymane Jules Diop, et au Directeur du PUDC. Ils ont largement contribué au succès de ce programme.
L’actualité, c’est aussi l’incarcération du maire de Dakar. Bon nombre de Sénégalais soupçonnent le président de la République d’être derrière les déboires judiciaires de Khalifa Sall.
Nous avons tous écouté la conférence de presse du procureur de la République. Il a apporté des éléments qui ne plaident pas en faveur de Khalifa Sall. Comment le président de la République peut-il être derrière les déboires judiciaires du maire de Dakar ? Il faut que les gens comprennent que le Sénégal a opté pour la séparation des pouvoirs. Alors laissons la justice faire son travail. Khalifa Sall a reconnu avoir reçu 30 millions par mois des mains de son directeur financier. L’argent, a-t-il dit, servait  à acheter du mil et du riz. Mais les investigations ont montré que les millions qu’il a reçus servaient à autre chose. Même ses proches amis reconnaissent qu’il a commis des erreurs. Il ne sert à rien d’incriminer le président Macky Sall. Il n’est ni de près ni de loin concerné par cette affaire.
J’invite aussi les membres de la majorité présidentielle à s’abstenir de parler de cette affaire tant qu’elle sera pendante devant la justice.
Vous êtes un homme politique expérimenté et proche du président Sall. Son parti est en proie à beaucoup de difficultés en France, mais manifestement, vous n’avez rien fait pour aider à la résolution des nombreuses crises qu’il traverse.
Je voudrais d’abord rappeler que le président Macky Sall avait donné l’ordre à ce que je sois intégré au sein de sa formation politique en France. Malheureusement, les responsables du parti n’ont jamais voulu le faire. Cela ne m’a pas empêché de poursuivre mon travail dans le cadre du MDS (Mouvement des Sénégalais de la Diaspora).
Pour répondre à votre question, je peux vous dire que j’avais mené des démarches. J’avais d’abord rencontré le coordonnateur Demba Sow, qui est mon jeune frère ; et Mme Mbacké. J’ai tout fait pour que cette dernière revienne à la raison, mais elle ne m’a pas écouté. Demba Sow également. On a vite dit que je voulais prendre parti pour un camp. En tout cas, si j’étais à la place de Mme Mbacké, compte tenu de la confiance que le président Macky Sall lui accorde, de l’estime qu’il a pour elle, elle doit mettre de l’eau dans son vin. Quand on est responsable, on doit accepter de prendre des coups. Quand j’étais le secrétaire général de la fédération Pds de France on m’a donné des coups, vous en êtes témoin. Mais j’ai toujours encaissé. Je pense que Demba Sow et Mme Mbacké doivent faire de gros efforts pour que les autres les suivent.
J’ai assisté à la dernière Université d’été de la Cojer, à Saly. Dans son discours à l’occasion de cette rencontre, le président Macky Sall a dit avec force qu’il ne changerait aucun responsable jusqu’en 2019. Par conséquent, ceux qui combattent Demba Sow et Mme Mbacké doivent eux aussi comprendre la position du président Macky Sall. Je pense que les responsables de la DSE de France doivent prendre conscience de l’enjeu des prochaines élections législatives. Macky Sall a besoin d’une majorité à l’Assemblée nationale pour pouvoir gouverner et gagner la présidentielle de 2019. Ce n’est pas dans la division qu’on va triompher. Je lance donc un appel à Mme Mbacké et à Demba Sow en leur disant que c’est à eux de faire des efforts pour arrêter tous ces problèmes. Il ne faut pas qu’ils mettent Macky Sall dans une position difficile. Si j’avais été invité à la réconciliation que Farba Ngom avait initiée à Paris, j’aurais conseillé à Mme Macké de battre sa couple. Cela lui aurait permis de régler le différend qu’elle a avec les femmes du parti en France.
Lors de l’assemblée générale du 4 mars dernier, Demba Sow et Mme Mbacké auraient publiquement reconnu leurs erreurs. Mais visiblement la situation n’a pas changé.
S’ils ont reconnu leurs erreurs, c’est un pas en avant ! Cela dit, il faut qu’il prenne l’initiative d’aller vers les autres. On travaille d’abord à la base avant de convoquer une assemblée générale. On ne tient pas une telle rencontre s’il n’y a pas au préalable une entente. Comment peux-tu trouver une solution lors d’une réunion quand tu ne t’entends pas avec une bonne partie de l’assistance ?
Parlons à présent de votre association dénommée Mouvement des Sénégalais de la Diaspora. Comment se porte-t-elle ?
Nous avions crée cette association, mais nous avons maintenant l’ambition de la transformer en mouvement politique. Car j’ai vu que nos actions ne sont pas visibles. Quand je ne suis pas à Paris, le mouvement n’est pas visible.
Peut-on s’attendre à une fusion avec l’APR ?
Si on nous le demande, on le fera. On n’écarte rien. Au départ si les responsables de l’APR avaient accepté de nous intégrer dans le parti, on n’en serait pas là. Une chose est sûre, nous continuerons à travailler. D’ailleurs pendant la campagne électorale, je serai à Paris pour soutenir la liste de Benno Bokk Yakaar.
Conseiller spécial du Premier ministre chargé de la diaspora. Parlez-nous un peu du contenu de votre travail.
Mon travail consiste à donner mon avis sur des questions qui concernent la diaspora, je fais aussi des propositions au Premier ministre. Par exemple, des Sénégalais veulent construire un centre culturel à Creil. La mairie leur a donné le terrain, ils veulent que le gouvernement aussi les soutienne. Alors, j’interviens pour expliquer la pertinence de ce projet à nos autorités. Mais c’est surtout dans l’accompagnement des Sénégalais de l’extérieur que j’interviens souvent. Car beaucoup de nos compatriotes vivant à l’étranger rencontrent des difficultés quand ils viennent ici.

Recueillis par Cheikh Sidou SYLLA

Commentaires
0 commentaire
Laisser un commentaire
Recopiez les lettres afficher ci-dessous : Image de Contrôle

Autres actualités

18 - Juillet - 2026

Revue de presse: les journaux du week-end s’attardent sur la visite éclair de Macky Sall à Dakar

Les publications du week-end reçues à l’APS ont traité en priorité le bref séjour de l’ancien président de la République du...

18 - Juillet - 2026

Macky Sall “a informé de vive voix” le président Faye de sa candidature au poste de SG des Nations-Unies (officiel)

Le président Bassirou Diomaye Faye a reçu, vendredi dans l’après-midi, au palais de la République, son prédécesseur, Macky Sall, venu ”...

18 - Juillet - 2026

Bassirou Diomaye Faye a quitté Dakar à destination de Freetown, hôte d’un sommet de la CEDEAO (officiel)

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a quitté Dakar samedi à destination de Freetown, la capitale de la Sierra Leone, qui abrite durant le week-end la...

18 - Juillet - 2026

MACKY SALL A DAKAR : ENTRE AMBITION ET RECONCILIATION

Après plus de deux ans d'absence, Macky Sall a retrouvé hier vendredi 17 juillet 2026, le sol sénégalais pour une visite aussi brève que lourde de symboles....

18 - Juillet - 2026

L’AMALGAME COMME STRATEGIE : LE DERAPAGE DE TROP DE SONKO

À défaut de convaincre par le bilan, Ousmane Sonko semble désormais miser sur la provocation. Ses déclarations, perçues comme visant Touba et la...