APR- France: quel type de DSE pour se hisser à la hauteur des enjeux futurs? (Lassana KOITA, DSE-France)

30 - Août - 2017

La représentation des Sénégalais de l’Extérieur à l’hémicycle était une vieille revendication de la diaspora. Sa satisfaction fait la spécificité de cette treizième législature ; cela a été possible grâce à la volonté exprimée du Président de la République, Macky SALL, conjuguée à celle du peuple sénégalais à travers la consultation référendaire du 20 mars 2016.
Le Coordonnateur de la Délégation des Sénégalais de l’Extérieur (DSE-France), Demba SOW et la responsable adjointe de la Convergence des Femmes Républicaines (CFR), Dieynaba SENE, plus connue sous le nom de Gniba SENE, font partie des quinze heureux élu-e-s de la diaspora. Toutes nos félicitations à nos cher-e-s camarades, honorables député-e-s ! Leur départ de la tête de la DSE-France ouvrira une nouvelle page qui conduira inexorablement à une reconfiguration de la structure. Dans la perspective de vacance de leurs postes au sein du bureau de la DSE, plusieurs scénarii de gouvernance se présenteront ; ce qui suscite autant de manœuvres en cours par les différentes forces en présence pour le contrôle de la structure-mère. Pendant ce temps, les militants se trouvent partagés entre l’incertitude et l’espoir. C’est pourquoi, la prochaine rentrée politique de la DSE-France est attendue avec impatience.
L’objectif de cette tribune est, d’abord de faire le point sur la situation qui prévaut au sein de la DSE, ensuite de poser quelques préconisations pour engager l’avenir avec plus de sérénité.
D’abord et avant tout, rappelons que l’objectif spécifique de la DSE demeure non seulement la consolidation des acquis par la prise en compte des préoccupations des militants, mais aussi la poursuite de l’implantation du parti sur l’étendue du territoire français. En même temps, la DSE doit continuer à jouer le rôle d’épine dorsale au sein de la coalition Benno Bokk Yakaar pour le renforcement de notre collaboration.
Toutefois, pour relever ces défis, la structure a besoin de contourner bon nombre d’obstacles. Dès lors, l’analyse de la situation a fait apparaître que l’état actuel du parti en France est peu reluisant. Les faits montrent de plus en plus que les clivages sont davantage exacerbés par des séries de crises, qui, aujourd’hui ont plongé notre formation politique dans l’impasse.
Le Mouvement des femmes est divisé ; la majorité des sections cristallisent aujourd’hui d’énormes tensions : à Paris, Marseille, Grenoble, Creil, Nice, Bordeaux, Lyon, Orléans, Compiègne pour ne citer que celles-là. La DSE a également connu dans ses rangs des vagues de contestations mais surtout de démissions, notamment à Mantes la Jolie, dans l’Essonne, à Grenoble ou ailleurs ; sans oublier l’irruption instantanée d’une floraison de mouvements politiques affiliés au parti afin de contourner la DSE du fait de l’attitude de certains responsables. La structure est devenue le creuset de l’informel et du désordre, chacun s’autorise à prendre des décisions tous azimuts provoquant ainsi des querelles byzantines, dont la presse en fait fréquemment ses choux gras.
L’on colmate en permanence les brèches pour apporter des semblants de réponses à des questions structurelles ; alors qu’il s’agit d’utiliser notre ingénieuse créativité sur la base des données du problème. En outre, la méthode de désignation du coordonnateur sortant, adossée au personnage controversé de ce dernier ont davantage contribué à détériorer le climat de confiance.
Ce sont donc autant de causes qui ont plombé la DSE dans cette situation peu élogieuse, pour ne pas dire chaotique ! Telle est malheureusement la situation qui prévaut dans la structure-mère.
En tout état de cause, suite à l’élection du coordonnateur sortant aux dernières législatives du 30 juillet 2017, son poste devient tacitement vacant.
Alors, pour décrisper la situation, son successeur doit être démocratiquement désigné, par consensus ou par vote, conformément à l’article 14 de notre Règlement Intérieur.
Actuellement, la DSE vit certainement un des tournants décisifs de son histoire. De ce fait, au lieu de se livrer à des manœuvres ou des calculs politiciens, l’exigence de responsabilité, aussi bien collective qu’individuelle, doit nous interpelle quand c’est nécessaire.
Face à autant de crises qui continuent de secouer notre parti en France ; face à de telles circonstances à hautes intensités et à forts enjeux, le changement de cap est plus que nécessaire, tout comme la détermination à les mener à bien.
C’est pourquoi, nous demandons aux deux coordonnateurs adjoints, de par leur fonction et leur niveau de responsabilité au sein du bureau, de saisir le secrétaire administratif pour convoquer une assemblée générale dans les meilleurs délais afin que cette question soit tranchée par les militants, à qui le parti doit tout. A cette occasion et pour l’intérêt de notre parti, qui demeure notre patrimoine commun, nous garantirons la sérénité et la courtoisie des débats.
En ce sens, nous lançons un appel à tous les militants qui aspirent au progrès et à la bonne marche du parti d’agréger les forces et de mutualiser les moyens, d’une part, pour défendre ensemble les principes élémentaires qui nous lient ; d’autre, pour tracer la voie qui permettra à la DSE de se réconcilier avec elle-même. Nous avons le devoir d’agir ensemble pour restaurer la confiance, apaiser les tensions dans le but de mettre en place une DSE équilibrée, transparente et juste.
Ensemble nous travaillerons à ce que la nouvelle DSE soit représentative, opérationnelle et efficace, dans laquelle chacun trouvera sa place et jouera son rôle à sa juste valeur. Nous aspirons à ce qu’elle soit en harmonie avec toutes les instances qui la composent : la CFR, la CCR, COJER, les sections, sans oublier les autres forces ressources. C’est ainsi, qu’elle impulsera une dynamique certaine pour la préparation à la réélection du Président Macky SALL en 2019 ; et s’attellera également à mettre en cohérence notre socle idéologique avec notre offre politique afin d’accompagner le Président de la République dans la concrétisation de sa vision qui consiste à faire du Sénégal un pays émergent à l’horizon 2035.
Somme toute, nous saisissons cette opportunité pour rendre un vibrant hommage à l’ensemble des militants et sympathisants de la coalition Benno Bokk Yakaar, en particulier nos camarades de l’Alliance Pour la République, APR, pour leur forte mobilisation lors du processus électoral. L’élan collectif fondé sur l’enthousiasme et la ferveur a conduit notre coalition à la victoire au soir du 30 juillet 2017. Toutes nos félicitations !
Comme dit le proverbe africain : « Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin ! »
Vive le Sénégal !
Vive l’APR !

Lassana KOITA,
APR-Charonne et Collectif du 9/4
Délégation des Sénégalais de l’Extérieur, DSE
Convergence des Cadres Républicains, CCR
Mouvement pour l’Emergence de nos Terroirs, MET.
lassana.modibo@gmail.com

 

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