Apr : Thérèse Faye dément son ralliement au pouvoir et fustige l'opposition de salon des cadres

07 - Mai - 2026

La sortie est directe, assumée, sans détour. Invitée de RFM SOIR, Thérèse Faye Diouf contre-attaque face aux rumeurs persistantes de transhumance politique. Accusée d’avoir quitté l’Alliance pour la République (APR) pour rejoindre le camp au pouvoir, la députée de la 15e législature démonte ce qu’elle qualifie de “manigances politiques”.

« Si j’avais décidé de partir, je l’aurais dit moi-même, publiquement, à Diarèkh », tranche-t-elle. Pour l’ancienne ministre de Macky Sall, pas question de laisser prospérer ce qu’elle considère comme une campagne de déstabilisation savamment orchestrée depuis plus de deux ans par des personnes de son propre parti politique.

Une fidélité revendiquée… mais critique

Oui, elle est toujours membre de l’APR. Mais son silence dans les grandes rencontres du parti intrigue. Et pour cause : Thérèse Faye Diouf ne cache plus son malaise.

« On ne peut pas vouloir reconquérir le pouvoir en restant entre quatre murs », lance-t-elle, pointant du doigt une stratégie jugée inefficace. Selon elle, l’APR a perdu son ADN de parti de terrain, celui qui a fait sa force à ses débuts.

Dans son viseur : un fonctionnement trop élitiste, déconnecté des réalités. « L’APR est un parti de masse, pas un club fermé où quelques personnes dictent la ligne à coups de communiqués », dénonce-t-elle.

Une charge contre le management du parti

Au-delà de la stratégie, c’est le cœur même de l’organisation qui est critiqué. Thérèse Faye Diouf parle d’un déficit de valorisation des compétences internes, notamment chez les jeunes cadres. « Nous avons formé une génération de leaders compétents, mais ils sont laissés à eux-mêmes », regrette-t-elle, évoquant des maires, des responsables politiques et des profils expérimentés mis en marge.

Son appel est clair : place à la relève.

« Ceux qui ont dirigé le parti doivent accepter de passer la main. Sinon, les militants iront chercher ailleurs », prévient-elle, dans un avertissement à peine voilé.

Une opposition à repenser

Sur la posture actuelle de l’opposition, le ton est tout aussi tranchant. Thérèse Faye Diouf rejette une opposition de façade, limitée aux conférences de presse. « Je refuse de perdre mon temps dans des choses non productives », affirme-t-elle, assumant pleinement sa prise de distance avec certaines activités partisanes.

Derrière cette prise de parole, une réalité plus complexe se dessine : celle d’une responsable politique fidèle à son camp, mais en rupture avec ses méthodes. Thérèse Faye Diouf ne claque pas la porte. Elle alerte.

Et dans un contexte de recomposition politique, son message sonne comme un signal fort : l’APR devra se réinventer… ou risquer de se fissurer davantage.

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