Bacary Boundia Dabo, ancien Vice-président de la Gambie sous Diawara et 1er ministre des Finances de Yaya Jammeh (exilé à Londres depuis 15 ans) : «Ce serait bien et un très beau symbole si l’Etat organisait le retour de la diaspora gambienne exilée
Il n’aspire plus à rien, en tout cas à aucun poste de responsabilité dans son pays, mais au sein de la communauté de la diaspora gambienne éparpillée un peu partout en Europe, de Paris à Londres en passent par Stockholm, Bruxelles ou Berlin et surtout aux Etats-Unis d’Amérique, il fait office de «vieux» sage.
«Uncle BB Dabo» comme tous l’appellent affectueusement a mis son entregent, son expérience, son carnet d’adresses et ses réseaux au service de sa communauté pour mener le si long combat de la diaspora gambienne pour jouer pleinement sa partition dans l’alternance démocratique et pacifique survenue le 02 décembre à Banjul. Qui mieux que lui d’ailleurs Bacary Boundia Dabo ancien vice-président de la Gambie indépendante du Président Daouda Kaïraba Diawara et par ailleurs 1er ministre des finances de Yaya Jammeh fraichement arrivé au pouvoir en 1994 peut fédérer autour et contre l’homme qui l’a contraint à un exil forcé.
Bacary B. Dabo le sait, il a juste eu plus de chance que d’autres d’être parti du pays quand il fallait et pendant qu’il le pouvait encore.
Finalement la communauté de la diaspora gambienne en Europe, c’est comme une association communautaire qui s’occupe de l’accueil et de l’orientation des nouveaux arrivants (cadres gambiens fuyant la terreur de Jammeh …) pour une parfaite insertion en rapport avec leur profil et compétence d’origine en Gambie.
L’ancien Haut cadre de la gendarmerie Ibrahima Thiongane est devenu avocat établi à Londres, l’économiste fiscaliste Kemoh Barrow travaille à la bourse à Chicago, sans compter les Banka Manneh, Pape Fall, Essa Bocar Sy, Ebrahima Mboob, Pa Modou Ann tous de hauts cadres ayant servi l’administration gambienne pour ne citer que ceux là.
Et les compétences ayant fui la Gambie sont nombreuses et diverses dans un pays où faire de hautes études supérieures relevait presque de la gageure sous Jammeh. C’est fort de ce constat que l’homme que nous avons pu joindre au téléphone depuis son pays de «retraite» l’Angleterre, implore le gouvernement gambien et le tout nouveau président Adama Barrow pour «donner un signal fort à cette jeunesse instruite de la Gambie en organisant de façon symbolique le retour au bercail de ses valeureux fils ayant fui leur pays sous la menace du dictateur déchu».
Bacary Boundia Dabo nous précise d’ailleurs que la plupart de ces cadres Gambiens n’attendent rien du pouvoir (ni poste, ni sinécure encore moins de retour d’ascenseur pour leur engagement citoyen).
Notre interlocuteur s’empresse de préciser d’ailleurs que tous autant qu’ils sont, ont les moyens de rentrer par eux même et de faire leur propre business ou s’insérer en Gambie ou ailleurs comme c’est déjà le cas pour la quasi totalité des exilés. Mais, l’ancien vice-président de la Gambie indépendante insiste vraiment sur le «symbole» que ce serait pour l’unification de toutes les forces de la Nation.
Bacary B. Dabo pour sa part, même s’il est encore très jeune dans son esprit n’aspire plus qu’à une chose . . . rentrer dans son pays, retrouver ses amis au nombre desquels le patriarche Sir Dawda Kaïraba Diawara, le premier Président et père de la Gambie indépendante qui aura, comme lui, eu la chance de voir de son vivant la Gambie se libérer du règne de Yayah Jammeh qui les a tous deux contraints à l’exil.
A rappeler que l’ancien chef de l’état gambien avait été autorisé, sous le poids de l’âge et de la maladie, à revenir au bercail depuis quelques années et tenu totalement à l’écart de toute activité politique.
Abdoulaye CISSE
Correspondant à Paris Sud Quotidien