Campagne prématurée du pouvoir : la lecture de Momar Diongue
Pourquoi le pouvoir s’est-il précipitamment lancé en campagne électorale pour la présidentielle de 2019 ? Selon le journaliste Momar Diongue, l’attitude de Macky Sall et Cie s’explique doublement. « D’abord, il y a l’intervalle qui nous sépare de la présidentielle de 2019 qui n’est pas trop long : nous sommes à un an et demi de cette prochaine échéance électorale. Cela ne m’étonne donc pas que le camp présidentiel se mette déjà en ordre de bataille. Car, en réalité, même si ce délai qui nous sépare de 2019 paraît long, il faut que l’on sache que l’année qui précède une année électorale notamment présidentielle est toujours une année près campagne. Il ne faudrait pas s’étonner que dans la foulée des législatives que le camp présidentiel se lance déjà sur la présidentielle de 2019. Ensuite, la deuxième raison me semble liée à ce que je peux considérer comme quand même un choc qui a été ressenti par Benno Bokk yaakar à l’issue de ces législatives », a-t-il confié à Sud quotidien.
« Il ne faudrait pas se voiler la face, Bby se retrouve avec 125 députés à l’Assemblée nationale, on peut considérer à première vue que c’est un score très substantiel, mais tout simplement lié au mode de scrutin. Parce que si on totalise l’ensemble des suffrages qui ont été recueillis par le camp présidentiel et ceux de l’opposition, on se rend compte que si on était dans le cadre d’une élection présidentielle, le président Macky Sall ne passerait pas au premier tour. Je crois que c’est cela qui a créé un choc chez les partisans du pouvoir parce qu’ils se sont rendu compte qu’ils doivent redoubler d’effort et que la majorité confortable qu’ils croient avoir à l’Assemblée nationale est assez relative. Ils se sont rendu compte qu’ils n’avaient pas beaucoup d’écart par rapport à l’opposition », a-t-il conclu.
Lamine Sow avec Sud quotidien