Candidature de Macky Sall à l'ONU : On sent un revirement de Diomaye

09 - Juillet - 2026

La candidature de l'ancien président Macky Sall au poste de secrétaire général de l'Organisation des Nations unies (ONU) pourrait ouvrir une nouvelle séquence diplomatique pour le Sénégal. Alors que les nouvelles autorités avaient jusqu'ici observé une certaine réserve sur ce dossier, plusieurs signaux laissent entrevoir une évolution de la position officielle de Dakar, dans un contexte où les considérations diplomatiques semblent prendre le pas sur les clivages politiques.

Selon L'Observateur, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, aurait engagé des consultations avec plusieurs dirigeants de la sous-région afin d'évaluer les contours d'un éventuel soutien à cette candidature. Des échanges auraient notamment eu lieu avec les présidents de la Gambie et de la Guinée-Bissau, tandis que la prochaine venue de Macky Sall à Dakar est annoncée comme une étape susceptible de favoriser un dialogue direct entre les deux hommes. Si elle se confirmait, cette inflexion marquerait une rupture avec la prudence affichée jusqu'ici par les autorités sénégalaises. Elle traduirait également la volonté de placer les intérêts diplomatiques du pays au-dessus des divergences politiques internes.

Pour plusieurs observateurs, une candidature sénégalaise à la tête de l'ONU constitue un enjeu stratégique pour le rayonnement du pays. Régis Hounkpè, analyste cité par L'Observateur, estime que le Sénégal aurait intérêt à soutenir un ancien chef d'État postulant à une fonction aussi prestigieuse, indépendamment des considérations partisanes. Selon lui, un appui officiel de Dakar renforcerait considérablement les chances de Macky Sall de rallier d'autres soutiens, notamment au sein de l'Union africaine, mais également auprès d'autres partenaires internationaux. Au-delà de la personne de l'ancien président, cette démarche participerait au renforcement de l'image diplomatique du Sénégal sur la scène internationale.

Vers un apaisement politique ?

Le dossier pourrait également constituer un levier de normalisation des relations entre Bassirou Diomaye Faye et son prédécesseur. D'après L'Observateur, plusieurs analystes considèrent qu'un soutien officiel de l'État ouvrirait une nouvelle phase dans les rapports entre les deux responsables. L'enseignant-chercheur Demba Guèye estime qu'une telle décision produirait des effets politiques positifs, tant sur le plan national qu'international. Selon lui, une éventuelle élection de Macky Sall à la tête de l'ONU rejaillirait également sur l'image du Sénégal et, par ricochet, sur celle du président Bassirou Diomaye Faye.

L'article souligne également que certains analystes attribuent les réticences initiales autour de cette candidature au contexte politique marqué par la présence d'Ousmane Sonko au sein de l'exécutif. Pour Demba Guèye, le départ de ce dernier de la Primature aurait modifié les équilibres politiques, réduisant les tensions susceptibles d'entraver un rapprochement entre l'État et l'ancien président. Dans cette lecture, la perspective d'un soutien officiel apparaît désormais plus crédible qu'au cours des derniers mois.

Les réserves exprimées par Bassirou Diomaye Faye

Cette évolution intervient toutefois après les critiques formulées publiquement par le chef de l'État à propos de la gestion de ce dossier. Lors d'un entretien accordé à plusieurs médias sénégalais le 2 mai dernier, Bassirou Diomaye Faye avait regretté de n'avoir jamais été officiellement saisi de la candidature de son prédécesseur. « J'ai appris la nouvelle par d'autres chefs d'État, jusqu'à trois présidents », avait-il déclaré, dénonçant une démarche qui, selon lui, ne respectait pas les usages diplomatiques.

Le président avait également révélé avoir reçu un émissaire d'Afrique centrale venu évoquer cette candidature. « Je lui ai fait savoir que ce n'est pas le protocole », avait-il affirmé. Pour le chef de l'État, tout Sénégalais candidat à une haute responsabilité internationale doit préalablement informer les autorités nationales afin que l'État puisse, le cas échéant, mobiliser son réseau diplomatique en sa faveur.

À cet égard, il avait rappelé le soutien apporté à Amadou Hott lors de sa candidature à la présidence de la Banque africaine de développement (BAD), estimant que cette démarche avait été conduite dans le respect des procédures institutionnelles. « Des présidents ont voulu me mettre la pression, mais j'ai dit non. C'est une question de respect », avait encore déclaré Bassirou Diomaye Faye, tout en précisant que les relations personnelles avec Macky Sall n'avaient jamais empêché des gestes de courtoisie après l'alternance.

Il avait d'ailleurs laissé entendre qu'une démarche officielle de l'ancien président aurait pu conduire l'État à accompagner sa candidature. Au-delà de la trajectoire personnelle de Macky Sall, cette candidature apparaît désormais comme un véritable dossier de politique étrangère. Elle interroge la capacité du Sénégal à soutenir l'un de ses anciens chefs d'État dans une compétition internationale majeure tout en favorisant un climat d'apaisement sur le plan intérieur.

Si le soutien officiel de Dakar venait à être confirmé dans les prochaines semaines, il constituerait un tournant diplomatique majeur et consacrerait le retour de Macky Sall sur la scène internationale par la voie du multilatéralisme, avec l'appui de l'État sénégalais.

 

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