Cité Fayçal, Mermoz, Point-E et Fann : Des villas cédées illégalement récupérées par l’État

11 - Mars - 2025

L’État sénégalais intensifie ses efforts pour récupérer son patrimoine immobilier à travers une vaste opération menée par la Société de gestion et d’exploitation du patrimoine bâti de l’État (Sogepa).

Selon Libération, un audit accablant a révélé que 54 villas situées dans des quartiers stratégiques comme Cité Fayçal, Mermoz, Point-E et Fann Résidence avaient été cédées sous des baux emphytéotiques jugés illégaux, générant des revenus dérisoires pour l’État.

Des loyers dérisoires face à des dépenses colossales

Ces baux emphytéotiques, octroyés pour une durée de 99 ans en violation des textes en vigueur qui limitent ces contrats à 30 ans prorogeables jusqu’à 20 ans, stipulaient des loyers symboliques compris entre 60 000 et 80 000 Fcfa par mois. «À la suite d’un audit du patrimoine bâti de l’État à Dakar, la Sogepa a établi que l’État, malgré tous ses biens, payait annuellement 2 milliards de francs Cfa à des privés pour loger ses fonctionnaires. Pendant ce temps, il n’encaisse que 60 millions par an pour ses villas qu’il donne en location», indique le journal.

La Cité Fayçal au cœur du scandale

Construite dans les années 1990 par l’homme d’affaires Djily Mbaye, la Cité Fayçal avait été partiellement cédée à l’État pour loger des agents publics, des magistrats et des ministres. Sous la présidence d’Abdoulaye Wade, plusieurs occupants avaient tenté d’obtenir la cession définitive de ces villas, mais l’ancien ministre des Finances, Abdoulaye Diop, s’y était opposé, rappelant que la vente des biens de l’État nécessitait une loi.

En 2012, sous le régime de Macky Sall, une solution alternative avait été trouvée par l’attribution de baux emphytéotiques de 99 ans. Mais souligne le journal, «les contrats de bail étaient illégaux et pour cause, selon les textes, le contrat de bail emphytéotique doit être d’une durée de 30 ans prorogeable dans la limite de 20 ans et renouvelable dans cette même durée», complète Libération.

La reprise en main de la Sogepa

La Sogepa a également lancé une procédure visant à récupérer des villas vendues par arrêté à des particuliers. Un exemple frappant est celui d’une villa située en face de l’hôpital Principal de Dakar, cédée à une ressortissante étrangère pour seulement 30 millions de Fcfa, qui l’a immédiatement revendue pour la somme colossale d’un milliard de Fcfa.

Aujourd’hui, la Sogepa a décidé d’agir fermement en annulant ces contrats irréguliers et en récupérant les biens concernés. L’opération ne concerne pas seulement la Cité Fayçal, mais aussi d’autres quartiers stratégiques comme Mermoz, le Point-E et Fann Résidence. L’objectif est de réinstaller des fonctionnaires dans ces logements stratégiquement situés, afin d’alléger les charges exorbitantes supportées par l’État pour héberger son personnel.

le soleil

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