Comment Tanor Dieng et Khalifa Sall, « deux allergiques à l'éthique de responsabilité », sont en train de « démolir les fondamentaux du Parti Socialiste »
Ancien Secrétaire général de la coordination PS en France et proche de Me Aïssata Tall Sall, Birahim Camara estime que Khalifa Sall et Ousmane Tanor Dieng sont tous les deux responsables de l’ « entreprise de démolition des fondamentaux du parti socialiste ». Il réclame « la tenue d'un congrès extraordinaire de clarification pour définir de nouvelles orientations et d'autres stratégies pour remettre le parti sur des rails solides ».
Ensemble, Ousmane Tanor Dieng, Secrétaire Général et Khalifa Sall, Secrétaire National à la Vie du Parti Socialiste du Sénégal ont soviétisé l'organisation et le fonctionnement de la formation léguée par L. S. Senghor.
Ensemble, ils ont tué le débat démocratique, marque de fabrique du parti qui a bâti l'état de droit et initié la démocratie sénégalaise.
Ensemble ils ont mis entre parenthèses les valeurs, les idéaux et l'identité socialistes qui distinguaient le parti socialiste des autres formations politiques.
Ensemble, ils ont entouré la gestion des biens du parti avec une opacité sans nom en refusant tout bilan aux militants dans les instances régulières.
Ensemble, ils ont tripatouillé les textes principaux du parti socialiste devenu une propriété privée du cercle très restreint qu'ils ont formé.
Les instances de direction et de décision ont été muselées et vidées de leurs pouvoirs.
Séparés Ousmane et Khalifa ont tué tout espoir de reconquête démocratique du pouvoir au Sénégal par le parti socialiste.
A couteaux tirés aujourd'hui, ils n'éprouvent aucune gêne à sacrifier l'avenir des générations actuelles qui ont tout donné par leur courage, leur détermination et leurs convictions en empêchant Maitre Abdoulaye Wade de réussir son objectif machiavélique: la mort du parti socialiste.
Désolidarisés, ils ont éteint la lueur d'espoir qui aurait dû éclairer et guider les militants socialistes en direction des prochaines échéances législatives et présidentielle prévues pour 2017 et 2019.
Le parti socialiste est devenu honteusement un espace d'injures et d'actes barbares indignes qui ternissent notre commune image devant le peuple sénégalais.
Ils n'auront pas le pardon ni la clémence des militants déçus et déboussolés par le comportement condamnable des dirigeants qui ne sont préoccupés que par leurs propres intérêts.
Depuis 2000 le parti socialiste, qui est entre les mains de ces deux allergiques à l'éthique de responsabilité, a perdu son âme. Son calendrier est manipulé sans raison valable ni objective.
Le comité central et le bureau politique ne se réunissent plus comme l'exigent les statuts et le règlement intérieur.
Les coordinations et les unions régionales sont inexistantes, l'école du parti ne répond plus aux sirènes, le conseil national a été supprimé au profit de structures inutiles et inefficaces créées pour servir les amis et proches
Le maintien du mouvement national des femmes et du mouvement des jeunesses féminines n'est-il pas contraire à l'esprit et la lettre de la parité?
Pourquoi tant de considération pour ce qui reste de la CNTS au détriment des dizaines de milliers de paysans, de pasteurs et autres pêcheurs qui constituent le véritable et naturel socle du parti socialiste?
Pourquoi loger Vision Socialiste aux côtés du Réseau des Universitaires? Les uns sont-ils supérieurs aux autres?
Au nom de quoi et de qui maintient-on des instances aussi obsolètes que les unions régionales en déphasage avec la nouvelle configuration administrative nationale?
La création du Secrétariat Exécutif National n'a été imposée que pour museler les militants hostiles à toute forme de centralisme ou opposés à toute pensée unique.
En clair la responsabilité de Khalifa Sall est égale à celle de Ousmane Tanor Dieng dans cette entreprise de démolition des fondamentaux du parti socialiste.
C'est pourquoi nous déclarons les deux compères disqualifiés pour représenter le parti socialiste à toutes les consultations nationales et républicaines.
Leur départ des instances dirigeantes sera l'occasion à saisir par les militants pour moderniser l'organisation et le fonctionnement du parti socialiste en état de décomposition très avancée si nous voulons rebondir après 2019.
En effet force est d'admettre que notre formation n'a aucune chance d'être majoritaire dans la future Assemblée nationale ni de mettre un terme au magistère du président Macky Sall en 2019.
Ces deux missions sont impossibles à réaliser compte tenu de la profondeur du fossé qui nous sépare des dirigeants au sommet du parti.
Le parti socialiste ne survira pas en éparpillant ses rangs entre BBY et une autre coalition. C'est une évidence à accepter avec réalisme et courage.
Le mal est profond pour être minimisé.
Les comités, les sous-sections, les sections et les coordinations socialistes sont dégarnis voire vidés de toute substance sur la surface du territoire national.
La démotivation et l'inertie font des ravages dans les rangs du parti socialiste. La transhumance tente les derniers mohicans dépités par une crise volontairement entretenue par cette querelle qui grandit l'ire des militants.
La situation est pire en France où la coordination ne mène plus une activité sérieuse depuis le mois de mai 2009.
Les historiques militants tombent, chaque jour en masse dans les larges filets de l'APR /France, première force politique (100 sections) coordonnée par Demba Sow au service exclusif du Président de la République.
La dernière née essore toues les autres formations politiques sénégalaises de France.
Chaque jour qui passe est une occasion pour Demba Sow, le syndicaliste devenu le responsable politique sénégalais le plus en vue en France, pour arracher au parti socialiste des militants.
Il ne se passe pas une fin de semaine ni un jour férié sans que le coordonnateur de la DSE ne visite plusieurs localités (foyers et cités) au moment où Khalifa Sall tente d'exporter le conflit qui l'oppose à Ousmane Tanor Dieng.
Nous refusons d'être les complices des camarades qui optent pour le fractionnement du parti socialiste pour des raisons d'égo ou crypto personnelles.
Nous demandons la tenue d'un congrès extraordinaire de clarification pour définir de nouvelles orientations et d'autres stratégies pour remettre le parti sur des rails solides.
Nous comptons en notre sein des camarades de valeur qui mesurent le sens de l'éthique de conviction et de responsabilité.
BIRAHIM CAMARA
Ancien Secrétaire général de la coordination de France
du PS