Côte d’Ivoire: Laurent Gbagbo accuse la France d’avoir saboté sa présidence

07 - Juin - 2017

Laurent Gbagbo est toujours aussi accusateur vis-à-vis de la France. Incarcéré depuis six ans à la Cour pénale internationale, l'ex-chef de l'Etat est notamment accusé de crimes contre l'humanité. Dans une interview exclusive au journal en ligne Mediapart, il affirme que c'est la France qui l'a renversé et qui est responsable de son sort.

Après six ans d'incarcération à La Haye, Laurent Gbagbo n'en démord pas : la France a toujours tiré les ficelles pour lui nuire. Dans une interview pour le journal en ligne Mediapart, il explique « avoir su depuis le début » que Paris était derrière la rébellion de 2002 et que son président de l'époque, Jacques Chirac, jouait double jeu.

Silvio Berlusconi, président du Conseil italien de l'époque, l'aurait averti que le chef de l'Etat français « lui planterait un couteau dans le dos ». En 2003, aux accords de Marcoussis, la France lui aurait imposé des ex-rebelles dans le gouvernement. « Je me suis retrouvé avec des ministres illettrés », raconte l'ancien chef d'Etat.

Même chose sous Nicolas Sarkozy. Selon lui, la présidentielle de 2011 était un prétexte pour faire gagner Alassane Ouattara, soutenu par Paris depuis 1989. L'entreprise française Sagem aurait été imposée par Paris pour les opérations techniques, sous-entendu pour organiser une fraude. Laurent Gbagbo accuse même les Français d'avoir levé des mercenaires dans la région et promis 12 millions de francs CFA à Alassane Ouattara et son équipe s'ils réussissaient à le faire chuter.

Laurent Gbagbo se dit « otage » et non prisonnier

Au cœur de ses accusations : le néocolonialisme de Paris. Laurent Gbagbo était, selon lui, « trop indépendant » vis-à-vis de Paris. « Si on se passe des Français, c'est comme si on les agresse. La France veut dicter la voie à suivre à la Côte d'Ivoire », reproche-t-il. Il aurait même déclaré à Jacques Chirac en 2006 : « Je ne suis pas un sous-préfet ».

Laurent Gbagbo accuse Paris d'avoir voulu « étouffer » les Ivoiriens après l'adoption d'un budget limitant les aides extérieures, pour n'avoir rien à demander à personne, dit Laurent Gbagbo. Il aurait aussi été puni pour avoir acheté des armes à la Libye et l'Angola.

Aujourd’hui, Laurent Gbagbo ne dit pas être un prisonnier mais un « otage », « pour permettre à Alassane Ouattara d'être à la présidence » et aux Français de garder la mainmise sur le pays, notamment grâce au franc CFA et à son armée.

rfi

Commentaires
0 commentaire
Laisser un commentaire
Recopiez les lettres afficher ci-dessous : Image de Contrôle

Autres actualités

18 - Juillet - 2026

Revue de presse: les journaux du week-end s’attardent sur la visite éclair de Macky Sall à Dakar

Les publications du week-end reçues à l’APS ont traité en priorité le bref séjour de l’ancien président de la République du...

18 - Juillet - 2026

Macky Sall “a informé de vive voix” le président Faye de sa candidature au poste de SG des Nations-Unies (officiel)

Le président Bassirou Diomaye Faye a reçu, vendredi dans l’après-midi, au palais de la République, son prédécesseur, Macky Sall, venu ”...

18 - Juillet - 2026

Bassirou Diomaye Faye a quitté Dakar à destination de Freetown, hôte d’un sommet de la CEDEAO (officiel)

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a quitté Dakar samedi à destination de Freetown, la capitale de la Sierra Leone, qui abrite durant le week-end la...

18 - Juillet - 2026

MACKY SALL A DAKAR : ENTRE AMBITION ET RECONCILIATION

Après plus de deux ans d'absence, Macky Sall a retrouvé hier vendredi 17 juillet 2026, le sol sénégalais pour une visite aussi brève que lourde de symboles....

18 - Juillet - 2026

L’AMALGAME COMME STRATEGIE : LE DERAPAGE DE TROP DE SONKO

À défaut de convaincre par le bilan, Ousmane Sonko semble désormais miser sur la provocation. Ses déclarations, perçues comme visant Touba et la...