CRISE A LA DSE FRANCE: MACKY SALL COUPE LA POIRE EN DEUX
Le président de la République a reçu des militants APR de la diaspora (France), dimanche 12 août, chez le ministre conseiller Malick Gaye, aux Almadies. Au menu de la rencontre : la crise qui sévit dans son parti en France suite à l’élargissement du bureau de la DSE. Visiblement décontracté, en dépit de la gravité de la situation, Macky Sall a tenté d’éteindre l’incendie en coupant la poire en deux. Ahmeth Sarr n’a pas raison d’élargir le bureau en l’absence d’une partie des responsables du parti, mais ceux qui répondent par des critiques virulentes ont eux aussi tort. C’est ainsi que le patron de l’APR a tranché. Sans le dire explicitement, et au vu de ses réactions suite à certaines explications données par des orateurs, on peut parier que Macky Sall demandera que des réaménagements soient apportés dans la composition du bureau. Le patron de l’APR a aussi demandé à ses militants de France de taire les querelles et de se mobiliser pour lui assurer la victoire au soir du 24 février. En exclusivité, Infos15 vous livre le discours du président Sall.
Je voudrais d’abord vous saluer, toutes et tous, et remercier notre hôte, El Hadji Malick Gaye, pour sa disponibilité, son engagement et ses capacités de conciliation dans la résolution des crises qui arrivent dans le parti au quotidien(…) J’ai tenu à lui rendre cette visite aujourd’hui parce que j’étais venu ici en 2011 et je lui avais promis de revenir, mais vraiment de façon très simple, en famille, le saluer lui et les membres de sa famille. Mais surtout en l’appelant hier, j’étais au courant de quelques soubresauts qui se sont passés en France après une modification du bureau de la DSE. Et je lui ai dit s’il pouvait appeler les camarades pendant que je suis à la maison, ce sera l’occasion pour moi d’adresser quelques messages.
« C’est vraiment faire du sabotage que d’étaler la situation du parti dans la presse et dans les réseaux sociaux. »
Mais je voudrais d’abord commencer par vous remercier pour votre engagement, pour les sacrifices que vous consentez au quotidien pour la réussite de notre parti, mais surtout pour la victoire du président de la République que je suis. Mais en même temps, il est important que vous puissiez prendre conscience des enjeux du moment lesquels doivent élever tous les responsables et tous les militants au dessus des contingences partisanes. (…) De grâce, il faut abandonner tout ce qui peut nous divertir …Il faut laisser tomber la presse et les réseaux sociaux où les gens se défoulent à longueur de journée pour exprimer des états d’âme (…) Les réseaux sociaux ne sont pas un bon instrument de communication politique, on ne peut pas régler les problèmes dans la presse. Et c’est vraiment faire du sabotage que d’étaler la situation du parti dans la presse et dans les réseaux sociaux. Les journalistes vont toujours essayer d’avoir du contenu en faisant parler les gens. Du coup, on occupe la presse et on agace les Sénégalais. Parce que ce n’est pas ce qu’ils attendent de nous. Ce que les Sénégalais attendent de nous, c’est l’unité, une action forte auprès des Sénégalais qui vivent en France dans les foyers dans les domiciles, dans les lieux de travail, c’est cela le vrai travail, ce n’est pas de dire : « Oui, telle personne a fait de la dictature. »
Ce que Macky Sall a dit à Ahmeth Sarr
J’ai appelé Ahmeth Sarr pour lui dire que j’avais appris les réactions suite au bureau qu’il a aménagé. Il m’a dit : « M. le Président, j’ai exactement fait ce que vous m’aviez demandé de faire. » je lui ai dit : « Qu’est-ce que je vous ai demandé de faire ? » Il m’a répondu : « Vous m’aviez demandé d’élargir et de ne toucher à personne parmi les membres qui étaient présents dans le bureau. » Je lui ai dit que même si cela a été fait, il fallait le faire lors d’une assemblée générale…
Les quatre vérités de Macky Sall aux pourfendeurs de Ahmeth Sarr
Les gens ont la liberté d’exprimer leurs opinions, mais ce n’est pas une raison pour que chacun dise : « Moi je quitte le bureau ; moi je vais faire ceci ou cela. » Ce n’est ni acceptable ni raisonnable ! A six mois de l’élection présidentielle, vous devez vous inscrire dans des dynamiques unitaires car vous êtes plus forts en France tout le monde le sait. Mais aujourd’hui, vous êtes dans de faux problèmes, il faut que les gens s’oublient un peu ! Qu’ils mettent devant le président de la République ! Même si quelqu’un fait des bêtises, vous le dites : « Ce n’est pas normal, mais nous allons voir ça après. Pour le moment, concentrons-nous sur le travail.»
L’éloge de l’unité
Vos avez commencez le parrainage, élaborez un programme commun et faites des visites de proximité ; continuez les tournées que vous avez entamées après mon départ de la France. Mais c’est ça le travail, ce n’est pas le fait d’être là en train de parler de bureau. J’ai dit à Ahmeth qu’il n’y a pas que l’APR. Il y a aussi Benno et les mouvements de soutien. Des catégories qui peuvent nous accompagner. Donc arrêtez de vous enfermer dans le parti. Le parti, seul, ne peut pas élire le président de la République. Ce n’est pas suffisant pour avoir 50% alors que nous nous voulons gagner au moins avec 65%. C’est cela l’objectif. Sur six millions cinq cents mille électeurs, il faut au moins en avoir deux millions cinq cents mille. Ce n’est pas simple et ce n’est pas dans des querelles que nous allons atteindre notre objectif. Donc, il est temps que s’arrêtent les querelles !
Si je saute, vous sautez !
Le président a beaucoup fait pour vous, en guise de reconnaissance, il est temps que vous réfléchissiez sur les stratégies que vous devez mettre en place pour gagner.(Phrase dit en Wolof, ndlr). Même animé des meilleures intentions, on ne peut pas satisfaire tout le monde, mais on essaiera toujours de faire de notre mieux. Donc, unissez-vous, donnez-vous la main et arrêtez vos querelles. Si les problèmes persistent dans le parti, c’est moi qui en serai la victime. Sirah Baldé a perdu son époux, il fallait la soutenir, il fallait être à ses côtés. Elle vient aussi à Dakar, personne ne prend l’initiative d’aller lui présenter ses condoléances. Je comprends qu’elle décide de nous quitter (mais ?) je lui ai parlé. Il faut que ces genres de comportements s’arrêtent dans le parti. Il faut que les membres du parti soient solidaires, entretiennent des relations de fraternité…Nous avons un destin en commun ! Il nous faut rebâtir les relations, le parti doit être ouvert. L’APR n’appartient à personne. Ce n’est pas une affaire d’anciens ou de nouveaux ! Attention : si on parle de ministres, de directeurs généraux etc., c’est parce que le président est en place. (…) Donc arrêtez les querelles et travaillons car nous voulons réaliser un « coup -KO». Un parti politique n’est pas une armée. Moi-même, en tant que président de la République, je passe tout mon temps à parler, à négocier. Parfois tu attends des choses qui ne te plaisent pas, mais tu fermes les yeux. Il faut que les uns et les autres soient tolérants. Et sachez que l’opposition ne cherche qu’à vous diviser. Celui qui sabote, laissez-le et continuez le travail. Moi, je vois tout et je sais qui fait quoi.
Donc continuez le travail, car les résultats de la France déterminent ceux du Sénégal. Si on annonce que nous y avons gagné avec 70%, c’est qu’au Sénégal aussi le match sera plié. Il faut redoubler d’efforts car les résultats des élections législatives ne sont pas satisfaisants, vous n’avez pas plus de 42%. Et puis, il n’y a pas eu beaucoup de votants. Il faut aller voir les gens dans les foyers, dans les universités…J’ai appelé Emile hier (samedi, ndrl) pour lui dire : « Investissez les universités, rencontrez les étudiants car vous assez un bilan à leur présenter. C’est ça le combat. »
Je vous demande, après cette rencontre, de faire une déclaration pour annoncer votre engagement de travailler main dans la main pour la réélection du président de la République.
Recueillis par Cheikh Sidou SYLLA