Crue dévastatrice au Népal et au Tibet: les secours à la recherche de plus d'un millier de disparus

27 - Août - 2026

Les secours multiplient les efforts ce jeudi matin pour retrouver plus d'un millier de disparus, dont des centaines de touristes étrangers, après la crue dévastatrice qui a fait mercredi au moins 165 morts à la frontière entre le Népal et le Tibet, un territoire chinois.

Vingt-quatre heures après son passage, les autorités népalaises sont jeudi matin sans nouvelle de 823 personnes, selon un décompte de l'autorité népalaise en charge des situations d'urgence. Parmi eux figurent 517 ressortissants étrangers. De l'autre côté de la frontière, les médias d'État chinois ont rapporté que 558 personnes, dont 260 étrangers, étaient toujours disparues après le passage des « torrents de boue » qui ont enseveli Gyirong Port.

Dans un premier temps, les médias d'État chinois ont fait état d'un glissement de terrain du côté tibétain de la frontière, près du poste-frontière de Gyirong situé à 1 800 m d'altitude, évoquant 3 morts et 265 disparus. Puis le Népal a à son tour été touché, la crue balayant la vallée de la rivière Trishuli dans le district de Nuwakot au nord de Katmandou, et celle de la Bhotekoshi à l'est de la capitale.

De nombreux étrangers parmi les disparus
Un grand nombre de personnes disparues sont des touristes étrangers, et le bilan ne cesse de grimper. En Chine, 558 personnes sont portées disparues, dont 260 étrangers. Les autorités népalaises ont affirmé ce jeudi être sans nouvelles jeudi de 517 touristes étrangers, selon un nouveau décompte du bureau népalais du tourisme. Parmi ces ressortissants étrangers figurent 178 Indiens, 65 Américains, 53 Ukrainiens, 51 Malaisiens, 33 Britanniques, 25 Canadiens, 15 Australiens et 12 Israéliens, a détaillé le bureau. Quatre Français seraient également portés disparus.

Au cœur de l'Himalaya, le Népal est très prisé des randonneurs et alpinistes du monde entier, qui veulent notamment gravir le mont Everest. Dans une vidéo de surveillance vérifiée par l'AFP, un bâtiment imposant de plusieurs étages ainsi que des personnes qui tentent de fuir sont soudainement engloutis par un torrent très puissant. Une autre, également authentifiée, montre une vague gigantesque, comparable à un tsunami, s'abattre sur un parking en surplomb d'une rivière paisible quelques instants plus tôt, balayant des autocars et un bâtiment avec une force dévastatrice.

Le Premier ministre népalais, Balendra Shah, a appelé mercredi la nation himalayenne à « rester unie ». « L'État est à vos côtés avec tous ses moyens et ressources », a-t-il assuré.

Côté chinois, la télévision publique CCTV a également montré des eaux tumultueuses charriant des branches et des débris, ainsi qu'une route inondée. Près de 800 secouristes et 150 véhicules ainsi que des chiens renifleurs et des vedettes ont été déployés pour participer aux opérations de sauvetage, selon l'agence officielle Chine nouvelle.

Fait rare, le président chinois Xi Jinping s'est exprimé peu après la catastrophe, soulignant que « la priorité absolue est la mobilisation de tous les moyens pour rechercher et secourir les personnes disparues, évacuer et reloger les habitants en danger, soigner rapidement les blessés et réduire au maximum le nombre de victimes ».

« Des villages entiers ont été rayés de la carte »
Côté népalais également, les forces de l'ordre poursuivent les évacuations des familles vivant dans les zones inondables et les secouristes continuent de rechercher des survivants au milieu de la boue et des débris, après que des torrents d'eau boueuse ont enseveli les étages inférieurs de bâtiments de plusieurs niveaux.

« Des villages entiers et des marchés ont été rayés de la carte », a déclaré David Fisher, responsable au Népal de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR). L'organisation a indiqué acheminer du matériel d'urgence, notamment des couvertures, des trousses de premiers secours, des brancards et des housses mortuaires.

Selon le ministre népalais des Affaires étrangères, Shishir Khanal, le cours d'une rivière pourrait avoir été obstrué avant de se libérer brutalement, entraînant une soudaine et puissante montée des eaux en aval. Selon l'Autorité nationale de réduction et de gestion des risques de catastrophe, des données satellitaires de Planet Labs laissent penser qu'un « glissement de neige et de roches » à la frontière sino-népalaise pourrait avoir déclenché la crue.

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