Diomaye-Sonko : le coup de Jarnac porté sur le dos des 54 % des Sénégalais

26 - Mai - 2026

L’espoir était permis de voir ces deux acteurs déployer, à leur corps défendant, une certaine intelligence politique, certes pour une cohabitation de façade, afin de préserver ce duo en attendant 2029.

Malheureusement, il n’en a rien été. Le tandem a opté pour une rupture brutale, imposée par un Premier ministre libertaire et imprévisible. Cette situation politique crée un climat anxiogène et soulève de nombreuses questions sur leur avenir politique. On pouvait s’y attendre, cette confrontation évoque une tragédie déjà racontée dans l’histoire politique du Sénégal. Mais cette fois, les protagonistes sont condamnés à réussir ensemble ou à échouer séparément.

En deux ans au pouvoir, l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko est revenu par la voie des urnes pour affronter la réalité du fonctionnement de l’État, qu’il avait quitté suite à un décret présidentiel signé par Macky Sall en 2016. La période de chômage qu’il a traversée a fortement impacté le service public qu’il incarna.

Le couple exécutif disposait des pouvoirs, des atouts et des moyens pour mettre en œuvre une vision programmatique. Mais, jusqu’à aujourd’hui, cette vision reste surtout théorique. Sur le terrain, Ousmane Sonko a peiné à concrétiser ses solutions, codécrites avec Diomaye dans leur livre-programme "Solutions". Le Sénégal qu’il décrivait dans son projet de gouvernance s’avère être un échec flagrant, tant il a brillé en discours qu’en résultats concrets.

Le leader du Pastef s’est illustré davantage par des déclarations libertaires, parfois déstabilisantes, que par des actions concrètes. Ses prises de parole ont souvent heurté les hauts fonctionnaires, les bailleurs de fonds, les investisseurs et nos institutions, qui sont pourtant les piliers de notre République.

Un Premier ministre qui s’arrogeait, de façon verbale, tous les rôles, a contribué à affaiblir l’institution présidentielle incarnée par Bassirou Diomaye Faye. La justice a souvent été victime de ses humeurs changeantes, et la gouvernance a été mise à rude épreuve, avec certains ministres n’hésitant pas à lui lancer des piques lors de ses sorties médiatiques, sous le regard hébété du président de la République, dépassé et désemparé.

Ce spectacle dégradant a nui à l’image de notre République, pourtant promise à une profonde restructuration par le tandem Sonko-Diomaye, dans la continuité de Macky Sall.

Le président Diomaye Faye a tardé à mettre fin à cette désastreuse récréation, contribuant lui aussi à plonger notre pays dans une crise profonde.

Pendant ce temps, les Sénégalais, impuissants, assistent à la dégradation de leurs conditions sociales, économiques et financières, qui s’est accentuée jusqu’à atteindre le sous-sol.

Quant à Sonko, évincé du pouvoir exécutif par son « frère siamois » Diomaye, il ne manque pas d’adopter la stratégie de la victimisation, de se martyriser, et de semer la confusion. Le récit qu’il construit tourne toujours autour de la même idée : ce ne sont jamais lui, mais toujours les autres, qui sont responsables de ses échecs.
KMNGN

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