DPG : UNE DECLARATION LUCIDE, MAIS DES RESULTATS ATTENDUS

09 - Septembre - 2026

La Déclaration de politique générale du nouveau Premier ministre était attendue. Après près de trente mois de pouvoir, les Sénégalais n’attendent plus seulement des annonces, mais des résultats.

Il faut reconnaître au Premier ministre le mérite d’avoir tenu un discours lucide sur la situation du pays : contraintes financières, poids de la dette, difficultés du secteur privé, retards de paiement de l’État et lenteur de l’exécution publique.

Un opposant responsable ne conteste pas une vérité parce qu’elle vient du pouvoir. Mais cette lucidité soulève une question : qu’est-ce qui va réellement changer ?

Le nouveau Premier ministre succède à Ousmane Sonko. Il ne peut être tenu personnellement responsable de tout le bilan du précédent gouvernement. Mais il n’arrive pas non plus de l’extérieur. En tant que secrétaire général du Gouvernement, il a participé au fonctionnement de l’appareil d’État et à l’organisation de l’action gouvernementale.

Son arrivée à la Primature ouvre donc une nouvelle étape, mais ne remet pas les compteurs à zéro.

Changer de méthode peut être nécessaire. Mais une méthode n’est pas un simple outil technique : elle détermine les priorités et la capacité de l’État à transformer ses engagements en résultats. Après près de trente mois, il est donc légitime de demander ce qui n’a pas fonctionné et ce qui changera concrètement.

Sur la dette et les relations avec le FMI, le discours du Gouvernement paraît aujourd’hui plus réaliste. Il faut le reconnaître. Mais les réformes annoncées auront un coût et les Sénégalais ont droit à la vérité sur les efforts qui leur seront demandés.

Le redressement des finances publiques ne doit pas faire payer aux ménages modestes, aux classes moyennes fragiles et aux petites entreprises le prix des erreurs et des retards de l’État.

L’opposition que nous voulons incarner ne sera pas une opposition du refus systématique. Nous soutiendrons ce qui sert l’intérêt général, nous critiquerons ce qui nous paraît injuste ou inefficace et nous proposerons des alternatives.

Un nouveau Premier ministre peut donner une nouvelle impulsion. Nous lui souhaitons de réussir, car la réussite du Sénégal est l’affaire de tous.

Mais désormais, les Sénégalais jugeront moins les discours que les résultats.

Ibrahima Thiam
Président du parti ACT

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