DSE APR DE FRANCE : CE QU’IL FAUT RETENIR DE LA CONFERENCE DE PRESSE DE MOISE SARR
Macky Sall prendra-t-il le risque de confier la DSE APR de France à un responsable autre que Moïse Sarr ? C’est une question on ne peut plus légitime au vu de l’élan de sympathie et de soutien dont il bénéficie auprès des militants (la COJER, la CCR, des mouvements de soutien, les femmes…). La preuve, il a récolté trente-six parrainages, le trente septième est arrivé après le dépôt de son dossier au niveau de la Comité ad hoc.
En tout cas, « une méthode a été choisie, c’est le système des parrainages. Et si on poursuit la réflexion en suivant une certaine logique, (référence à la théorie de la représentation de Thomas Hobbes) quand un coordinateur de section donne son parrainage, il parle et agit au nom des autres militants. Si on poursuit encore la réflexion, on peut dire que les parrainages font foi. Et à partir de là, je pense que celui qui a plus de parrainages pourra légitimement être désigné par les militants comme le coordinateur de la DSE APR de France », a théorisé Ibrahima Mbodj, l’un des soutiens de Moïse Sarr, lors d’une conférence de presse, samedi 16 décembre, à Paris.
Mieux, « il y a des sections qui ont voté pour départager deux ou trois candidatures. C’est l’expression de la base », s’est félicité Moïse Sarr.
En pole position pour succéder à Demba Sow, le candidat de la base (si on se réfère au nombre de parrainages obtenus) a laissé entendre qu’il ne donnerait l’occasion à personne de lui voler sa victoire. D’où la mise en garde, à peine voilée, qu’il a adressée au Comité ad hoc. « Dans un (…) contexte où les candidats ont déposé leur dossier de candidature et affiché leurs ambitions, nous devons disposer de toutes les garanties de transparence et d’impartialité du Comité ad hoc, a-t-il d’abord dit.
Dés lors, a-t-il ajouté, je l’invite et l’encourage à communiquer très rapidement et clairement sur le suivi des parrainages et son cahier des charges pour édifier les différents acteurs que sont les candidats, les militants et les sympathisants.
Devenant plus ferme dans son propos, Moïse ajoutera : Autant nous sommes ouverts à tout consensus profond, sincère et constructif car tenant compte de la réalité du terrain autant nous nous opposerons à toute manipulation. »
Sera-t-il désigné ou élu ? Une chose est sûre, Moïse Sarr ne veut pas hériter d’une DSE abîmée par l’atrocité de la guerre de succession. « Nous avons un parti, l’enjeu est énormissime alors que le temps qui nous est imparti n’est pas très long. Nous ne devons pas abîmer le parti », a-t-il dit.
C’est la raison pour laquelle il a lancé un appel solennel pour l’adoption, le plus rapidement possible, de la meilleure formule pour départager les concurrents. « Je veux un consensus fort, sincère et constructif. Je ne veux pas un consensus mou et gluant. Il ne servira à rien. Au premier virage, comme disait Chirac (l’ancien président français, Ndlr), il sera pschitt », a-t-il ajouté.
Les premiers éléments factuels le place incontestablement loin devant ses concurrents, cependant Moïse Sarr n’entend pas les écraser. Au contraire ! Il veut tirer profit du savoir-faire de chacun d’eux. « Pour diriger ce parti (DSE/France, Ndlr), a soutenu le conférencier, on a besoin de tout le monde. J’ai besoin de ces hommes et femmes dans le respect et la confiance. Ils auront toute leur place. Je pense que nous devons bâtir une équipe solide qui intègre tout le monde. Nous ne sommes pas des adversaires car nous sommes dans le même parti. Concurrents d’un jour, partenaires pour toujours, devrais-je dire ». Il promet d’ailleurs de rencontrer tous les candidats pour discuter avec eux.
En attendant, il leur a lancé un appel solennel pour qu’ils se joignent à lui. Tous sans exception : Badou Sow, Talla Daff, Ahmeth Sarr, Ousmane Bob, Souleymane Diallo, Lansana Koïta, Baba Dème, Caroline Conteh et Demba Sow.
Il a aussi tendu la main à Niba Sène, Malick Gaye, Mamadou Talla et Samba Koïta. « Je veux que toutes les forces qui peuvent nous aider à atteindre nos objectifs soient à nos côtés», a-t-il précisé.
C’est un truisme. Tous les militants et responsables APR de France ne veulent pas le voir à la tête de la DSE. Alors pour l’affaiblir, certains véhiculent une rumeur dont les conséquences peuvent saper gravement l’unité du parti. A les en croire, Macky Sall ne confiera pas la DSE/France à un responsable qui n’appartient pas à l’ethnie Al Pulaar. Invité à donner son avis sur l’utilisation de cette arme non-conventionnelle, il a répondu : « Je les (ceux qui distillent cette rumeur, Ndlr) laisse avec leur conscience (il répète trois fois). Personne ne va m’attirer dans ce débat qui est très, très bas et abject. Regardez, sur les huit sections de la Normandie, les six sont avec moi. Et je ne suis pas sûr qu’un autre candidat puisse avoir le reste. Regardez, tout le monde qui est là, c’est cela la force de notre alliance. »
S’appuyant sur le cousinage à plaisanterie entre Sérère (son ethnie) et Al Pulaar, Moïse Sarr dira : « En plus, je suis le roi des Pulaar. »
Cheikh Sidou SYLLA