ELECTIONS MUNICIPALES À MANTES-LA-JOLIE: MA LIBERTE DE CHOIX, FACE AUX PRESSIONS IDENTITAIRES (PAR FATY DIA)
Les élections municipales sont, par essence, un moment fort de la vie démocratique. À Mantes-la-Jolie, la récente victoire d’Adama Gaye face au maire sortant Raphaël Cognet en est une illustration éclatante. Une victoire nette, obtenue dans les urnes, qui témoigne de la vitalité démocratique française. Elle mérite, à ce titre, d’être saluée sans ambiguïté.
Mais une élection ne se juge pas seulement à son résultat. Elle se juge aussi à ce qu’elle révèle, et parfois à ce qu’elle libère.
A la proclamation de cette victoire, des comportements inacceptables ont émergé. Des huées, des insultes visant les vaincus, comme si gagner donnait le droit d’humilier. Et pour certains, la ligne rouge a été largement franchie.
Je veux ici témoigner personnellement. Depuis cette élection, je reçois sur mon téléphone des messages et des vidéos d’une violence inouïe. Des insultes, des propos dégradants, des mots que je n’aurais jamais imaginé entendre un jour, me traitant de « pute » ou de « collabo », simplement parce que je n’ai pas soutenu Adama Gaye. Voilà où nous en sommes.
Mon seul “tort” serait donc de ne pas avoir voté selon une supposée solidarité d’origine ? D’avoir exercé mon libre arbitre ?
Je le dis avec clarté : le vote n’est ni communautaire ni ethnique. Il est un choix libre, personnel, fondé sur des convictions. Je suis mantaise, j’y vis, j’y élève mes enfants, et mon engagement politique ne date pas d’hier. Il est le fruit d’un parcours, de valeurs, et d’une vision — pas d’une assignation identitaire.
Ce qui est profondément inquiétant, c’est de voir émerger une forme de pression sociale et morale qui cherche à dicter les choix politiques en fonction des origines. Comme si certains avaient le droit de décider pour les autres. Comme si penser autrement devenait une trahison.
Comment ne pas s’interroger lorsque ceux qui dénoncent le racisme en viennent à reproduire des logiques d’exclusion ? Comment accepter que l’on combatte une injustice en en installant une autre ?
Il faut aussi rappeler une évidence : Raphaël Cognet ne s’est jamais présenté sous une bannière extrémiste. Les amalgames faciles et les accusations infondées n’élèvent pas le débat, ils l’abaissent.
Ces dérives sont dangereuses. Elles nourrissent un climat de tension et offrent un terrain fertile aux extrêmes, notamment le Rassemblement National, qui prospèrent précisément sur les fractures et les oppositions identitaires.
Mantes n’est malheureusement pas un cas isolé. Dans d’autres villes, des phénomènes similaires apparaissent. Il est urgent de réagir, de poser des limites, de refuser la banalisation de ces comportements.
La démocratie ne se résume pas à gagner une élection. Elle implique aussi le respect de l’autre, l’acceptation du pluralisme, et la dignité dans la victoire comme dans la défaite.
Je refuse de me taire face à ces dérives. Parce qu’au-delà de ma personne, c’est une certaine idée de la République qui est en jeu.
Une République où chacun est libre de ses choix. Sans pression. Sans injures. Sans peur.
Faty DIA
courage seydi dia
Un grand soutien pour ce témoignage courageux. Merci de rappeler que le vote est un choix libre et personnel, loin de toute pression identitaire. La démocratie, c'est avant tout le respect de l'autre. ?
Bravo Faty. Je suis de tout cœur avec toi et entièrement en accord avec tes propos. L’adhésion à un parti politique ne saurait se résumer à une question identitaire. Nous sommes des citoyens libres et capables de penser par nous-mêmes, et c’est ce qui fait tout le charme de la démocratie. Force à nous.