EN DIRECT - Primaire de la droite : "Une dynamique puissante est enclenchée", assure Fillon
Selon les résultats de plus de 8.700 bureaux de vote, François Fillon est arrivé en tête de la primaire de la droite, devant Alain Juppé et Nicolas Sarkozy. L'ancien chef de l'État a reconnu sa défaite avant même que tombent les résultats définitifs.
Après des mois de campagne, les deux finalistes de la primaire de la droite sont connus. Doté d'une confortable avance, François Fillon s'est qualifié. Il est suivi d'Alain Juppé. Nicolas Sarkozy, lui, a reconnu sa défaite peu après 22 heures. Après une journée de scrutin marquée par une participation spectaculaire, le dépouillement a commencé dans les 10.228 bureaux de vote, qui ont fermé à 19 heures.
Longtemps, les deux premières places étaient promises à Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, mais François Fillon a fait une remontée spectaculaire ces derniers jours, qui lui permet aussi légitimement d’espérer. Et les premiers résultats confortent cet espoir, puisque l'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy est loin devant, avec 43,7% des voix. Il devance donc Alain Juppé (27,8%) et l'ancien chef de l'État (21,7%). Mais ces résultats sont très provisoires, ne concernant que 8.700 bureaux de vote sur plus de 10.000.
22h50 : "Projet contre projet", promet Juppé. Juste après François Fillon, c'est aux cris des "Juppé président !" qu'Alain Juppé a pris la parole dans son QG. "C'est un combat projet contre projet qui s'engage", a-t-il déclaré, coupant court à toute rumeur de retrait de sa part. "Aujourd'hui, il y a eu une surprise. Dimanche prochain, si vous le voulez comme je le veux, sera une autre surprise." Le maire de Bordeaux sait qu'il ne part, a priori, pas favori dans cette dernière ligne droite.
22h40 : François Fillon acte sa victoire. François Fillon a prononcé un discours peu après 22h30, saluant le "succès populaire" de la primaire. "Depuis des mois et des mois, je trace mon sillon sérieusement, calmement. Je ne dévie pas dans ma marche. Autour de nous, une dynamique puissante est enclenchée", a-t-il déclaré. "Je suis porté par celles et ceux qui veulent redresser la France. L'espoir est là, s'est manifesté avec force partout en France. Cet espoir vient d'un peuple libre, réfléchi, qui demande qu'on l'écoute et lui fasse confiance."
Ayant une "pensée particulière pour Nicolas Sarkozy", François Fillon a promis que sa campagne allait "encore s'accélérer et s'amplifier". "Ensemble, nous allons bâtir une alternance forte pour la France."
22h34 : NKM choisit Alain Juppé. Sans surprise, Nathalie Kosciusko-Morizet a apporté son soutien à Alain Juppé pour le second tour. "Je n'ai jamais couru après les places, ni après les postes", a-t-elle assuré. "Au deuxième tour, je soutiendrai Alain Juppé pour défendre mes idées." La candidate de la "Nouvelle France" a par ailleurs revendiqué la quatrième place du premier tour. Après dépouillement de 8.709 bureaux de vote, elle est en effet passé devant Bruno Le Maire, mais avec moins de 2.000 voix d'écart.
22h30 : Le clan Le Maire divisé. Bruno Le Maire a fait son choix : il soutiendra François Fillon au second tour. Mais ses lieutenants en feront-ils autant ? Au micro d'Europe 1, Franck Riester, porte parole du député de l'Eure, pense plutôt voter Alain Juppé. "Je pense qu'il est le mieux à même de rassembler la droite, le centre et une majorité de Français pour gagner en 2017. J'ai défendu la candidature de Bruno Le Maire avec beaucoup de force parce que je pensais notamment qu'il fallait un visage neuf pour appréhender de la meilleure façon l'élection de 2017. A partir du moment où les Français ont fait un autre choix, je pense qu'il faut quelqu'un qui soit le plus à même de rassembler, rassembler les différentes générations et les différentes sensibilités pour gagner face à Marine Le Pen."
En outre, Franck Riester a dit avoir de "vraies divergences sur les questions de société" avec François Fillon. "Sur les questions autour du mariage pour tous, l'adoption des couples homosexuels, mais pas seulement. Il y a des flous. Alain Juppé est beaucoup plus clair."
22h20 : Les résultats s'affinent et Fillon triomphe. L'envolée de François Fillon se poursuit. Quelque 8.400 bureaux de vote ont désormais été dépouillés et l'ancien Premier ministre totalise 44% des suffrages. Alain Juppé est crédité de 28,1% des voix, tandis que Nicolas Sarkozy est à 21,1%. Bruno Le Maire et Nathalie Kosciusko-Morizet sont dans un mouchoir de poche, à seulement 50 voix d'écart avec 2,5% des votes.
22h10 : Nicolas Sarkozy reconnaît sa défaite. Peu après 22 heures, et alors que les résultats définitifs ne sont pas encore tombés, Nicolas Sarkozy a reconnu sa défaite. "Je respecte et je comprends la volonté de choisir pour l'avenir d'autres responsables politiques que moi", a-t-il déclaré. Avant d'apporter son soutien à François Fillon pour le second tour. "J'ai beaucoup d'estime pour Alain Juppé mais les choix politiques de François Fillon me sont plus proches. François Fillon me paraît avoir le mieux compris les défis qui se présentent à la France. Je voterai donc pour lui au second tour de la primaire."
Nicolas Sarkozy a ensuite esquissé (une nouvelle fois) un retrait de la vie politique. "Il est donc temps maintenant pour moi d'aborder une vie avec plus de passion privée et moins de passion publique. Bonne chance à la France, et à vous mes chers compatriotes."
21h50 : NKM sur le point de dépasser BLM. La tendance est confirmée une nouvelle fois avec le dépouillement de 7.365 bureaux de vote. François Fillon recueille 43,7% tandis qu'Alain Juppé grimpe aussi un peu, à 27,8%. Nicolas Sarkozy perd (légèrement) du terrain, à 21,7%. Bruno Le Maire (2,6%) est sur le point d'être rattrapé par NKM (2,5%). Jean-Frédéric Poisson et Jean-François Copé ferment la marche.
Chez les Français de l'étranger, Alain Juppé arrive en tête avec 45,5% des voix, suivi de François Fillon (37,3%). Nicolas Sarkozy pointe à 8,7%.
21h35 : Bruno Le Maire rallie François Fillon. Les petits candidats, certains de ne pas accéder au second tour, pensent déjà à celui qu'ils vont soutenir dans la dernière ligne droite. Dans un bref discours, Bruno Le Maire a annoncé qu'il "voterait François Fillon au second tour". "Je me battrai pour que l'alternance ait lieu en 2017. Je veux plus que jamais être un acteur du rassemblement de ma famille politique."
21h35 : La tendance se confirme dans le trio de tête. Les résultats ont de nouveau été actualisés par la commission d'organisation de la primaire. Ils se basent désormais sur le dépouillement de 6.491 bureaux de vote. François Fillon est désormais à 43,5%, Alain Juppé à 27,6% et Nicolas Sarkozy à 22,1%. Suivent ensuite Bruno Le Maire (2,7%), Nathalie Kosciusko-Morizet (2,4%), Jean-Frédéric Poisson (1,4%) et Jean-François Copé (0,3%).
Sur Europe 1, Edouard Philippe, soutien d'Alain Juppé, a anticipé la qualification du maire de Bordeaux aux côtés de François Fillon. "Il y a de la place pour un débat entre une France conservatrice en termes sociétaux, très libérale en économie", ainsi que le prône le député de Paris, "et un peuple de droite et du centre moins sensible à cela", représenté par Alain Juppé.
21h25 : Stupeur chez les sarkozystes. Au QG de Nicolas Sarkozy, l'ambiance s'est quelque peu crispée. "C'est un peu la sidération", explique notre journaliste sur place, Aurélie Herbemont. L'ancien chef de l'État s'est enfermé dans son bureau avec sa garde rapprochée. Lui et ses proches ont acté que François Fillon serait qualifié pour la finale. Et espèrent maintenant pouvoir remonter sur Alain Juppé pour passer l'étape du premier tour. Pour cela, ils espèrent notamment que les suffrages dans le Sud-est de la France, plus sarkozyste que d'autres territoires, lui permettront de refaire son retard.
Mais certains semblent bien peu optimistes. Ainsi, Rachida Dati s'est dit "très triste pour Nicolas Sarkozy" sur l'antenne de France 2. "La primaire n'a pas forcément sélectionné le meilleur", a regretté celle qui a toujours soutenu l'ancien président de la République. "Il y a eu des vents contraires. Il faisait campagne contre vents et marées. Quand vous prenez des unes de journaux tous les jours contre lui, le premier débat c'était six contre lui... Au bout d’un moment ça prend. La primaire aboutit à des compromis. Je trouve que pour diriger un grand pays comme la France, il faut le meilleur et pas des compromis."
21h15 : Fillon toujours en tête, l'écart se creuse avec Sarkozy. Ce sont désormais 5.496 bureaux de vote qui ont été dépouillés. L'avance de François Fillon se confirme avec 43,6% des voix pour l'ancien Premier ministre. Alain Juppé pointe désormais à 26,7%, et creuse l'écart avec Nicolas Sarkozy, qui recueille 22,9% des suffrages. Pour Eric Woerth, soutien de Nicolas Sarkozy, "tout est envisageable", même une élimination de son champion.
20h50 : Fillon en tête selon des résultats très provisoires. Les premiers résultats de la primaire ont été donnés peu avant 21 heures par Thierry Solère, président de la commission d'organisation de la primaire. Sur 2.913 bureaux de vote dépouillés, qui rassemblent 690.000 votants, François Fillon se détache nettement avec 42,8% des voix. Alain Juppé suit avec 26% des suffrages, talonné par Nicolas Sarkozy (24,4%). Bruno Le Maire pointe en quatrième position avec 4% des voix, Nathalie Kosciusko-Morizet en a recueilli 2,1%, Jean-Frédéric Poisson 1,4% et Jean-François Copé 0,3%. Ces résultats sont "incroyablement provisoires", a précisé Thierry Solère. "Ils n'intègrent pas encore le vote des Français de l'étranger" et sont à prendre avec énormément de précautions.
"J'invite à la plus grande prudence", a confirmé le président de la commission d'organisation sur Europe 1. "Par nature, les [résultats des] plus gros bureaux arriveront plus tard. Chaque bureau ne se vaut pas en termes de participation." En outre, les résultats des Français de l'étranger, qui n'ont pas encore été intégrés, sont "différents", a prévenu Thierry Solère. "Ce n'est pas tout à fait la même [tendance]."
20h40 : "Le vainqueur de cette primaire, c'est la primaire elle-même". En attendant de connaître les deux qualifiés du premier tour, Hervé Gattegno, directeur de la rédaction du JDD, voit déjà "un vainqueur de cette primaire : c'est la primaire elle-même". Selon lui en effet, le vote s'est bien déroulé et la campagne a su intéresser les citoyens. "Les débats ont passionné les Français même quand ils n'étaient pas complètement passionnants et ce scrutin attire énormément d'électeurs. Incontestablement, c'est un succès. J'y vois une envie profonde, dans une part significative de l'électorat français, de passer à autre chose, d'accélérer le rythme normal de la démocratie."
20h30 : Beaucoup d'électeurs de gauche. Une telle participation le laissait supposer : les électeurs de gauche se sont bien mobilisés pour aller voter à la primaire de la droite. Selon un sondage Elabe pour BFM TV, 15% des personnes qui se sont déplacées aux urnes se disent de gauche. Six électeurs sur dix (63%) sont identifiés comme des sympathisants de la droite et du centre, 14% n'ont pas de préférence partisane et 8% sont affiliés au Front national.
20h15 : Sérénité affichée chez Sarkozy. Au QG de Nicolas Sarkozy, l'heure est à l'auto-congratulation. Selon l'un des soutiens de l'ancien président, les premiers résultats dans les territoires ultramarins lui sont favorables.
EUROPE1