Entrons dans notre histoire comme on veut…

14 - Septembre - 2019

Combien de fois nous avons dénoncé le fait que notre histoire soit écrite par les autres. L’histoire racontée par les vainqueurs à leur guise. Aujourd’hui que les moyens et l’expertise nous permettent de réécrire notre propre histoire, nous passons à côté de la plaque dévoilant à la même occasion que le ciment qui lie les différentes familles religieuses musulmanes n’est pas aussi solide qu’on le pensait. Les contradictions dans ce vaste chantier ne peuvent pas manquer comme le démontre peut-être le débat entre le Professeur Souleymane Bachir Diagne et l’écrivain Boubacar Boris Diop. Avec l’oralité et les sentiments personnels cela devient encore beaucoup plus problématique. Seulement, voilà l’histoire qui devait nous rassembler davantage et renforcer les liens pour plus de cohésion, est en train de saper même les fondements de cette volonté de vivre ensemble.
Depuis quelques années, nous vivons ces genres de situation à travers des contradictions entre foyers religieux musulmans, entre musulmans et chrétiens, entre ethnies… A chaque fois les verrous, qui ont pour noms dialogue islamo-chrétien, cousinage à plaisanterie, cohésion sociale, la justice, ont résisté et les clivages dépassés. Mais un jour viendra, ces verrous ne pourront pas résister, le pays pourra se retrouver dans le chaos et personne n’est à l’abri. L’histoire récente de la Côte d’Ivoire et du Rwanda est encore fraîche dans nos mémoires. Et ce sera encore des années à rattraper sur notre marche vers l’Emergence.
Ce serait très regrettable que notre propre histoire soit la source de notre propre division. A partir du moment où nous sommes les rédacteurs de notre propre histoire, choisissons ce qui recolle les morceaux et nous rassemble vers un seul but, le développement du Sénégal en faveur de tous les sénégalais. Nous n’avons pas besoin d’une histoire qui marche à reculons. Nous voulons surtout vivre notre présent pour un futur encore meilleur. Mais pour se faire, les autorités ne doivent pas laisser ce projet aux seuls historiens. La feuille de route doit-être claire dans ce sens et elle doit-être une priorité au même titre que lutter contre les inondations ou assister les sinistrés. Notre histoire doit-être une soupape de sécurité pour le développement de ce pays. Nous devons apprendre et faire comprendre à nos enfants, la nécessité de travailler pour soi, pour son prochain et pour son pays. Pour cela et pour toutes les autres valeurs qui convergent vers ce sens, notre histoire peut nous permettre de les épouser. C’est notre propre histoire et il nous appartient d’y entrer comme on veut.
NDIAGA DIOUF. Journaliste

Commentaires
0 commentaire
Laisser un commentaire
Recopiez les lettres afficher ci-dessous : Image de Contrôle

Autres actualités

19 - Avril - 2017

Drame du Daaka : l'Etat responsable et coupable (Par Jules LÔ)

Dans l'incendie meurtrier survenu à DAAKA, de toutes les responsabilités, celle de l'Etat doit être en premier chef impliquée ! A quoi servent les CRD et les...

18 - Avril - 2017

Incendie à Médina-Gounass: message de condoléances du HCCT

Notre pays vient d’être frappé par la dure perte en vies humaines d’une vingtaine de personnes et plusieurs blessés dans un incendie très violent survenu le...

18 - Avril - 2017

Sénégal : début du deuil national de trois jours

Le Sénégal entame ce mardi le deuil national de trois jours annoncé la semaine dernière par le chef de l’Etat, Macky Sall, suite à l’incendie au...

14 - Avril - 2017

France : Il y a cinq ans, disparaissait Djideré MBALLO, un militant convaincu et dévoué

Djideré MBALLO, disparu le 14/04/2012, était le secrétaire chargé des structures de l’APR en France. Sa disparation avait marqué les esprits au niveau de...

14 - Avril - 2017

Kisal Senegaal est solidaire des victimes des incendies du DAAXAA et apporte son soutien au guide religieux Aamadu Tijjaani Bah

Kisal Senegal s'incline sur les dépouilles de nos compatriotes décédés suite à l'incendie qui a ravagé le DAAXAA de Médina Gounasse et...