FONDATION NATIONALE SENEGAL SOLIDAIRE : LES INTERROGATIONS DE SANOU DIONE
La publication du statut de la fondation, faisant état d’un fondateur ayant versé 200 millions de FCFA, soulève une double difficulté, à la fois juridique et de gouvernance.
Premièrement, au regard du décret n° 95-415 du 15 mai 1995 fixant les conditions de reconnaissance d’utilité publique des fondations, une fondation reconnue d’utilité publique est soumise à une tutelle administrative, notamment du ministère chargé des Finances, impliquant des exigences de transparence relatives à l’identification des fondateurs, à la justification de la dotation initiale et à la traçabilité des ressources. Or, la simple mention d’un « fondateur » ayant apporté 200 millions de FCFA, sans que soient publiquement établies son identité, la provenance des fonds et les modalités précises de leur versement, soulève légitimement des interrogations au regard de ces exigences de transparence.
Deuxièmement, dans un contexte où la fondation est portée par l’épouse du Chef de l’État, l’absence de clarté sur l’origine de ces 200 millions de FCFA crée un risque objectif de confusion entre ressources privées et deniers publics et peut alimenter des soupçons de dons occultes ou de trafic d’influence, dès lors que l’identité et les contributions des principaux donateurs ne sont pas suffisamment portées à la connaissance du public. Cette situation est d’autant plus sensible que la Première Dame ne dispose d’aucun statut officiel, d’aucun salaire ni d’aucune dotation budgétaire, ce qui rend encore plus nécessaire la transparence sur les financements de toute structure qui lui est directement associée.
En conséquence, tant que ne seront pas rendus publics, dans le respect du cadre juridique applicable, l’identité exacte du fondateur, l’origine des 200 millions de FCFA, les pièces justificatives attestant de leur versement ainsi que les informations permettant d’établir la traçabilité des financements de la fondation, cette situation demeurera juridiquement questionnable et politiquement préoccupante au regard des exigences de transparence, de probité et de confiance publique.
Sanou Dione
Ancien député 10ème et 14ème législature
dionesanouparis@gmail.com